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George Bush,adepte du « Reaganisme »
Plus de quinze ans après le départ de Ronald Reagan de la Maison Blanche, sa révolution conservatrice laisse toujours une profonde marque dans la vie politique américaine. Il a changé le Parti républicain en lui permettant d?attirer les classes populaires. Avant Ronald Reagan, les Républicains étaient divisés entre une aile conservatrice et une aile libérale. Après ses huit années de présidence, le terme de républicain de gauche (liberal republican) s?est retrouvé cantonné aux livres d?histoire.
Le parti élitiste proche de Wall Street de Nelson Rockefeller a disparu. Sa base électorale et idéologique s?est déplacée au Sud et à l?Ouest du pays. Ronald Reagan a, le premier, pris fait et cause pour les valeurs sociales et religieuses de l?Amérique profonde.
Un fervent du rêve américain
Suivant une série de présidences ? de Lyndon Johnson à Richard Nixon, en passant par Gerald Ford et Jimmy Carter ? marquées par des traumatismes comme la guerre du Vietnam, le Watergate et la crise des otages de Téhéran, sans parler de la stagnation économique et de l?inflation, Ronald Reagan a établi ce qui reste, depuis, au c?ur du programme des Républicains : le conservatisme social, l?opposition aux impôts, l?agressivité contre les ennemis extérieurs de l?Amérique considérés comme l?incarnation du Mal, des budgets militaires importants et un populisme dénigrant Washington et les élites intellectuelles.
En ce sens, la présidence actuelle de George Bush paraît bien plus proche de celle de Ronald Reagan que de celle de son père. Reagan, aussi, s?était identifié avec ceux aux Etats-Unis qui s?opposent à l?avortement et mettent au premier plan leurs convictions religieuses. Cela lui a permis de faire basculer le Sud dans le camp républicain.
Ronald Reagan a amplifié le fossé culturel entre les deux Amériques, celle des états libéraux des côtes Est et Ouest et celle du conservatisme religieux dans le centre et le Sud du pays. Cette division n?a sans doute jamais été aussi marquée qu?après trois ans et demi de présidence de George Bush.
La proximité entre Ronald Reagan et l?actuel président est encore plus flagrante en matière économique. Les « Reaganomics » se ramènent à des baisses massives d?impôts, surtout pour les classes aisées, et l?envolée des dépenses militaires qui ont relancé l?économie américaine et? ont fait exploser les déficits. Cet héritage reste d?actualité. Grâce à sa politique, la croissance a été ininterrompue de 1982 à 1990 aux états-Unis et 20 millions d?emplois ont été créés. La dette de l?état fédéral est passée de moins de 1 000 milliards à près de 3 000 milliards de dollars. Ronald Reagan s?était engagé à réduire les dépenses de l?état. En fait, elles ont augmenté. Il voulait éliminer deux ministères, ceux de l?éducation et de l?énergie, et a fait passer de 2,8 à 3 millions le nombre de fonctionnaires fédéraux.
Ronald Reagan était pragmatique, pas doctrinaire. Avant d?être républicain, il avait été démocrate. Il était solitaire et taciturne, avant d?être admiré pour son sens de la repartie et sa capacité à mettre ses interlocuteurs à l?aise. Comme l?a souligné une fois Jeanne Kirkpatrick, sa conseillère à la sécurité nationale : «Ronald Reagan, 40e président des états-Unis, avait un seul secret. Il croyait plus que tout au rêve américain parce qu?il le vivait.»
2004 Le Monde ? Eric Leser Distribué par The New York Times Syndicate
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