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?Il ne faut pas taxer le succès dans l?hôtellerie?
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?Il ne faut pas taxer le succès dans l?hôtellerie?
● <B>Quelle est votre réaction face aux demandes de plus en plus insistantes d?ouvrir l?actionnariat des compagnies hôtelières au plus grand nombre ? </B>
Il y a des réactions dans la presse, mais lorsque nous considérons les discussions que nous avons eues avec le gouvernement, plus particulièrement avec le ministère des Finances et le ministère du Tourisme, l?impression est différente. Le débat sur la démocratisation est faussé par des informations qui ne sont pas toujours fondées. A l?Ahrim, nous sommes pour la formule de démocratisation lorsque celle-ci implique une plus grande ouverture au bénéfice de tous.
Parmi les cinq groupes qui ont été ciblés, il y a trois qui sont déjà cotés en Bourse, avec plus de 12 000 petits actionnaires, un quatrième est coté à travers un holding et un cinquième sur le development and enterprise market. Si la participation à l?actionnariat par ce biais est trop compliquée, au goût de certains, pourquoi le gouvernement ne rachète-t-il pas des actions en Bourse pour les redistribuer à la population ?
● <B>Rejetez-vous l?idée de créer un ?Tourism Investment Trust? ? </B>
Ce n?est plus le même contexte que celui qui prévalait lors de la création du Sugar Investment Trust. Si l?on veut qu?il y ait des actions disponibles, il suffit d?aller en Bourse. 15 000 nouvelles chambres sont prévues, pourquoi ne pas investir dans ces nouveaux projets ?
La démocratisation des baux a, elle, déjà eu lieu. Il en existe plus de 100 pour les hôtels. Il faut noter que parmi les 25 hôtels appartenant aux cinq grands groupes, treize ont été rachetés à ceux qui n?appartiennent pas à ces groupes et qui n?ont pas pu gérer correctement ces hôtels.
● <B>Avez-vous le sentiment que le gouvernement pratique un double langage par rapport à toute la question d?ouverture de l?actionnariat ? </B>
Lorsque nous nous adressons aux représentants officiels du gouvernement, nous n?avons pas le même sentiment que ce que l?on peut entendre ailleurs (?) Ce qui est gênant dans les critiques qui sont faites, c?est qu?après des années difficiles, maintenant que l?industrie a progressé, on vient lui dire qu?il faut donner. Cela est perçu comme une taxe sur le succès.
● <B>Ne pensez-vous pas que la formule du ?all inclusive? pratiquée dans les hôtels empêche les petits opérateurs de profiter de la manne touristique ? </B>
Elle n?est utilisée que sur 21 % du marché hôtelier qui lui-même détient 75 % des parts (NdlR : les 25 % restants allant aux secteur para-hôtelier, bungalows, etc.) Cette formule répond à une tendance mondiale à laquelle on peut difficilement résister. Or, l?ignorer serait absurde. Elle n?est pas forcément la meilleure solution financière pour les hôtels mais on ne peut la rejeter.
● <B>Les cinq groupes les plus puissants ne se sont-ils pas constitués en cartel ? </B>
Un cartel implique une entente par rapport aux prix pratiqués. Or, ici ce n?est pas le cas. Tous ces groupes sont en compétition et gardent jalousement les informations concernant leurs tarifs, justement pour se protéger de la concurrence.
● <B> Comment expliquez-vous qu?il y ait des frustrations dans un secteur que vous décrivez comme étant très ouvert ? </B>
C?est vrai qu?il y a des petits opérateurs qui se plaignent. A l?Ahrim, nous essayons de regrouper les petits opérateurs afin de leur donner plus de force face à la concurrence. Il y a déjà un grand degré de démocratisation, avec quelque 4 000 opérateurs inscrits.
Il y a déjà beaucoup de gens qui profitent du tourisme dans des villages comme Trou-d?Eau-Douce, Flic-en-Flac, Grand-Baie, Belle-Mare, Chamarel? ll y a aussi 60 000 emplois directs et indirects, sans compter les emplois induits, les investissements massifs et les Rs 3 milliards de taxes payées chaque année. La démocratisation, c?est aussi un peu tout cela.
Nous sensibilisons nos membres à la corporate responsibility. Nous pensons qu?il faut encore plus de gens dans l?industrie hôtelière. Mais restons positifs et évitons de faire de l?ostracisme, notamment envers ceux qui ont réussi et qui sont des role models.
Propos recueillis par <B>Thierry CHATEAU</B>
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