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George W. Bush autorise les méthodes « musclées »

22 octobre 2006, 00:00

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Malgré les critiques, le président américain George W. Bush a signé le 17 octobre une loi, le Military Commissions Act, autorisant, entre autres, le recours à des méthodes agressives d?interrogatoire pour des suspects de terrorisme, poursuivis par la CIA. Lors de la cérémonie de signature à la Maison-Blanche, George W. Bush a présenté cette loi comme un « instrument vital » de la lutte contre le terrorisme et nié toute assimilation à de la torture.

« La loi que je signe aujourd?hui contribue à la sécurité de ce pays et adresse un message clair : ce pays est patient, il est honnête, il est juste, et nous ne reculerons pas devant les menaces contre notre liberté », a déclaré George W. Bush. « Par cette loi, l?Amérique réaffirme (sa) détermination à gagner la guerre contre le terrorisme », a-t-il dit.

Prisons secrètes à l?étranger

« Cette loi est conforme à l?esprit et à la lettre de nos obligations internationales. Je l?ai déjà dit : les États-Unis ne pratiquent pas la torture ; c?est contraire à nos lois et c?est contraire à nos valeurs », a-t-il ajouté.

En même temps, George W. Bush a longuement défendu les interrogatoires secrets de la CIA. Actuellement « en sommeil », selon l?expression de la Maison-Blanche, ils ont été menés dans des prisons secrètes à l?étranger, où la révélation de leur existence a suscité une vive émotion.

Ce programme a permis de recueillir des « renseignements vitaux » auprès des suspects comme le coordinateur présumé des attentats du 11 Septembre, Khalid Cheikh Mohammed. Il a aussi contribué à la capture de presque tous les responsables d?Al-Qaïda aujourd?hui entre les mains des Américains et, sans lui, « nos services de renseignement pensent qu?Al-Qaïda aurait réussi à lancer une autre attaque contre la nation américaine », a dit George W. Bush. Le président américain a ensuite signé un texte « à la mémoire des victimes du 11 Septembre ».

Le Military Commissions Act octroie également au président américain un pouvoir d?interprétation des règles internationales sur le traitement des prisonniers. Il permet le jugement des terroristes présumés par des tribunaux militaires. Mais il n?exige pas que chacun d?eux soit défendu par un avocat.

Des recours ont déjà été déposés contre ce texte qui, selon ses détracteurs, confine à la torture. Le cerveau des attentats du 11 Septembre, Khalid Cheikh Mohammed, pourrait être poursuivi en vertu de cette loi.

La signature de cette loi intervient trois semaines avant les élections parlementaires aux États-Unis, qui s?annoncent périlleuses pour la majorité républicaine de George W. Bush.

Le Nouvel Observateur

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