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Il lacère sa femme avant de se tuer
Un frisson parcourt le corps d?Angela Kistnen, 34 ans lorsqu?elle se remémore les images de l?horrible scène de ménage qu?elle a eue avec Gérard Calcutta, 44 ans, vendredi dernier. C?est comme si c?était hier.
Son concubin a perdu les pédales ce jour-là. Il l?a cognée comme ce n?est pas permis et lui a tailladé le visage avec la pointe d?un couteau de cuisine. Avant de se donner la mort, en ingurgitant du poison.
Prostrée, Angela s?exprime avec peine. Chaque syllabe qu?elle prononce est un supplice. Après quelques phrases, elle marque une pause et boit une gorgée d?eau.
Une vilaine balafre traverse son visage. Du coin des lèvres jusqu?au niveau du lobe de l?oreille gauche. Elle se demande si elle n?a pas été défigurée à vie?
Ses points de suture rappellent une fermeture éclair. Une estafilade similaire lui barre le front et sa main lacérée est protégée par un bandage. Elle a dû garder le lit pendant deux jours avant qu?elle ne soit autorisée à quitter l?hôpital. Mais elle boîte encore quand elle se déplace.
Il y a neuf ans, lorsqu?elle s?est mise en ménage avec Gérard, Angela n?aurait jamais pensé qu?il se comporterait ainsi. Son amour pour lui était tel qu?elle ne pouvait voir que son côté positif.
Séparée de son époux, avec un enfant à charge, Angela n?a pas résisté aux charmes de ce cuisinier. Employé d?un hôtel du Sud, il venait souvent lui conter fleurette au restaurant où elle travaillait, à Mahébourg.
Le couple s?installe dans le village. Les mois passent ... et les ennuis commencent. Après neuf mois derrière les fourneaux, Gérard veut se « reposer ».
Il ne veut plus travailler, sa priorité est de « passer du bon temps ». Sauf si la situation l?exige vraiment : il fait alors quelques petits boulots, comme maçon ou cuisinier.
Bien vite, les finances des amants sont dans le rouge. Ils doivent déménager, faute de pouvoir payer le loyer et les factures des achats à crédit. Direction Riche-Mare, à Flacq, chez des proches d?Angela. La situation se corse. Angela doit se résoudre à travailler « dan la cour kot blan » pour nourrir les siens.
L?argent pour les cigarettes et pour boire un coup
Gérard ne lève pas le petit doigt mais trouve quand même de l?argent pour ses cigarettes et pour boire un coup. « Souvan kass ti pe perdi dan lakaz », explique Angela. Chez sa s?ur ou sa mère, les billets de banque qui traînent disparaissent.
« Gérard avait acheté un lit à crédit chez Mammouth et des meubles dans un magasin à Mahébourg. Lorsque je lui demandais de régler mes factures, il prenait l?argent pour payer les siennes », s?insurge la jeune femme. Au fil du temps, le couple bat de l?aile. Se rendant compte que sa compagne s?éloigne de lui, Gérard la soupçonne d?infidélité.
« Mo ti pe travay ek enn garson, sak fwa li dir mwa to kontan li. Enn zour monn dir li si to dir sa, vremem mwa kontan li sann kout la. Me linn dir avan to ale, mo pou mark twa, li ti pe dormi ek enn long kouto anba so loreye.»
Jeudi dernier, Gérard frappe Angela. Il lui enlève tous ses vêtements « pour m?empêcher de me rendre à la police ».
Le lendemain soir, dans une nouvelle dispute, Gérard lui taillade le visage. Puis se sauve quand la police le recherche.
Des témoins l?ont vu se balader avec une bouteille de 0,5 l remplie d?un liquide verdâtre. La bouteille sera retrouvée à côté de son cadavre en décomposition dans un champ de cannes à Argy, non loin de Riche-Mare.
« C?était un homme tranquille. Il a perdu la tête lorsqu?il a commencé à soupçonner sa femme d?infidélité », soupire un voisin. La jalousie n?a pas fini ses ravages.
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