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Houllier, the end of the road
La première demi-heure, Liverpool nous a été supérieur dans tous les compartiments du jeu. Les Anglais ont manqué la qualification dans ces trente minutes », la déclaration de l?entraîneur marseillais José Anigo résume à elle seule la saison de Liverpool.
Les Reds ont une bonne équipe, capable de très bien joué par moments (comme face à Arsenal, où ils auraient pu gagner, à Highbury, en championnat, ou contre Newcastle, écarté 3-1 avec brio en FA Cup), mais qui, à l?arrivée, manque de consistance et se retrouve au rayon des perdants dans toutes les compétitions où elle était engagée.
Frustrés, les supporters du club de la Merseyside en ont plus qu?assez des vaines promesses de Gérard Houllier et des colibets des fans d?autres clubs, parfois très modestes. Car les bourreaux des Reds cette saison sont loin d?être des foudres de guerre : ils s?appellent Bolton Wanderers (League Cup), Portsmouth (FA Cup) et Marseille (UEFA).
Deux clubs anglais de seconde zone, dont un promu, et un club français à la dérive cette saison? A croire que Liverpool a pris un abonnement avec la médiocrité cette saison ! Et même en s?imposant largement ce soir à Leicester, à l?occasion de la 30e journée de championnat, le club du Merseyside ne redorerait pas son blason, loin sans faut ! Le mal est fait, et bien fait.
A l?heure actuelle, les nombreux supporters de l?un des plus grands clubs du monde (je dis bien grand club et pas grande équipe?) pensent seulement à sauver ce qui peut encore l?être si leur club empoche la quatrième place du championnat, synonyme de qualification pour le tour préliminaire de la Champions League. Newcastle et Charlton sont ses principaux concurrents.
Mais quelle que soit l?issue de cet ultime enjeu de la saison, un homme a déjà épuisé tout son crédit du côté d?Anfield Road. C?est Gérard Houllier.
Houllier : «L?arbitre nous a joué un vilain tour»
Pourtant, cet ancien professeur d?anglais a une bonne tête et parle bien, il sait séduire son auditoire et lui faire miroiter monts et merveilles, mais, aujourd?hui, son discours sonne creux. Etonnamment creux. La faute à l?Olympique de Marseille, un club qu?il connaît si bien et qui risque de lui coûter sa place de manager du Liverpool Football Club.
« Je plaisantais récemment sur le fait que ce ne sont pas les joueurs qui vous font perdre votre poste, mais les arbitres, et celui qui officiait à Marseille a joué un vilain tour à Liverpool », a déclaré l?intéressé jeudi soir après l?élimination en huitièmes de finale de la Coupe de l?UEFA contre Marseille (2-1 au stade Vélodrome, 1-1 à Anfield).
Gérard Houllier sait qu?il arrive au bout de son périple avec Liverpool, que la goutte qui fait déborder le vase s?est depuis longtemps muée en océan dans lequel se noie le technicien français. Sa place sur le banc de touche des Reds ressemble à un siège éjectable, le même que le soir où l?ancien sélectionneur de l?équipe de France avait fait pleurer toute une nation, c?était en octobre 1993 et la conclusion fut un missile dans la lucarne, du Bulgare Emile Kostadinov (la France avait raté la qualification pour le Mondial 1994 alors qu?il ne lui manquait qu?un point avant deux matches à domicile contre Israël et la Bulgarie).
Jeudi, c?est un coup de tête rageur du marseillais Abdoulay Meïté à la 58e minute qui a mis fin au rêve de Houllier de ramener une coupe à Anfield afin de conserver son job.
D?ici la fin de saison, l?avenir d?Houllier devrait être scellé désormais.Ceux qui connaissent peu le football français et surtout la réputation de l?OM, de son ambiance du tonnerre à domicile et de son public très chaud, avaient peut-être bu les paroles du manager des Reds, qui promettait une victoire éclatante au stade Vélodrome mais la réalité est tout autre?
Fort de ses expériences lors de phase de poule de la Champions League contre le Real Madrid et Porto (deux équipes pratiquement en demi-final de C1 ajourd?hui), Marseille a du caractère et a su museler des Reds inconstants, chez eux comme à l?extérieur.
Bien sûr la chance et le carton rouge de Igor Biscan ont aidé les Olympiens à s?imposer, mais les Reds se sont résignés trop tôt pour inquiéter (dès la 38e minute après le penalty victorieux de Didier Drogba). Mais Houllier préfère pointer du doigt l?homme en noir qu?il juge seul responsable de l?élimination des siens, alors que les véritables raisons de l?échec de Michael Owen et de sa bande sont plutôt à chercher au match aller à Anfield (1-1)?
Liverpool n?a jamais viré un coach en pleine saison
« Le tournant du match est le choix de l?arbitre de donner ce penalty pour une faute commise en dehors de la surface. Cela a complètement changé la donne. Je suis persuadé qu?à 11 contre 11, on aurait gagné ce match. Je ne suis pas content car je n?ai pas l?impression d?avoir été battu à armes égales », a regretté Gérard Houllier.
Les Scousers ne sont pas dupes, l?entraîneur français est au bout du rouleau. Son visage blême lors de la conférence de presse suivant l?élimination de Liverpool de la Coupe de l?UEFA en dit long, tout comme sa façon de répondre aux questions en étant sur la défensive?
L?état de grâce et le nombreux titres glanés en 2001 sont choses du passé et l?avenir ne semble pas très folichon si GH reste à la barre du club de la Mersey la saison prochaine encore. Les dirigeants de Liverpool n?ont jamais viré un coach en cours de saison, aussi mauvais soit-il, mais une séparation à l?amiable en fin de saison est plus que jamais d?actualité.
La fin de règne d?Houllier semble éminemment proche. Le déplacement de ce soir à Leicester semble même passer au second plan, l?avenir de GH étant le talk of the town le plus croustillant. On peut compter sur la presse tabloïd anglaise pour lui tailler un costard sur mesure.
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