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?Highlands doit surpasser la cybercité?

19 juin 2007, 20:00

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?Highlands doit surpasser la cybercité?

Vous êtes directeur de Lead Consulting, une société de conseil en développement foncier. Vous êtes également architecte et travaillez sur des projets du type Integrated Resorts Scheme (IRS). Que pensez-vous de l?orientation du budget ?

Nous avons en effet conçu un IRS de 350 arpents à Flic-en-Flac, avons déposé un projet pour un autre IRS d?environ 250 arpents à Chamarel et développons actuellement plusieurs projets hôteliers et autres projets de villas de luxe destinés aux investisseurs étrangers.

Pour moi ce budget de 2007 est celui de la continuité. Je vois dans le Business Facilitation Act de 2006 un outil pro-developpement que le gouvernement et le Board of Investment (BOI) ont su déployer. Le BOI est en train de faire un formidable travail d?accompagnement pour les investisseurs étrangers et de passerelle avec les partenaires locaux.

Je pense que les nouvelles mesures prises vont définitivement contribuer à faire rentrer le FDI (Foreign Direct Investment). Je félicite le gouvernement pour toutes les mesures appliquées aux IRS pour faciliter les permis. Souvent les investisseurs sont démoralisés s?il se passe trop de temps entre la proposition de développement et sa réalisation. Il faut tout faire pour encourager les investisseurs et les promoteurs. Car ce sont des sommes colossales qui sont engagées dans des investissements immobiliers et il faut y croire. Il faut donc absolument faciliter la démarche. C?est souvent pour cela qu?il y a beaucoup de projets mais très peu de réalisations.

Vous parlez de lourds investissements. Avez-vous des chiffres ?

Il y a une augmentation dans l?Investissement direct étranger sur les IRS : de Rs 7,2 Milliards en 2006 on devrait passer à Rs 10 milliards pour 2007. Ces estimations pourraient même être révisées à la hausse si tous les facteurs permettant le succès des projets sont réunis. Il y a énormément d?investisseurs étrangers qui cherchent des projets pour investir mais qui reculeront si les projets n?ont pas de permis préalable. Un simple certificat ou un permis apporte le confort et la confiance aux investisseurs.

Y a-t-il d?autres facteurs à considérer ?

Il faut que le pays soit stable socialement. La délinquance est chose courante maintenant. C?est un terrain sensible, car les gens qui veulent acheter à Maurice recherchent la sécurité avant tout pour eux et leurs familles.

La validité du Building and Land use permit est passée de 6 mois à 2 ans qu?en pensez vous?

C?est une très bonne mesure. Effectivement les permis sont maintenant approuvés beaucoup plus rapidement, du moment qu?on respecte les réglementations. Les municipalités et les conseils de District ont facilité les procédures qui parfois prenaient plus de six mois pour aboutir.

La facilitation est-elle étendue aux organismes de prêt ?

Certaines banques disent approuver un emprunt en 48 heures mais le décaissement se fait parfois après un véritable parcours de combattant, à l?issue d?un rouleau de paperasse administrative : j?ai rencontré des cas où la personne qui voulait construire n?a eu l?argent qu?après plus de 6 mois. Il faut que les banques soient beaucoup plus réalistes. Heureusement la compétition les oblige à innover.

Vous vous exprimez en tant qu?architecte ou promoteur ?

En effet je suis diplômé architecte mais durant mes études universitaires à Marseille j?ai fait une spécialisation dans les développements immobiliers. Aussi, outre mon cabinet d?architecture, je me dédie de plus en plus à des projets immobiliers sur Maurice, la Réunion et les Comores. C?est le rôle de LEAD Properties, ouvert à nos clients étrangers et nos partenaires locaux. Nous rencontrons des investisseurs étrangers et mauriciens chaque semaine à la recherche du bon produit, du site qui les feront rêver.

Est-ce facile de nouer des contacts avec les investisseurs étrangers ?

