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Gare aux additifs
Faire attention à ce que l?on mange. Sans se laisser aller à la psychose. L?affaire des bonbons lapins et des pistaches salées colorées pose avec acuité la question des risques sanitaires liés à notre alimentation quotidienne. Il est vrai que les couleurs vives de certains aliments, notamment sucreries et pâtisseries, font souvent saliver petits et grands. Or, les colorants et autre ajouts alimentaires ne sont pas sans effets sur notre organisme.
En 2007, une étude menée par des scientifiques pour le compte de l?Union européenne dans le cadre d?une redéfinition des normes et de la législation, a montré un lien direct entre l?absorption des colorants alimentaires et l?hyperactivité des enfants. L?étude qui concernait des enfants de 3 ans et de 8-9 ans, a notamment démontré que le mélange de certains colorants avec du benzoate de sodium (un conservateur) a un effet défavorable sur le comportement hyperactif et les troubles de l?attention chez des enfants. Les divers colorants mélangés sont présents dans des aliments alors que le benzoate de sodium est utilisé dans la crème fraîche et des confiseries.
<B>Vomissements et réactions cutanées</B>
D?autres analyses sont en cours pour vérifier ces remarques suite à des contestations des conclusions de l?étude. De plus, de nombreuses associations de consommateurs exigent un contrôle strict de l?emploi des additifs alimentaires utilisés dans l?industrie agroalimentaire.
Quoi qu?il en soit, la rhodamine (colorant textile également utilisé dans des simulations de pollution des cours d?eau) trouvée dans les kalamindas de Flacq et présente dans les pistaches salées si prisées à Maurice, ne présage rien de bon pour la santé. Les contrôles sont insuffisants et malgré une législation existante, l?emploi de la rhodamine se poursuit, surtout depuis 2003. Si certains colorants ou autres adjonctions alimentaires sont montrés du doigt, les teintures pour tissus sont de facto proscrites dans la fabrication d?aliments. Les conséquences sur la santé ne se font pas attendre : vomissements, nausées, malaises, réactions cutanées, intoxication alimentaire?
Le respect des normes dans la fabrication des aliments suscite de inquiétudes aux risques sanitaires encourus. «Le Food Act établit la liste des additifs et colorants acceptables.
Chaque importateur est tenu de la respecter», fait ressortir Mosadeq Sahebdin, de l?Institute for Consumers? Protection. Mais les services sanitaires n?ont pas vraiment les moyens de vérifier tous les échantillons de produits importés et les officiers se fient souvent à la notice sur le formulaire d?importation, explique un fonctionnaire qui a souhaité garder l?anonymat.
Les additifs largement utilisés dans l?industrie agroalimentaire devraient également faire l?objet d?un contrôle strict et d?études sur l?impact qu?ils ont sur la santé. On ne peut que déplorer le manque de contrôle à Maurice, et pire, le non-respect du consommateur qu?on attire avec du colorant textile, par souci d?économie...
<B> Compléments alimentaires
Ce que c?est ?</B>
Un additif alimentaire est une substance sans valeur nutritive mais qu?on rajoute aux aliments, pour les colorations de conservation ou de goût. Il doit être mentionné sur l?étiquette dans la liste d?ingrédients pour ne pas leurrer le consommateur.
<B>Normes européennes</B>
E100 : colorants. Donnent une couleur ou redonnent la couleur perdue au traitement. E200 : conservateurs. Prolongent la durée de conservation en empêchant la prolifération de microorganismes tels que les moisissures, etc.
E300: antioxydants. Protègent l?aliment des altérations dues à l?exposition à l?air, la lumière ou d?autres substances
E400 ? E1521: Autres émulsifiants, épaississants, anti agglutinants, humectants, édulcorants, etc.
<B>Etiquettes </B>
Les colorants sont dénommés sous des codes dont le chiffre est compris entre 100 et 199. Selon la législation européenne, la lettre E précède le code. Ils sont utilisés pour appâter le consommateur. Car son esprit est conditionné en partie par la couleur qui aurait une incidence sur le goût, du moins dans la tête du consommateur. Par exemple, un sirop de menthe plaira davantage s?il est vert, même si le goût initial est le même quand il est transparent. A Maurice, le «Food Act» rend obligatoire un ensemble de mentions sur les étiquettes des produits alimentaires : ingrédients, nom et adresse du fabricant, date de fabrication et de péremption. Cependant, la dénomination des additifs en codes (par exemple E114) n?est pas obligatoire. Son nom complet peut le remplacer. Néanmoins, la classification EU est largement répandue et correspond à un système international de contrôle fiable.
QUESTIONS À?
<B>Shameem Adamjee Fatehmamode, diététicienne </B>
● <B>Quelles sont les catégories d?additifs nocifs pour la santé ?</B>
Il faut savoir que les additifs alimentaires sont très répandus dans notre consommation de produits. Les plus fréquents sont les colorants, les conservateurs antiseptiques (qui empêchent les agents infectieux de se propager) et les conservateurs antioxydants (qui empêchent la dégradation), les agents de texture tels que les produits gélifiants ou encore épaississants, les arômes et les édulcorants.
● <B> Comment peuvent-ils nuire ? </B>
On peut avoir pas mal d?allergies et de réactions indésirables aux additifs alimentaires. Mais seuls 0,15 % des cas sont confirmés. Les réactions dépendent de la sensibilité individuelle de chaque personne. Ce qui cause une réaction chez une personne peut ne rien faire à une autre.
● <B> Y a-t-il des dosages à respecter par rapport aux colorants et autres additifs? </B>
Oui, mais chaque colorant a son propre dosage. Il en va de même pour tout additif.
● <B> Quels peuvent être les symptômes ? </B>
Les réactions sont généralement cutanées. Par exemple, on voit souvent des urticaires, c?est-à-dire de grosses plaques rouges sur la peau. Il y a aussi des cas de problèmes respiratoires. Les réactions les plus extrêmes sont les allergies anaphylactiques (NdlR : résultat d?une sensibilité accrue de l?organisme à l?égard d?une substance donnée, et qui cause une réaction même avec l?injection d?une dose minime de cette substance). Ces réactions peuvent causer la mort. Dans de tels cas de figure, l?individu doit être transporté à l?hôpital très rapidement, souvent dans l?heure suivant la consommation de la substance.
● <B> Les autres réactions s?estompent-t-elles d?elles-mêmes ? </B>
Les petites intolérances requièrent souvent la prise d?antihistaminique - appliquer une crème ou prendre un médicament par voie orale.
● <B> Les enfants et les personnes âgées sont-ils plus vulnérables aux intoxications alimentaires ?</B>
Les enfants sont plus exposés aux produits contenant beaucoup de colorants. Ils ont aussi un système digestif encore immature. Ils n?ont souvent pas encore développé les anticorps appropriés comparés aux adultes qui ont un système immunitaire plus développé.
● <B> Y a-t-il des précautions que peuvent prendre les parents par rapport à l?étiquetage ? </B>
En règle de base, il faut diminuer tout ce qui est chimique. On peut donc le faire en se référant à la composition de produits. Les colorants commencent par ?E? ou se terminent souvent par ?azoique?; et les agents conservateurs sont le sulfate et le benzoate.
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