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Genotype social 2.0

18 septembre 2008, 00:00

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<B>Par Bertrand LAZARE</B>

L?internet donne des ailes à l?information sur le patrimoine génétique humain. De quoi accélérer les dépistages de maladies, comme les controverses.

Le stress envahit progressivement notre quotidien, générant son lot d?inquiétudes, d?angoisses, de peur de l?avenir dans un monde moderne anxiogène ou l?information qui nous entoure ne véhicule que problèmes et catastrophes. Dans ce contexte, il n?est pas étonnant de voir un développement pharamineux de maladies en tous genres. Mais heureusement, l?évolution de la connaissance médicale et les détections plus précoces de ces maladies, ont fait progresser leurs chances de guérison.

Au Japon, des chercheurs de Toray industries viennent de développer une puce pouvant diagnostiquer les cancers et autres maladies à partir de l?analyse d?une simple goutte de sang. Cette puce contient des marqueurs de protéines qui détectent, en moins de quinze minutes, la moindre anomalie. De nombreux essais cliniques sont actuellement réalisés et ces résultats ont été vérifiés sur 100 % des patients. Le système devrait être commercialement disponible pour les hôpitaux d?ici fin 2008, à moins de 10 000 dollars. Une avancée technologique qui devrait encore accélérer la détection des maladies et améliorer les chances de réussite des traitements curatifs.

Aux Etats-Unis, la société de biotechnologie californienne «23andMe» propose désormais à ceux qui le souhaitent de connaître leur patrimoine génétique. Cette connaissance s?avère primordiale pour accélérer le dépistage de maladies comme certains cancers ou l?Alzheimer. Le test ADN valait environ $ 1000 il y a encore quelques mois et était réservé aux personnes disposant d?une adresse physique aux Etats-Unis. Désormais pour $ 400 vous pouvez tout connaître de votre patrimoine génétique.

De quoi enrichir les tests prénuptiaux, pour s?assurer d?une progéniture aux caractéristiques géniques digne de Superman. Il faut dire que pour ce prix, «23andMe» assaisonne ces services à la mode 2.0. Une plate-forme communautaire donne la possibilité à ses clients de se connecter les uns aux autres, afin de partager leurs expériences et de comparer leurs génotypes personnels. De plus ils ont passé un accord avec «Ancestry.com», histoire de développer le réseautage social par affinités génétiques.

«23andMe» couple les bases de données élaborées par ce site de généalogie avec les informations génétiques qu?elle recueille. Ces derniers pourront grâce, à des outils interactifs, trouver l?origine de certains de leurs gènes ou se découvrir de nouveaux ancêtres. La nouvelle tarification du service a été rendue possible grâce aux avancées technologiques réalisées par la société «Illumina«, notamment grâce à la mise au point d?une nouvelle puce de génotypage intitulée «HumanHap550-Quad+» qui permet d?obtenir des informations d?une extrême précision sur le patrimoine chromosomique.

Le profilage ADN proposé par «23andMe» est accessible en ligne. Ceux qui s?inscrivent sur le site de la société reçoivent un kit leur permettant d?effectuer un prélèvement de salive qu?ils doivent renvoyer. Ce service s?adresse à ceux qui souhaitent effectuer un test de paternité, mais «23andMe» communique plus volontiers sur d?autres cibles : personnes adoptées voulant connaître leurs origines ainsi que l?histoire médicale de leurs ancêtres, personnes âgées voulant laisser un héritage génétique à leurs futures générations ou personnes simplement curieuses. «23andme» a pour co-présidente Anne Wojcicki, l?épouse de Sergey Brin, lui-même co-fondateur de Google. Le moteur de recherche a par ailleurs investi 3,9 millions de dollars dans l?entreprise de biotechnologie.

Même si l?on voit les conséquences positives de l?évolution de la connaissance et de l?accès à l?information génique, il n?en reste pas moins que l?éthique relative à l?usage de ces informations est d?un enjeu majeur. Les abus et dérives en tous genre peuvent tout à fait exister, amenant à des discriminations inhumaines. A quelle échéance, va-t-il falloir fournir sa carte chromosomique avec son curriculum vitae ? Espérons que des instances mondiales de la bioéthique informationnelle puissent jouer leur rôle !

«Génotype» cherche «génofille» saine de corps et d?esprit, pour partager une vie agréable dans un monde de brutes. Voilà peut-être le prochain message des réseaux sociaux biotechnologiques. En attendant le plaisir de notre prochain échange, je vous souhaite de bons succès dans ce nouveau monde ...

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