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Gouvernement - IBA : deux visions des radios privées
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Gouvernement - IBA : deux visions des radios privées
Pourquoi l?hôtel du gouvernement souhaite-t-il remplacer Ashok Radhakissoon à la tête de l?Independent Broadcasting Authority (IBA) ? Les mots qui reviennent le plus souvent par rapport au président de l?IBA sont qu?il est «trop souple».
Depuis la libéralisation des ondes, enclenchée en 2001, Ashok Radhakissoon a habitué les radios privées à une certaine flexibilité. N?étant pas pour une application rigide de l?IBA Act, loi-cadre qui les régit, il leur a laissé une grande latitude.
Au départ, cette attitude n?a pas posé de problème. Le gouvernement avait accordé une période de rodage aux radios privées et se flattait d?avoir libéralisé les ondes. «Certes, il y a eu des dérapages et nous avons fermé les yeux mais la situation ne s?est pas améliorée avec le temps malgré les mises en garde», affirme une source proche du gouvernement.
Ivan Collendavelloo, mem-bre du «comité spécial» mis sur pied il y a une semaine et notamment chargé de revoir la loi régissant les radios privées, émet un avis similaire. Des dérapages et des excès il y en a certainement eu. Sollicité hier par l?express, il a déclaré : «Ce n?est pas un comité qui viendra museler la presse écrite ou parlée. Le gouvernement a demandé à neuf personnes de faire un brainstorming. Les conclusions seront soumises au gouvernement pour discussions. Si personne ne veut s?en occuper, au moins le gouvernement s?en préoccupe.»
Pour l?heure, le comité en est aux travaux préliminaires. Les membres n?ont pas encore une idée précise des révisions qui seront effectuées.
Reste à savoir ce qu?on entend par «dérapages». Au fil du temps, les critiques, notamment du Bureau du Premier ministre, sont devenues plus acerbes. Au niveau de l?IBA cependant, peu de réactions ont suivi ces critiques.
En 2003, un dispositif d?enregistrement de toutes les émissions radios a été mis en place pour mieux surveiller les ondes. Une réponse de l?IBA aux multiples critiques du gouvernement à l?adresse des radios privées. Mais, là encore, les interventions de l?IBA se sont limitées au strict minimum.
Le premier gros revers subi par Ashok Radhakisoon a eu lieu au début de mars. La tension entre le gouvernement et les radios privées était devenue telle que le Premier ministre est intervenu en personne, outrepassant ainsi les prérogatives de l?autorité régulatrice. L?occasion pour passer à l?action était un dérapage en direct entre Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers? Union et Clifford Maniacara, président de la Fédération des association des parents-enseignants des écoles catholiques.
<B> RETOUR DES MISES EN GARDE </B>
Parallèlement à la convocation des directeurs des radios privées par Paul Bérenger, l?IBA entra en action. Après deux réunions, l?autorité régulatrice obtint des engagements solennels des patrons des radios privées avec, entre autres, la diffusion en léger différé (huit à 20 secondes) des programmes sensibles pour éviter tout dérapage à l?antenne. L?IBA se réserva aussi le droit d?interrompre la diffusion en cas de dérapage.
Ces mesures devaient satisfaire le Premier ministre et sa réunion-sanction se transforma pratiquement en échange de politesses. Reste que ces engagements n?ont pas encore été mis en pratique au grand dam des gouvernants. Ce fut alors le retour des mises en garde par les élus à l?intention des radios privées.
Le scepticisme d?Ashok Radhakissoon par rapport à l?introduction de la télévision digitale est également un élément qui a énervé certains. D?autant que l?initiative est venue du gouvernement. La décision a été prise en avril. Dès le départ, le président de l?IBA a soutenu qu?il fallait s?attendre à très peu d?intérêt des opérateurs privés pour le projet. Un véritable pavé dans la mare gouvernementale.
La non-intervention de l?IBA dans les reportages sur l?explosion de Grand-Baie aura une fois de plus irrité le gouvernement. Le conseil des ministres a décidé vendredi dernier de prendre les choses en main en mettant l?item «sanctions contre les abus de certaines radios privées» à l?agenda du «comité spécial».
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