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Grand-Baie rongé par l?insécurité
IL semblerait que des discothèques de Grand-Baie soient devenues de vrais lieux de rendez-vous de gangs, de prostituées et de dealers. Et la drogue serait «distribuée» dans des zones réservées aux «habitués» de ces boîtes de nuit. La présence de ces gangs amplifierait le sentiment de peur chez les habitants de la localité. Ces derniers ne cachent pas leur crainte à la suite de l?arrestation du gang Harel il y a quelques jours, de même que l?agression d?un opérateur de Catamaran dans la région.
«Se enn latmosfer de frayer e dinsekirite ki pe regne lor Grand-Baie», déclare un travailleur social qui veut garder l?anonymat par peur de représailles. Depuis un certain temps, dit-il, les gangs et les videurs de boîtes de nuit font la pluie et le beau temps à Grand-Baie. Du côté de la police, on affirme que le taux de violence à Grand-Baie est en baisse. «La présence policière est assurée 24 heures sur 24 à Grand-Baie.»
Mais les habitants, eux, affirment être souvent témoins d?agressions et de vols en plein jour. «Je pense que nous devons prendre la loi entre nos mains pour que cela change», lance un habitant de Grand-Baie exaspéré. «Pou ou kapav mars dan Grand-Baie, ou bizin deklar sourd, muet ek aveg, sinon bann la koup ou.»
La plupart des gens de la région préfèrent rentrer chez eux dès qu?il commence à faire nuit. «Nou bizin rant andan ferm laport a kle pangar dimoun debark devan nou laport pou kokin ou agres nou.» Parmi ces résidents, un homme de 26 ans nous confie avoir été témoin d?une agression. Il raconte ainsi qu?un chauffeur de taxi a été roué de coups et a dû être transporté à l?hôpital parce qu?il avait refusé de faire une course pour un videur, ayant déjà d?autres clients.
«Les gangs s?organisent telle une entreprise»
Selon ce témoin, ce sont les boîtes de nuit et les casinos qui seraient à l?origine de la plupart des agressions qui ont lieu à Grand-Baie. Ces boîtes de nuit attireraient les gangs contrôlant la région et personne n?oserait les contester si ce n?est un autre gang.
«Les gangs s?organisent telle une entreprise», dit un travailleur social, «d?abord, pour exécuter les ordres, ils sont payés de Rs 10 000 à Rs 50 000, dépendant de la difficulté du boulot. Ensuite, ils emploient à leur tour un ou deux jeunes gens pour travailler à leur place. Ces jeunes reçoivent Rs 2 000 en retour. Si jamais un ou deux membres du gang sont arrêtés, ils peuvent fournir leur caution pour leur remise en liberté sans difficulté avec les quelques milliers de roupies qu?ils ont reçues auparavant. Plusieurs d?entre eux font ainsi des va-et-vient en prison.» C?est , selon notre interlocuteur, le sentiment de puissance qu?ont ces jeunes quand ils intègrent un gang qui ferait que le nombre de gangs augmente.
La drogue serait aussi omniprésente dans le quartier, à en croire ce travailleur social. Des discothèques et casinos seraient un camouflage pour faire circuler de la drogue. Certaines parties des discothèques auraient un accès restreint aux seuls «habitués». Et en ces lieux dits «privés», dealers et prostituées feraient leur commerce à leur gré.
Notre interlocuteur soutient que même la police ne peut accéder à ces lieux «privés». «Elle risque sa peau si elle tente de savoir ce qui se passe dans les discothèques.»
Par ailleurs, les travailleurs sociaux et les habitants de Grand-Baie déclarent que des récidivistes auraient des permis de port d?armes. S?agirait-il de faux permis ? «Si bann dimoun kinn fer krim pe gayn permi por darm, mo panse ki sak abitan Grand-Baie bizin ena enn zarm kot li. Fer mwa krwar, ou trouv zarm ek enn kriminel, ou aret li e so permi pa sote», allèguent-ils.
Interrogé à propos des craintes des gens, un assistant commissaire de police nous a déclaré que «toute l?activité se déroule normalement à Grand-Baie et la police fait de son mieux pour maintenir l?ordre dans la localité. La peur des habitants de Grand-Baie est peut-être une perception développée en ayant été témoins des agressions précédentes». Tout en concédant qu?il y a des choses à améliorer, il dit espérer que la police pourra faire de son mieux afin de réduire ce sentiment de peur.
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