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Gervais Antoine : «Fier du résultat malgré les imprévus»

24 décembre 2005, 20:00

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Décidément, tout périple en terre sud-africaine apporte son lot de surprises. Pour leur troisième participation à cette course de huit heures d?endurance sur le circuit de Killarney à Cape Town, le week-end dernier, les pilotes mauriciens n?ont pas été épargnés.

Matériels égarés, pneus et valise restés à Maurice, tout un chamboulement de programme qui a fait que les Mauriciens n?ont pas évolué au mieux de leurs moyens. Le président de la Fédération mauricienne de motocyclisme (FMM), Gervais Antoine, veut quand même voir l?aspect positif des choses avec la vingt-deuxième place, sur quarante-huit participants, de l?équipage Reshad Khoyratty - Inayat Boodhoo et Nasseb Toyeb.

Quelques jours avant le départ, les deux équipes mauriciennes avaient la gnac pour ces huit heures d?endurance. D?un côté, il y avait les Khoyratty - Boodhoo et Toyeb du Moto Club de Port-Louis et de l?autre, les frères Duvivier avec Yannick et Thierry, ainsi que Désiré Cheong du Motor Sports Club.

Une bonne moto est essentielle pour cette compétition. Huit heures, c?est quatre fois plus que ce qui est organisé à Maurice. C?est pour cela que cette année-ci, la FMM a préféré expédier les motos en Afrique du Sud une semaine avant dans la mesure où il fallait les réassembler.

Or, à leur arrivée jeudi de la semaine dernière, point de matériel et qui plus est, une boîte à outils comprenant également un système de freinage pour la Derbi de Khoyratty manque à l?appel. En même temps, ils apprennent que des pneus neufs et la valise d?Inayat Boodhoo sont restés à Maurice.

C?est le coup de massue pour Khoyratty qui avait préparé l?événement depuis des mois et avait fait l?acquisition de pièces neuves pour la compétition. À ce moment précis, il n?était pas question de participer. «Certains ne réalisent pas qu?une préparation de plusieurs mois peut être détruite d?un coup», fait remarquer Gervais Antoine.

Le Réunionnais Daniel Grondin à la rescousse

Le lendemain, la veille de la course, c?est le branle bas de combat pour essayer de rouler. En bon Samaritain, un Sud-Africain accepte de fournir les pièces manquantes à la Derbi. Ce n?est pas le luxe, mais ça aidera à rouler. Au moins.

Ainsi, pendant toute une journée, réservée aux essais libres, l?équipe tenta d?assembler ce qui pouvait l?être. Les connaissances du Réunionnais Daniel Grondin, préparateur officiel de Honda, étaient mises à rude épreuve.

En même temps, l?autre moto avait pu être assemblée et Désiré Cheong, Yannick et Thierry Duvivier avaient pu effectuer quelques tours de circuit, histoire de se mettre dans le bain. «Il y en a qui ne réalisent pas mais ce jour d?essais est primordial pour faire le tuning de la moto», précise le président de la FMM.

Au jour de la compétition, si la moto des Duvivier étaient prête grâce à la générosité d?un pilote sud-africain qui a bien voulu léguer des pneus slicks, l?autre moto était toujours dans les stands. Même après le départ de la course, elle n?avait pas encore goûté au bitume du circuit? Incroyable !

Ce n?est qu?après une dizaine de minutes qu?Inayat Boodhoo rejoignit les autres engagés dans la course. Le fait de voir la moto rouler, sachant dans quel pétrin elle se trouvait quelques heures avant, était déjà une victoire.

Les Duvivier et Cheong avaient, quant à eux, réussit l?exploit de se classer huitième lors des essais chronos. Thierry Duvivier était le premier à piloter la moto. Son pilotage, il faut le souligner, était irréprochable. «Thierry est un pilote de niveau international. Il n?a rien à envier aux autres pilotes qui étaient là ce jour-là et je suis fier de voir qu?un pilote mauricien a évolué sans complexe. Si un pilote de cette trempe avait l?équipement nécessaire, c?est sûr qu?il aurait figurait parmi les cinq meilleurs», note Gervais Antoine.

Malheureusement, avec des ennuis mécaniques récurrents, la Derbi GPR a dû rentrer prématurément aux stands. Coup dur pour cette équipe qui avait roulé pendant 7 heures et onze minutes. Ils n?ont même pas été classés dans la mesure où ils ont effectué moins de 66 % du nombre total de tours du vainqueur. Une perf qui ne reflète vraiment pas leur niveau.

De l?autre côté, c?était la satisfaction du devoir accompli. Khoyratty - Toyeb et Boodhoo se classèrent à la vingt-deuxième place. Eu égard aux ennuis rencontrés depuis leur arrivée, ce rang est synonyme de victoire. «Ils ont perdu à peu près quarante-cinq minutes dans les stands. Or, à raison d?une minute par tour, ils auraient terminé dans les dix premiers», laisse entendre Gervais Antoine.

Des motos de 70cc deux temps pour l?édition 2006 ?

Daniel Grondin fait quant à lui sa propre analyse. «Si on veut être parmi les premiers, il faut être surplace (NdlR : en Afrique du Sud) au moins une semaine avant la course afin de faire les réglages nécessaires», soutient-il.

«Je suis fier de mes pilotes. La fédération a tout mis à leur disposition et on n?a pas failli à notre tâche. Sans ces contretemps, cela se serait passé autrement. Heureusement que les Sud-Africains ont un esprit de fair-play car sans leur aide, la moto de Reshad n?aurait pas roulé», fait remarquer le président de la FMM qui agissait en tant que chef de délégation.

Celui-ci annonce également que, dans un souci d?être à égalité de chances lors de la prochaine édition, il fera de nouvelles propositions à l?African Motorcycle Union. «Il semble que les Sud-Africains affectionnent les motos de 150cc quatre-temps. Afin de diminuer la différence de puissance, il faut qu?il accepte que les motos deux-temps évoluent jusqu?à 70cc», explique-t-il. À souligner que lorsqu?il a évoqué cette éventualité lors de son discours de fin de course, il a été chaudement applaudi par l?assistance.

Vivement l?édition de l?année prochaine?

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