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GRNO : un nombre record de vestiges historiques au Km?

12 décembre 2006, 20:00

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Nous poursuivons, ce matin, mais pour une dernière fois, notre visite de la Grande Rivière, localité passante mais regorgeant de vestiges et de bâtiments historiques, les uns plus anecdotiques ou légendaires que les autres. Notre guide demeure Léon Huet de Froberville (voir /l?express/ des jours précédents).

La plus ancienne école de la Grande Rivière pourrait bien être celle dirigée par M. Lebaron, fils, vers 1827. Il s?agit d?une école privée du cycle élémentaire pour garçons. On parle aussi d?une école, devant son existence à la branche mauricienne de la /Ladies Negro Education Society/. Elle est ensuite transférée au département de l?Education. Elle existe toujours, au pied du monticule où est érigé le donjon Saint-Louis, à l?angle des routes Royale et de Pailles. Il s?agit de l?école du gouvernement de la localité.

On compte aussi une école dans le village pour l?instruction des enfants d?origine indienne mais dont on a perdu toute trace. Près du pont suspendu, se trouvait une école dirigée par Jean-Noël Jalappe. On lui doit aussi la construction, au même endroit, d?une chapelle évangélique, construite, le 26 août 1854, à ses frais. Le couvent et la chapelle, édifiés sur le chemin menant à la Tour Koenig, disparaissent vers 1882. Les catholiques de GRNO doivent se rendre, soit à l?église du Saint-Sacrement aux Cassis, soit à la chapelle Saint-Vincent de Paul à Pailles. De nos jours, ils disposent de la chapelle, dédiée au Bienheureux Père Laval, à Cité Borstal, GRNO.

Le poste de police se trouve en face de l?hôpital (le Borstal). Il existe depuis la période française. La station de police, nommée Victoria Station, est construite vers 1850. Il s?agit d?une solide bâtisse en pierre. Les policiers la désertent pourtant vers 1880.

Froberville met, ensuite, en exergue les résidences privées de la Grande Rivière, au milieu du XIXe siècle. Venant de Port-Louis, le visiteur aperçoit, du haut de la montée des Hussards, sur sa droite, en arrière des pas géométriques et en face de la ménagerie, l?ancienne maison Monneron où se réunissaient à l?occasion les membres de la Table Ovale. Sur cet emplacement, se trouve la résidence du lieutenant-colonel Mulcaster. Elle est bornée au nord par la batterie de Conty et mesure sept arpents. Il obtient cette concession en 1813. Il la couvre de beaux arbres. Cet ermitage en contrebas de la route, est particulièrement charmant. L?avenue de la Batterie sépare les concessions Rivière et Jean Robert. S?étend ensuite jusqu?à l?estuaire du ruisseau Saint-Louis et la Grande-Rivière, une presqu?île d?une dizaine d?arpents, abritant quelques concessions dont celle de Jean Joseph Michel. Les bateaux de pêche y accostent. On y trouve aussi des puits et des fours à chaux. Notre cimetière breton est attribué, par Froberville, à la famille Michel. Il signale la tombe de Jean Joseph Michel, décédé en 1822, et celle d?Auguste Henri de Lablanchetais, né à Lorient et décédé en 1851.

Il cite ensuite les noms des principaux propriétaires de l?entrée nord de la Grande-Rivière, à gauche de la route Royale. Aucune des campagnes ne parvient toutefois à surpasser en splendeur celle de M. Benjamin Roussel. Elle s?étend à gauche de la route, venant de Port Louis et s?étend jusqu?à la route de Pailles. Cet ancien marin est né à Bordeaux. Il est successivement assistant-capitaine du port et chef des travaux de curage de la rade. Il obtient les croix de la Légion d?Honneur et de Saint-Louis. Il s?installe à Grande Rivière avant 1797.

En remontant le ruisseau Saint-Louis, on peut admirer l?aqueduc de M. Dayot, composé de sept arches de trois toises de longueur chacune. Le canal se trouve à une hauteur de 30 pieds au-dessus du cours d?eau.

De l?autre côté de la Grande Rivière, Froberville signale les demeures de MM. Dioré et Jacot (comme la Montagne du même nom), le long de la route menant vers Coromandel. De l?hôpital à l?ancien viaduc ferroviaire, la déclivité le long de la rivière appartient, en 1922, à M. Henri Chauvin. Sur la route menant à la Pointe aux Sables, il y a, près de la Tour Martello, /Erin Cottage/, la demeure du Rd Langrish Banks de l?Eglise anglicane.

Sur son habitation, située dans ses parages, M. Castinel aménage une savonnerie en 1824. Il s?agit d?un bâtiment en pierre avec deux cheminées, mesurant 60 pieds de long sur 45 de large, percé de 21 ouverture, le tout est équipé de chaudières, de bassins à refroidir et autres accessoires. S?élève aussi un moulin à vent. Il faudrait aussi parler des fours-à-chaux et de la distillerie /Queen/, théâtre d?une fraude retentissante dans les années 1948/49. En haut de la Montée S, près du viaduc ferroviaire, se trouvait la demeure d?un Contrôleur de l?Approvisionnement, un Anglais, impliqué, à la même époque, dans une autre fraude de grande envergure. Qui voulait obtenir une simple /licence/ de /General Retailer/ avait intérêt à accompagner sa requête d?un... panier de/à crabes. Autres temps, autres m?urs !

Rares sont les localités à Maurice à compter, au kilomètre carré, autant que Grande Rivière, de bâtiments historiques. L?endroit est propice à un parcours historique de premier ordre. Mais qui s?en soucie ? Ah ! si seulement nous pouvions disposer des services compétents de ministères de la Culture et du Tourisme, capables de s?intéresser davantage aux nombreux bâtiments historiques de notre GRNO. On s?étonne même que notre ministère des Administrations régionales n?encourage pas davantage la cité de Port Louis à ressusciter la splendeur historique de cette Belle au Bois Dormant qu?est notre GRNO. La triste démolition de l?école Onésipho-Beaugeard doit servir de leçon aux habitants de cette localité. Ils sont sur place. Seule leur vigilance incessante peut empêcher la disparition du moindre de leurs précieux vestiges historiques, les joyaux de notre patrimoine architectural.

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