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Huit ouvriers intoxiqués à l?ammoniac
Ceux qui étaient à la clinique du Nord en fin de matinée hier, n?ont pas raté le ballet de malades aux yeux bandés et en fauteuil roulant.
Torses nus, vêtus d?un simple pantalon de pyjama, ces hommes au nombre de huit l?ont échappé belle après la fuite d?ammoniac qui s?est produite sur le thonier VIA Euros. Le bateau de pêche battant pavillon français était en réparation sur le chantier naval de l?océan Indien.
Jean-Yves Ruellou, le directeur du chantier naval de l?océan Indien, se veut rassurant. « L?incident est à présent clos. La fuite
a pu être circonscrite en trente minutes grâce à l?intervention d?un de nos hommes protégé par une combinaison. Il a fallu couper le gaz et ventiler le navire. Les lieux sont maintenant sûrs », indique-t-il. Ce dernier ajoute que c?est la première fois qu?un tel incident se produit sur le chantier naval.
L?ammoniac est un agent frigorifique couramment utilisé à bord des navires de pêche. Une équipe de travailleurs était en train d?intervenir sur le système de réfrigération lorsque l?accident s?est produit. Un des tuyaux s?est probablement rompu, affirme un des ouvriers, laissant échapper des bouffées de gaz.
Jacques, un des travailleurs, raconte qu?il était en train de s?atteler au calage du moteur principal dans la salle des machines lorsqu?il a senti une drôle d?odeur. « On a l?habitude de ces petites fuites d?ammoniac qui sont sans conséquences. Celle-ci était plus importante. » L?odeur de l?ammoniac est normalement très piquante.
Le volume de gaz libéré dans l?air peut difficilement passer inaperçu. Les hommes commencent à se sentir mal. Ils peinent à respirer et ils ont des brûlures aux yeux?
Jacques n?a pas le temps d?aller vérifier la source de l?émanation que quelqu?un lance : « Ena ene fuite ! Dir zot tou sorti dépi là ! » C?est le sauve-qui-peut ! Les ouvriers laissent tomber matériels et outils pour s?élancer vers les sorties.
L?échelle qui mène vers la sortie est trop loin pour Jacques et son compagnon qui se trouvent dans la salle des machines. Ils décident alors de se jeter au travers d?une ouverture et tombent dans la rade. Ils sont vite repêchés par leurs collègues qui ont déjà alerté la clinique du Nord.
« Les travailleurs sont hors de danger. Ils ont subi des brûlures aux yeux et aux voies respiratoires. Nous avons pu agir rapidement et leur prodiguer les soins nécessaires », souligne le directeur de l?établissement hospitalier, le Dr Mukesh Sooknundun. Le personnel médical surveille de près l?état de santé de l?une des personnes intoxiquées qui souffre d?asthme.
Explosion d?un arsenal au Mozambique
<B>Alain Laridon, ambassadeur de Mauriceà Maputo : « Les murs ont tremblé » </B>
« J?ai entendu une terrible explosion suivie de plusieurs autres détonations. Les murs ont tremblé, les vitres des portes et des fenêtres de mon domicile à Summer Field ont volé en éclats », confie Alain Laridon, ambassadeur de Maurice à Maputo. L?explosion d?un dépôt d?armes, situé à une dizaine de kilomètres du domicile de l?ambassadeur, a fait plusieurs dizaines de morts, jeudi. Le dernier bilan fait état de 76 morts et de 300 blessés.
Alain Laridon précise qu?aucune victime mauricienne n?est à déplorer. « Je suis attristé. Heureusement que tous les Mauriciens ? on dénombre environ une cinquantaine à Maputo ? sont sains et saufs. » Le président du Mozambique, Armando Guebuza, a annulé sa visite en Afrique du Sud et a décrété trois jours de deuil national.
Les victimes sont surtout des villageois qui vivaient près du dépôt d?armes et le personnel militaire. La cause de l?explosion est toujours inconnue, mais les autorités mozambicaines soupçonnent la forte chaleur qui a prévalu récemment.
Les températures ont atteint les 35 degrés dans la capitale jeudi.Le pays a connu une série de catastrophes naturelles depuis janvier. Une inondation, un cyclone meurtrier, une montée des eaux et la sécheresse se sont abattus sur le pays faisant plusieurs victimes et des milliers de sans-logis.
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