Au niveau de l?architecture et de l?immobilier, il faut rester en éveil. Je participe souvent à des conférences internationales, j?ai été au MIPIM en 2006 à Cannes pour rencontrer les plus grands promoteurs du monde. J?ai aussi rencontré de très importants promoteurs à Dubavy et à Beijing. Parmi, je connais quelqu?un qui développe à lui seul plus de 1200 hectares (2842 arpents) en ce moment en Afrique du Sud. Il est venu à Maurice, il a survolé l?Ile en hélicoptère et il est disposé à investir. En ce moment il y a beaucoup de délégations qui viennent de la Chine, il faut les intéresser à Maurice. Leur pouvoir d?achat est grand.

Vous êtes aussi membre de la Junior Chamber International (JCI).

En tant que Sénateur de la JCI, j?ai été en charge des zones Afrique et Europe. Nous avons un réseau d?hommes d?affaire dans plus de 110 pays. Mon travail la JCI s?est traduit par des réunions aux Nations-Unies, à New York et au Conseil européen de Strasbourg. J?ai organisé des conférences avec la participation plus de 40 pays et 1400 délégués à Lausanne en Suisse.

● <B>Que pensez-vous du projet de ville nouvelle de Highlands ?

C?est une excellente idée. Qui aidera grandement à réduire les problèmes de circulation de Port-Louis. Mais les meilleures idées du monde ne valent rien s?il n?y a pas d?implémentation. Il faut que le développement soit fait par phases et en fonction des besoins réels. Il ne faut pas créer de ville fantôme. L?immobilier se fait et se développe dans le temps en fonction des besoins.

Il faut que les firmes de consultants et les contracteurs locaux puissent aussi bénéficier de ces développements. Que nos promoteurs puissent acquérir et développer ces terres ! Que notre main d?oeuvre locale soit privilégiée.

Que préconisez-vous ?

La ville nouvelle ne devra pas être conçue comme la Cyber Cité avec des restrictions en hauteur. À la Cyber cité, aucun bâtiment ne peut être construit plus haut que la Cyber Tour 1. Les investisseurs habitués à construire plus de 45 étages n?arrivent pas à comprendre cela. Regardez Dubavy, Singapour, Hong Kong et même Mumbai !

En Malaisie, à Kuala Lumpur, la nouvelle ville administrative a été conçue un peu sur le modèle du Champs-Élysées de Paris. Une grande avenue, des bâtiments abritant des ministères des deux cotes. Imaginez tous nos ministères sur la même avenue : pensez donc à la productivité gagnée !.

Nous avons la Place d?Armes. Il y a aussi la question du Patrimoine.

Si l?arrivée de la ville nouvelle a Highlands se matérialise et que les ministères peuvent être délocalisés ainsi que le Parlement, tous les bâtiments historiques peuvent être réhabilités.

C?est la première fois que je vois un budget investit dans notre patrimoine. C?est une très bonne chose. Si nous n?avons pas de racines et de bâtiments historiques à montrer à nos visiteurs, que vont faire les 2 millions de touristes à part profiter de la plage ?

Par contre, les investisseurs étrangers de la ville nouvelle pourraient payer une contribution pour rénover nos vieux bâtiments. Les hôtels peuvent aussi faire une contribution. Il faudrait créer un parcours historique. Qui fasse de la place pour créer de l?emploi avec des guides touristiques, de nouveaux lieux et de nouveaux loisirs avec des rues piétonnes.

Que pensez vous des revisions du IRS Scheme en faveur des ?petits? propriétaires ?

La participation des Mauriciens en tant qu?investisseurs sur des projets de moins de 10 ha est très bonne comme idée. Le gouvernement a une volonté de faire bénéficier les plus petits. Dans les petits projets, les petits constructeurs, électriciens, plombiers etc. pourront aussi travailler et trouver une activité lucrative.

Mais pour qu?on ne dégrade pas l?image des IRS, il est fort recommandable que les architectes soient consultés afin de développer des projets de niveau international. Cela facilitera leur commercialisation.

Pour ceux qui veulent se lancer, il faut étudier le marcher international avant de se lancer sur des projets. C?est la loi de l?offre et la demande avec des réalités différentes. Nous faisons aussi des projets sur l?Ile de la Réunion et le prix de l?appartement avec deux chambres à coucher se vend actuellement au-dessus de 200 000 Euro (Rs 8.4 millions).

En tout cas, la communauté pourra bénéficier encore plus du développement. Les 6000 USD levées dans la construction de chaque maison IRS pour le développement des projets sociaux est une bonne chose. En moyenne, les villas de luxe se vendent entre 1,2 et 1,5 million de USD. Il suffit d?intégrer le coût dans les ventes.

