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Hot Fuzz

19 octobre 2007, 00:00

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?Fuzz? : mot qui, en anglais vernaculaire, désigne les fonctionnaires de police dans leur ensemble. On dit aussi ?The Old Bill?ou encore ?The pigs?, pour peu que l?on soit moins bien disposé à leur égard et, personnellement, j?en connais qui disent aussi ?the Filth?.

D?une manière générale, les comédies d?action ne sont qu?à moitié réussies quand elles ne sont pas totalement ratées. La difficulté sur laquelle trébuchent lamentablement la plupart des auteurs et réalisateurs étant évidente : comédie et action sont presque toujours en conflit, les deux se disputant la direction du film. Trop d?humour ou de blagues idiotes, et l?action ne sert plus à grand-chose. Alors que si le film est orienté vers l?action, la comédie n?a plus vraiment sa place, pouvant même briser le rythme du film si elle est mal exécutée.

Après avoir combiné comédie et horreur ?gore? précédemment dans Shaun of the Dead, le tandem Edgar Wright ? Simon Pegg, tous deux auteurs du scénario, relève cette fois le défi de la comédie d?action. Au vu de leur succès précédent, on ne sera pas surpris de constater qu?ils remportent la partie haut la main, du moins la plupart du temps. Ils proposent, dès le début, des personnages sur lesquels l?attention du spectateur reste braquée jusqu?à la fin du film et des situations qui sont pour le moins intéressantes. Le personnage principal, Nick Angel/ Simon Pegg, sergent de police à Londres, est si brillant que ses collègues en deviennent complexés et que ses supérieurs décident de le muter en province, dans un village du Gloucestershire où il ne se passe absolument rien et dont le Comité de vigilance prend très à c?ur sa mission. On y trouvera un chef de police qui semble cacher quelque, un coéquipier, Danny Butterman/ Nick Frost, fils du chef de police, plutôt lourd et qui rêve d?action comme dans Bad Boys 2. Et, il ne faudrait pas oublier le cygne échappé du parc. Toute l?efficacité de Hot Fuzz repose principalement sur le développement des personnages et de la trame. Ce qui demande 90 bonnes minutes d?attente avant un dénouement qui dure trente minutes de folie furieuse. Mais ce sont 90 minutes d?un scénario bien écrit (en dehors de quelques passages à vide) avec de nombreuses piques en direction des films policiers américains et anglais, des gags visuels et des apparitions en ?cameo? de quelques grandes vedettes (Kate Blanchett, Peter Jackson, Bill Nighy, etc.). 90 minutes aussi, durant lesquelles se développeront entre les deux policiers héros du film, des rapports donnant presque toute sa dimension à l?expression ?couple policier?, avec une multitude de sous-entendus évoquant une liaison sentimentale. La parodie étant totale, rien de ce qu?ils feront n?ira froisser la sensibilité des homophobes.

L?autre aspect très intelligent de Hot Fuzz est de confronter dans la dernière partie du film, les héros aux notables du village. Parodie de film anglais donc, mais en utilisant tous les poncifs des films américains. Coups de feu, cascades, poursuites en voiture, du sang et des morts partout ; une vieille dame se prend un méchant coup de pied en pleine figure et le vicaire profère d?horribles jurons, sans oublier l?intervention du cygne. On y reconnaîtra les maniérismes de John Woo et de Quentin Tarantino ainsi que le style de Clint Eastwood. Ayant gagné en assurance, Edgar Wright prend plus de risques dans sa réalisation, celle-ci étant soutenue par un montage nerveux. Dans leurs rôles de justiciers, Simon Pegg et Nick Frost sont impeccables et le reste de la distribution n?a rien ou presque à leur envier. Le cinéma anglais est décidément en grande forme, ces temps-ci.

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