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Guerre d?influence à la MBC
Les placards de la Mauritius Broadcasting Authority (MBC) font désormais partie du folklore de Maurice. Le fait que chaque changement de gouvernement entraîne son lot de sanctions et de ?promotions? n?étonne plus personne, encore moins ceux qui travaillent à la rue Pasteur. Ce qui n?est, somme toute, pas ?normal? est devenu la norme. Mais quand y a-t-il exagération ?
?C?est déjà exagéré ! Il y a la politique et la façon dont un changement de gouvernement affecte la MBC et il y a aussi le ridicule. C?est ce que nous sommes en train de vivre?, affirme un employé de la MBC. ?Vous n?avez qu?à allumer votre télévision.? Mais regarder la télévision ne laisse pas entrevoir ce qui se passe dans les coulisses. Bien que l?on puisse imaginer?
D?abord les faits. Quand le Parti travailliste prend le pouvoir en 1995, après 13 ans de règne MSM, la MBC connaît un changement profond. ?C?était l?heure de la revanche?, dit-on, laconique. ?Lakaz mama était devenu lakaz tamtam?? Cinq ans après, changement de gouvernement. Ceux qui ?ti fer tamtam? quittent la MBC ou retrouvent les placards. Et ceux qui étaient dans les placards en ressortent. ?Certains étaient clairement des partisans du MSM ou du MMM alors que d?autres étaient simplement des professionnels. Mais à la MBC, si vous n?affichez pas votre couleur politique, on suppose que vous êtes de l?opposition, quel que soit le parti qui est dans l?opposition?, explique un employé qui se dit un professionnel.
Le 3 juillet, le pays change de gouvernail. Les placards s?ouvrent de nouveau. Et se referment sur d?autres victimes. De l?aveu même du Premier ministre, ?ena sabotaz kont mwa, li pa normal?. Ceux que l?on aurait pu accuser de vouloir saboter Navin Ramgoolam se trouvent ?dans le placard? en quelque sorte. Que se passe-t-il à la rue Pasteur ? ?Un énorme cafouillage?, explique un employé. Car l?épisode Sarah Persand n?est pas l?unique ?cafouillage.? Quelques jours auparavant, il y avait eu le problème de la non-couverture d?une journée d?activités du Premier ministre lors de son voyage en Inde.
?Deux bêtises. Deux épisodes qui diminuent la fonction d?un chef de gouvernement?, dit-on à la MBC. Selon une source, ce ne serait pas le Premier ministre que ces personnes auraient voulu saboter, mais ?des rivaux rouges?. Le jour de l?épisode ?Inde?, ce n?est qu?après un coup de fil du vice-Premier ministre Rashid Beebeejaun que Ravin Bachoo s?est enquis, sur ordre du directeur général, de ce qui s?était passé. Là, on découvre la cassette du reportage ?non couvert? dans la poche d?un news producer, ?qui voulait saboter Nanda Armoogum?, avance-t-on à la MBC. Mais l?épisode n?a pas eu de suite. Pas de sanction. Quelques temps après, c?est l?affaire ?Sarah Persand. Encore une fois, c?est un proche du pouvoir qui ordonne à la journaliste de revenir?, affirme-t-on.
<B>?Les gens compétents ne sont plus là?
Ces exemples de ?cafouillage? résulteraient ?d?une bagarre d?influence. Ils ne s?entendent plus?. Les hommes forts de la MBC font tous partie de la direction collégiale de la corporation. Ils sont Habib Sayed Hossen, Ravin Joypaul, Nanda Armoogum, Nadarajen Pillai, Faizal Caunhye, Jugdish Joypaul et Ragoonauth Deeal. Excepté que la direction collégiale est devenue squelettique. ?Il ne reste que Pillai et Sayed Hossen.? Il semble que même Ravin Joypaul pense que ?les gens compétents ne sont plus là?.
Ces ?gens compétents? sont les anciens : David Boodhna, Ritvik Neerbun, Sarah Persand, Ashok Beeharry, Selvina Chadien, entre autres. La direction a ?une liste de personnes qui doivent partir?, ajoute une membre de la rédaction. Et ceux-là sont remplacés par les nouveaux visages que l?on voit à la télévision. ?Avec les résultats que l?on sait?, dit un ancien.
Les ?anciens? reprochent à la direction collégiale ?de ne pas faire son travail, de se faire bien voir et de pénaliser ceux qui font leur travail. Vous savez qu?un de ces hommes forts avait refusé la demande d?Harold Essoo de couvrir une fonction de courtoisie du Premier ministre en août ? Qu?un autre se plaignait d?avoir à couvrir les 105 ans de SSR ? Mais ces personnes qui menacent à tort et à travers parce qu?ils sont perçus comme proches du pouvoir sont des imposteurs. Ils ne rendent service ni à la MBC, ni au gouvernement, ni au public mauricien?, raconte un employé de la MBC.
Qui protège ces personnes ? ?On ne sait pas et on ne veut pas poser des questions, mais le directeur géneral subit beaucoup de pressions?, répond-on en interne. Il semble donc bien que la MBC soit condamnée à être l?otage de ceux qui gravitent autour des hommes politiques.
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