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Générosité 2.0
<B>Par Bertrand LAZARE</B>
Muhammad Yunus, lauréat du Nobel 2006 de la Paix pour avoir développé le microcrédit a sans doute été le déclencheur médiatique de ce phénomène. L’internet facilite aujourd’hui la démarche de micros financements à destination des pays pour qui ces micro-moyens sont de véritables bouffées d’air pur.
Afin de faciliter la mise en relation entre porteurs de projets ayant besoin de microcrédit et d’investisseurs souhaitant s’engager dans une action humanitaire, une nouvelle plate-forme internet nommée kiva.org vient d’être développée. Cette dernière propose tout simplement aux internautes disposant de sommes d’argent d’être mis en contact avec des micro-entrepreneurs présents dans les pays en voie de développementpour les financer.
Ainsi, Kiva dont l’origine du nom signifie unité en Swahili est un site à but non lucratif sur lequel chaque personne disposant d’un accès Internet et d’une carte bancaire peut choisir de prêter de l’argent à taux zéroà des centaines de micro-entrepreneurs originairesd’une trentaine de pays en voie de développement.
La plate-forme fonctionne sur le principe très actuel des réseaux sociaux.
La plateforme se préoccupe de mettre en contact les deux parties, sans intervenir et sans demander de rémunération. Le principe est très simple : l’internaute-investisseur doit seulement créer son profil, consulter ceux du ou des entrepreneurs qu’il souhaite financer puis effectuer la transaction grâce au système sécurisé PayPal. L’entrepreneur, de son côté, s’engage à rembourser la somme reçue sur une période de six à douze mois. Selon le site, à ce jour, aucun professionnel n’a manqué à sa promesse. Pour fonctionner, Kiva compte sur la générosité des internautes et des institutions.
Afin de garantir la pertinence des projets, ces derniers sont prospectés par les ONG présentes sur le terrain. Ces derniers se chargent de découvrir et aider ces nouveaux talents à concrétiser leur projet.
La société, lancée en 2005 à San Francisco, n’a pas tout de suite fait beaucoup d’émules. En effet, si Internet est perçu comme apportant de nouvelles libertés, il pose de nouveaux problèmes, notamment celui de la confiance. Et les internautes méfiants souhaitent s’assurer que la somme allouée va véritablement à la personne sélectionnée et n’est pas détournée. Ainsi, pour rassurer les internautes du sérieux de son projet, Kiva a lancé une campagne pour bénéficier de sponsor de renom. Ainsi elle a le soutien de sociétés de la Silicon Valley comme PayPal, qui offre gratuitement ses services au site. MySpace et YouTube affichent des bannières publicitaires de Kiva. Google édite gratuitement de la publicité pour le site. Ce coup de pouce, qui génère entre 25 et 30 % du trafic du site, est loin d’être anodin !
Si le procédé a certainement des limites, il est également porteur d’espoir. Et surtout, il fonctionne. 5 000 emprunteurs ont déjà bénéficié de quelque 3,3 millions de dollars prêtés par 40 000 personnes. C’est sans soute là une aubaine pour les personnes qui souhaitent soit s’engager dans une action humanitaire mais n’en trouvent pas le temps, ou aidez un micro-entrepreneur à développer son activité.
Cette initiative me semble pleine d’espoirs pour participer à lutter contre la pauvreté par le développement, et accélérer les modalités de micros financements, pour les porteurs de projets qui se trouvent souvent confrontés à la lourdeur et la complexité administrative des financements locaux. Voilà donc un exemple d’action à suivre et développer.
En attendant le plaisir de notre prochain échange, bons succès dans ce nouveau monde 2.0 !
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