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Gérald de Palmass?enracine dans le succès

21 janvier 2005, 20:00

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C?est dans un état d?esprit particulier que Gérald de Palmas a peaufiné ce nouvel album. Un homme sans racines est né après une longue pause. Le chanteur était épuisé par les promotions et les collaborations prestigieuses avec Céline Dion ou Johnny Hallyday. ?J?ai fait un long break avant de m?y remettre. Après la dernière tournée et mon album live, j?ai passé un an et demi sans écouter de musique et sans en composer,? explique-t-il.

?Je n?avais plus l?envie viscérale de jouer comme quand j?avais 14 ans. J?ai donc fait un jeûne total. Je me suis occupé de ma famille, j?ai eu un deuxième enfant, une petite fille qui a maintenant 16 mois. J?ai senti que l?envie revenait vraiment en avril dernier. Là, j?ai écrit ce disque en un mois et demi.?

Une méthode radicale pour un artiste qui reste toujours sceptique devant son propre succès. En effet, il ne s?est pas remis de l?échec, en 1997, de son album Lois de la Nature. ?Mais j?ai vécu un tel calvaire, un tel vide créatif après cet échec que j?ai pris les devants !?

De Palmas raconte : ?Je me suis mis en état de frustration totale. Du coup, plein d?idées venaient, passaient, mais en tout cas restaient sans doute quelque part dans mon esprit. Au terme de cette cure d?abstinence, je m?y suis mis. Et cela a fonctionné à fond. Quand j?ai ouvert les vannes, la grosse vague était là.?

Une vague intitulée Un homme sans racines. Il y fait résonner sa guitare acoustique bluesy et stylée et fait preuve une nouvelle fois d?un sens aigu de la mélodie efficace.

La production est distinguée et authentique, les textes ancrés dans le réel. Une belle suite à Marcher dans le Sable... On y entend aussi les influences de ses mentors : Otis Redding, Stevie Wonder, Robert Palmer, Francis Cabrel, Jean-Jacques Goldman, Serge Gainsbourg. La question des racines est de celles qui obsèdent Gérald depuis son enfance réunionnaise.

«Cette chanson parle de moi. J?ai été trimballé de droite à gauche. Je manque de camp de base. Ça me pèse. Or mes émotions les plus fortes, je les ai connues dans l?enfance, là-bas, à la Réunion. A part le fait que j?y vais de moins en moins, le temps également fait son ?uvre. Pourtant, tout ce qui me fait bouger vient de là, de l?enfance. Alors, même si je dois faire un difficile effort de mémoire pour aller rechercher ces émotions au fond de moi-même, ça vaut le coup.»

Aujourd?hui, De Palmas vit sereinement la sortie d?Un homme sans racines. ?Il y a une petite angoisse de l?accueil des gens, on a peur du désamour des gens. On va attendre un mois pour voir si les gens aiment. En tout cas il n?y a pas la pression de vendre autant d?album que Marcher dans le sable, maintenant c?est que du bonus.?

Il peut continuer à être serein car Elle danse seule, le premier extrait de l?album a été très bien accueilli. L?artiste reste fidèle à ses thèmes de prédilections comme l?amour. ?C?est surtout les relations de couple parce que c?est ce qui me préoccupe le plus. Je cherche peut-être la facilité. J?écris sur ce qui me touche.?

En dépit de son succès populaire et du respect qu?il inspire aux plus grands de la chanson, Gérald de Palmas reste modeste. ?Dans ce métier, il y a des hauts et des bas. On accepte le côté aléatoire dés le départ. Moi, j?essaye d?être authentique en étant proche de ce que je suis pour pouvoir le vivre bien. Je me raccroche à ça. Ce métier apporte des joies, de l?argent. On ne peut avoir ça pour rien. Le prix à payer, c?est cette espèce d?incertitude sur l?avenir dans laquelle on évolue en permanence. Pour le moment, ça marche. Ça me rend heureux.?

<B>UNE VIE RÊVÉE</B>

?Oui, je suis heureux. Malgré, mes doutes, je vis la vie dont je rêvais à quatorze ans, quand j?écoutais Robert Palmer et les Specials en me disant: ?Un jour tu composeras des chansons, tu n? y peux rien, c?est ton destin?. Gérald de Palmas a été révélé en 1994 par le tube Sur la route. Il est né à Saint-Denis à la Réunion le 14 octobre 1967. Il grandit tranquillement, entouré de sa soeur Catherine et de ses parents, d?origine bretonne et réunionnaise. Lorsqu?il a dix ans, la famille quitte la Réunion pour s?installer en France.

Nous sommes en 1977, en pleine effervescence musicale: punk, ska, reggae et new wave se métissent et bercent l?adolescence de Gérald, plutôt orienté vers le ska. Il se lance alors avec passion dans la guitare et la basse. Ses études s?en ressentent, mais s?il échoue au baccalauréat, il devient en revanche un guitariste doué. Avec deux amis, Edith et Jean-Louis, il fonde Max et les Valentins. Le jeune groupe joue beaucoup sur scène et enregistre même quelques 45 tours. Alors que le trio rencontre Etienne Daho qui les prend sous son aile, Gérald décide de mener une carrière solo.

Il se fait désormais appeler De Palmas, du nom de jeune fille de sa mère. Le trio Max et les Valentins, devenu Les Valentins connaîtra un succès durable. Quant à Gérald, la gloire tarde à venir. Il faut attendre 1994 pour que l?on parle enfin de lui. C?est en effet cette année-là que ce fan de Robert Palmer et de Stevie Wonder écrit et enregistre son premier album: La dernière année. Le succès de son premier extrait, Sur la route, est phénoménal.

Une Victoire de la Musique la même année confirme l?engouement du public et de la profession pour le jeune chanteur. De Palmas ne parvient cependant pas à rester au sommet de la vague. Son deuxième album, Les lois de la nature, ne sort qu?en 1997 et passe inaperçu. Le salut viendra d?un certain Jean-Jacques Goldman qui lui écrit J?en rêve encore. Encouragé par ce superbe titre, et motivé par Le Forestier (qui lui écrit Tomber), De Palmas reprend espoir et se lance dans le travail.

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