Quelles sont les avenues de développement que vous percevez ?

Le monde est global. Les gens qui achètent à Maurice ont certainement des résidences un peu partout dans plusieurs pays. Durant les six derniers mois, j?ai accueilli à Maurice des investisseurs d?Inde, d?Afrique du Sud, de France, d?Angleterre, de Suisse, de Russie et surtout de Chine. Je suis allé personnellement vers des investisseurs en Indonésie, en Malaisie, en Italie, en Afrique du Sud et en Inde.

La Chine est en train de connaître un développement sans précédents en Afrique. N?importe où en Afrique vous pouvez voir des bâtiments construits par la Chine ou un Chinatown. Il y a même des banques chinoises qui sont venues faire des missions en phase d?enquête pour voir le potentiel de Maurice. Il faut les encourager à venir à Maurice et à utiliser les compétences des Mauriciens.

Quels sont nos atouts ?

Le marché est en ébullition, tous les investisseurs étrangers se posent la question de Maurice et viennent visiter notre île et voir le potentiel. C?est un très bon signe. Maintenant il faut des produits qui soient adaptés.

Par exemple ?

Nous développons actuellement le concept de ?Property Investment club?. Tout le monde ne peut pas investir dans l?immobilier car cela est coûteux. Par contre, en ?joignant les forces?, des projets peuvent être réalisés par des Mauriciens. Par exemple, si l?achat d?un terrain pour un développement immobilier coûte Rs 30 millions, il suffit de réunir deux à trois partenaires qui n?ont pas le potentiel d?investir Rs 30 millions mais Rs 10 millions chacun.

Parlez-nous de vos projets.

Nous développons actuellement plusieurs projets et hôtels en centre-ville et dans les zones côtières. À la Cyber cité, nous venons de concevoir trois immeubles de bureaux d?environs 8000 à 10 000 m2 chacun. Il y a une forte demande pour l?implantation de bureaux par des compagnies étrangères.

Que dire du secteur de la construction ?

La construction connaît déjà des problèmes de pénurie de main d?oeuvre. Les chômeurs mauriciens ne sont pas qualifiés, pour eux la formation et la reconversion sont impératives. Les constructions souffrent du label « qualité » que les étrangers veulent. Si vous visitez les chantiers à Maurice vous ne voyez que des défauts : carreaux mal poser, crépissage de travers etc .

Afin de pouvoir réaliser des projets, il faut aussi plus de travailleurs étrangers. Si on ne peut réduire le coût de la construction il ne serait plus viable pour les étrangers de venir construire des projets à Maurice ! Il faut être conscient que les étrangers n?accepteront pas d?acheter du n?importe quoi.

Que pensez-vous de l?idée de former des femmes dans la construction ?

J?ai déjà vu travailler une équipe de femmes sur un de mes chantiers, celui du Lakepoint, à Curepipe. Je dois dire que cela m?a agréablement surpris. Elles font aussi bien que les hommes et sont certainement plus méticuleuses sur les finitions. Je pense que les hommes les respectent sur les chantiers.

Le budget met en place une procédure d?Environmental Impact Assessment accélérée. Les EIA tardent -ils pour être approuvés ?

Certains projets sont effectivement très techniques et à Maurice nous n?avons pas toutes les connaissances pour les analyser. Il est bon d?avoir des échanges d?experts d?autres pays ainsi que de faire la formation continue dans tous les domaines. Quelqu?un qui n?a aucune connaissance du sujet ne peut délivrer un permis. J?ai confiance en l?expertise étrangère.

Quel est selon vous la priorité pour l?urbanisme ?

La priorité est sans nul doute celle de la route de Terre-Rouge ? Verdun Link Road. Si elle est bien réalisée, elle aidera à réduire le trafic à Port Louis. ● Le mot de la fin ?

Il existe bon nombre de projets qui permettront à l?Ile Maurice de se préparer à un nouveau développement et nouveau paysage dans les 25 ans à venir. Mais dans tous ces développements immobiliers et autres investissements venant de l?étranger, il ne faut pas sacrifier le développement humain de notre société.

Propos recueillis par Olivier MASSON

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