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Hausse des taux d?intérêt ?impérative?
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Hausse des taux d?intérêt ?impérative?
Il n?y a pas d?autre solution que d?augmenter les taux d?intérêt pour résoudre la crise que traverse depuis plusieurs mois le marché des devises. Le hic est qu?il faut dans le même temps encourager la relance de l?investissement privé.
C?est ce qui ressort du forum organisé hier par Junior Chamber International sur le thème ?Roupies, devises et taux d?intérêt : quoi faire ?? Les cambistes, Daniel Ng, trésorier de la State Bank of Mauritius (SBM) et Vishuene Vydelingum, trésorier de la Barclays Bank, s?accordent à dire qu?une hausse des taux est nécessaire pour rendre la roupie plus attrayante. Mais, évidemment, le président de la Mauritius Export Processing Zone Association, Ahmed Parkar, préconise exactement le contraire.
Le marché des changes est caractérisé par un manque aigu de devises. Daniel Ng parle d?une ?situation catastrophique?. Des clients, dit-il, attendent des monnaies étrangères depuis des semaines. Cette situation peut nuire à la réputation de Maurice à l?étranger, estime-t-il. Il serait effectivement dommageable que Maurice soit perçue comme un pays où il n?y a pas suffisamment de devises pour payer les importations, ajoute le trésorier de la SBM. Il précise qu?il ne parle pas au nom de la banque. Autrefois, ces pénuries étaient saisonnières, mais force est de constater que le manque de devises dure depuis plus de 18 mois.
Panique des fonds de pension
Pour Vishuene Vydelingum, également président de la Mauritius Financial Markets Association, l?origine du problème remonte à 2002-03, quand, à la suite d?un surplus de la balance des paiements, on assiste à une appréciation de la roupie. Les taux d?intérêt sur les bons du Trésor grimpent à 10 %. En réaction, la Banque de Maurice rachète l?équivalent de Rs 7,2 milliards ($ 256 millions) sur le marché. Cette injection des liquidités dans le circuit cause une chute des taux sur les bons du Trésor qui touchent un plus bas niveau de 2,53 % en mai 2004.
Pris de panique, les fonds de pension et d?assurance, entre autres, désinvestissent de leurs placements en roupies pour se rabattre sur des devises étrangères. La pression sur la demande est énorme. ?C?est la genèse du problème que nous connaissons actuellement?, résume Vishuene Vydelingum.
Pour corser le tout, à l?époque où les taux d?intérêt étaient élevés, les entreprises ont préféré contracter des emprunts en devises sur lesquelles ces taux étaient très faibles. Cela a accentué la demande pour les monnaies étrangères, complète Daniel Ng.
Le marché des devises étant structurellement déséquilibré ? Maurice importe plus qu?elle n?exporte ? leur manque a été exacerbé par les mauvaises récoltes sucrières et par la baisse des recettes du textile. Les difficultés que continue de rencontrer ce secteur et la baisse annoncée du prix du sucre ne présagent pas d?amélioration sur le marché des devises. Entre-temps, la demande a été multipliée par deux, à cause de la hausse du prix du pétrole, passé de $ 30 à plus de $ 60 le baril.
Parer au plus pressé
Dans la conjoncture, une hausse des taux d?intérêt s?impose, soutiennent Daniel Ng et Vishuene Vydelingum. Mais tous deux con-cèdent que ce remède bute sur un autre impératif : la relance de l?investissement. ?Les fondamentaux indiquent qu?il faut augmenter les taux d?intérêt, mais est-ce qu?on peut le faire ?? demande Daniel Ng.
Ahmed Parkar souhaite effectivement le contraire pour permettre à l?industrie textile de faire les efforts d?investissements indispensables à sa survie. ?Les taux d?intérêt à l?emprunt devraient être ramenés à 6 ou 7 % et le taux à l?épargne à 3,5 %?, soutient-il. ?Les interventions soutiennent la roupie à un taux de change artificiel qui ne reflète pas le fondement économique.? Pour lui, ce n?est qu?en améliorant la productivité et en créant plus de valeur ajoutée et de richesse que la monnaie reflétera sa vraie valeur. Une baisse des taux d?intérêt générera des investissements, créera de la richesse et, à long terme, la monnaie sera renforcée.
A cela, Vishuene Vydelingum répond que dans la mesure où Maurice importe plus qu?elle n?exporte, une dépréciation de la roupie fera plus de tort que de bien. Daniel Ng estime qu?en attendant d?améliorer la productivité, il faut parer au plus pressé en augmentant les taux. Le plus important est d?accroître le différentiel entre les taux en roupie et ceux sur les devises afin d?inciter ceux qui détiennent ces dernières à les reconvertir.
Pour ne pas pénaliser l?investissement en augmentant les taux bancaires, les deux cambistes préconisent une hausse des taux sur les bons du Trésor. Daniel Ng estime qu?une hausse d?au mois 2 % serait nécessaire sur les papiers longs du gouvernement. Néanmoins, une hausse du Lombard Rate est inévitable. Vishuene Vydelingum parie sur une hausse de 25 points de base avant la fin de l?année. Daniel Ng spécule aussi qu?une hausse du Lombard Rate se profile, mais pas pour 2005.
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