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Grève de la faim et promesses ramgoolamiennes

26 septembre 2005, 20:00

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En septembre 1980, le MMM et la GWF veulent faire accroire qu?il faut faire grève de la faim pour que Seewoosagur Ramgoolam respecte sa promesse concernant les licenciés des grèves générales d?août 1979. Paul Bérenger, négociateur de la GWF et secrétaire général du MMM, pose crûment la question : faut-il crever de faim pour faire respecter une parole donnée ? Voilà une question qui pourrait donner des idées à certains aujourd?hui. Il fait référence à une promesse en date du 23 août 1979. Un an après, les licenciés n?ont toujours pas retrouvé un emploi. Bérenger refait l?historique des grèves générales d?août 1979. La SILU et l?UASI devaient déclencher les hostilités ayant de solides revendications industrielles à mettre en avant. Les autres syndicats de la GWF viendraient à la rescousse au besoin. Gouvernement et MSPA sont au courant de ce que préparent ces deux syndicats et leur fédération. Ils ne peuvent prétendre avoir été mis devant le fait accompli.

Bérenger rappelle le contenu de la promesse ramgoolamienne du 23 août 1979 : 1. Les grévistes licenciés retrouvent un emploi, 2. Si cela n?est pas possible, le gouvernement leur trouve un emploi alternatif, 3. Le gouvernement leur accorde en attendant une aide financière, 4. La CNT accorde priorité aux anciens employés de la ?Moka Flacq Transport? et de la ?Long Mountain Bus Service?, 5. Les amendements mauves à l?IRA seront examinés au plus vite par l?Assemblée législative. Un an après, des centaines de licenciés sont toujours sans emploi. Les amendements à l?IRA n?ont toujours pas été discutés par l?Assemblée législative.

A l?heure où les électeurs municipaux n?ont pas droit, à ce jour, à aucune présentation détaillée des candidats aux élections du 2 octobre prochain, tant ceux de l?Alliance sociale que ceux de l?Alliance MMM-MSM-PMSD, il est bon de savoir que, en 1980, le MMM est encore capable de présenter à l?opinion publique les noms et les curriculum vitae des militants participant à la grève de la faim de septembre 1980. Ils sont : ? Paul Bérenger, 35 ans (en 1980) qu?on ne présente pas sinon qu?il est marié, père alors d?un seul enfant (Emmanuel), il habite à la rue Wellington, Quatre-Bornes ; France Soopramanien, 45 ans, président de la GWF et de l?Union of Municipalities? Workers, marié, père de six enfants, habitant Cité Malherbes, Curepipe ; Balram Ramsahaye, 57 ans, père de dix enfants, habitant Forest Side, ancien receveur de l?UBS, trésorier de l?UBIW ; Farook Auchaybar, 32 ans, père d?un enfant, habitant la Pointe-aux-Sables, assistant secrétaire de l?UBIW, licencié de l?UBS en 1971, prisonnier politique en 1972 ; Ignace Rayapen, 37 ans, célibataire, habitant Cottage, Poudre d?Or, laboureur licencié de Belle Vue Harel S.E. en 1979, délégué de la SILU ; Mario Flore (eh ! non, vous n?avez pas la berlue), 27 ans, père d?un enfant, habitant route Balisage, Roche Bois, assistant secrétaire de la PLHWDU, membre de l?exécutif de la GWF, licencié en août 1979 ; Michel Gérard Nina, dit Ti-Moignac, 32 ans, marié et père de quatre enfants, habitant Pointe-aux-Sables, trésorier de la PLHDWU et de la GWF, licencié dans le port en 1971 et en 1979 ; Hervé Marcelin, alias Collette, âgé de 32 ans, marié et père de quatre enfants, soudeur à Médine S.E., seize ans de service, licencié en août 1979, habitant Bambous ; Bidianand Jhurry, 30 ans, marié et père de trois enfants, habitant Beau Songe, président de la SILU et secrétaire de la GWF ; Dr Ram Seegobind, médecin, 39 ans, cadre de la GWF, négociateur de la SILU, marié, habitant Bambous ; Pierre Mathieu, 53 ans, marié et père de six enfants, habitant Cité Argy, Flacq, opérateur pendant 19 ans à Constance S.E., licencié en août 1979, délégué de l?UASI ; Swadick Peerally, 33 ans, marié et père d?un enfant, habitant la rue Mosquée, Beau-Bassin, cadre de la GWF, s?occupant plus particulièrement des employés des hôtels et des restaurants (HREU) ; Alain Laridon, 27 ans conseiller technique de la FTU, rédacteur en chef du mensuel de la GWF/FTU, ?Unité syndicale?, célibataire, habitant rue Mgr Leen, Port-Louis.

Il faut encore savoir que les journalistes mauves de l?époque font déjà du ?Press People? mais que les photos qu?ils publient ne sont pas celles de V.I.Ps courant les réceptions mais celles des grévistes de la faim de septembre 1980. Et les temps changent.

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