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Hausse explosive du prix du gaz ménager

1 février 2006, 20:00

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Mauvaise nouvelle pour les ménages réunionnais : depuis ce matin ils doivent débourser près de 20 euros pour s?acheter une bouteille de gaz. Communiqué hier par la préfecture, ce nouveau tarif correspond à une revalorisation de 11,5 % par rapport au prix en vigueur depuis le 1er novembre. Il y a trois mois déjà, l?administration avait imposé aux particuliers une augmentation de 38 centimes, mais celle-ci était passée presque inaperçue comparée à la hausse appliquée à l?époque aux carburants.

Cette fois-ci c?est l?inverse qui se produit : le prix du sans plomb (1,36 euro au premier février) et celui du gazole (0,99 euro) baissent symboliquement d?un centime tandis que celui du gaz explose. Les arguments avancés hier par le préfet pour justifier ces réajustements tarifaires sont relativement classiques.

Dans un contexte international tendu, le gel du prix des carburants s?explique essentiellement par des raisons techniques. La suspension de la taxe générale sur les activités polluantes décidée par le gouvernement dans le cadre de la loi de finances a permis de compenser l?évolution du taux de change entre l?euro et le dollar, et donc de contenir le coût des approvisionnements.

?On est dans une période très tendue?

Cette mesure spécifique n?a pas été en revanche suffisante pour parer aux problèmes d?approvisionnement en gaz rencontrés il y a quelques semaines par les pays européens. Des problèmes d?approvisionnement liés à la décision de la Russie d?interrompre du jour au lendemain ses fournitures à l?Ukraine.

Depuis, Moscou et Kiev ont réglé leurs différends, mais cet incident a laissé des traces. La raréfaction des produits a entraîné une raréfaction de l?offre, laquelle a nourri à son tour toutes les spéculations sur une crise énergétique mondiale pendant quelques jours. Même si elle s?approvisionne essentiellement à Singapour et en Malaisie, la Réunion n?a pas échappé à ce tourbillon et doit en supporter aujourd?hui les conséquences financières. ?N?importe quel incident sur la planète peut générer des tensions sur les marchés.On est toujours dans une période très tendue?, souligne Philippe Durand, président du comité des importateurs d?hydrocarbures.

En termes moins diplomatiques, cela signifie que les hausses enregistrées ces derniers mois n?étaient pas conjoncturelles mais structurelles. Les compagnies internationales viennent de revoir à la baisse les réserves de pétrole et les experts estiment à une soixantaine d?années celles de gaz. De l?avis général, les marchés demeurent très nerveux. Les opérateurs restent aujourd?hui suspendus aux violences qui secouent le Nigeria, huitième exportateur mondial de brut, et aux menaces de sanctions internationales susceptibles d?être prises à l?encontre de l?Iran, deuxième producteur de l?Opep...

Florent COREE Clicanoo.com

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