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Hôtels et banques portent la Bourse à des sommets

20 octobre 2007, 00:00

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Hôtels et banques portent la Bourse à des sommets

Si vous aviez au début de l?année investi Rs 100 000 dans un portefeuille représentatif du marché boursier, votre fortune vaudrait aujourd?hui Rs 140 000. La Bourse va de record en record grâce notamment aux valeurs hôtelières et bancaires qui ont réalisé des résultats impressionnants. Les investisseurs, dont beaucoup de petits porteurs, continuent à profiter de cette période faste. Mais les observateurs mettent en garde contre toute euphorie excessive car la progression semble toucher ses limites.

Le SEMDEX, le principal indice boursier, a gagné plus de 500 points depuis le début de l?année. Pourtant, l?effervescence boursière tourne autour de quelques titres porteurs seulement. «La croissance n?est pas généralisée. Le marché est tiré par quelques titres principalement dont les hôtels, les banques et Rogers, soit des compagnies qui affichent des fondamentaux robustes» explique Swadicq Nuthay, Senior Fund Manager chez ACMS Fund Management.

En effet, New Mauritius Hotels, Sun Resorts et Naïade, dans le secteur hôtelier, et Mauritius Commercial Bank et State Bank of Mauritius dans le secteur bancaire ont réalisé des performances exceptionnelles et présentent de brillantes perspectives de développement. Les deux premières banques de la place ont beaucoup diversifié leurs sources de business en dehors du territoire mauricien

Rogers, qui a connu une profonde restructuration, est une autre valeur sûre aux yeux des investisseurs. Le groupe s?est recentré autour de deux pôles phares en l?occurrence l?hôtellerie et les services financiers. Il s?est débarrassé de Cerena qui était un cluster à problème et a fait l?acquisition de Multiconsult, une société de gestion offshore très prometteuse.

<B>Effet boule de neige</B>

Bien que la croissance est propulsée par quelques valeurs seulement, la Bourse attire de plus en plus de capitaux, dont des fonds qui sont en train de fuir les banques pour éviter l?impôt sur les intérêts. La bonne tenue de ces quelques sociétés a un effet boule de neige sur l?ensemble du marché. «Les investisseurs ont un comportement de troupeau. Ils suivent le marché sans vraiment savoir qui sont les compagnies qui font bien et qui sont celles qui sont à la traîne» constate Swadicq Nuthay.

Sameer Sharma, analyste financier chez Investment Professionals (IRPO) estime que même si la croissance du marché suit les profits des compagnies phares de la Bourse, la vigilance doit être de mise. «Il ne faut pas que les gens pensent que le marché va continuer à croître indéfiniment. Il y aura un ralentissement. Mais ceux qui investissent sur le long terme n?ont pas trop de souci à se faire» dit-il.

La Stock Exchange of Mauritius (SEM) avait réalisé en 2006 sa meilleure année depuis son lancement en 1989 avec une hausse de 56% du SEMDEX. Les conditions qui ont prévalu l?année dernière sont encore là. Parmi, l?intérêt grandissant des investisseurs étrangers pour les opportunités sur la Bourse mauricienne. «L?investissement étranger a beaucoup contribué à la bonne santé de la Bourse. Il y a de plus en plus de fonds étrangers qui s?intéressent aux marchés émergents en Afrique» soutient Swadicq Nuthay.

A la SEM, l?on évoque les efforts entrepris pour positionner la Bourse mauricienne auprès des investisseurs institutionnels étrangers et aussi les initiatives pour rehausser la réglementation du marché. «La politique économique du pays réconforte les investisseurs locaux et étrangers. De plus, ceux-ci sont optimistes sur les perspectives des compagnies phares» avance une source proche de la SEM.

Mais l?animation du marché cache certaines failles. «La surconcentration des échanges sur quelques titres seulement n?est pas très saine», souligne Sameer Sharma. Celui-ci déplore un certain déficit sur le plan de reporting de la part des sociétés cotées (sur le SEM et sur le Development and Enterprise Market ? SEM) et les investisseurs. «Il faut que les entreprises publient leurs bilans dans un laps de temps plus court, soit au plus tard six semaines suivant la disponibilité des résultats. Actuellement, elles peuvent mettre trois mois pour le faire». Il faut rendre l?information plus accessible à l?ensemble des investisseurs le plus rapidement possible pour éviter les risques de spéculation et de délit d?initié, dit-il.

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