Publicité

Frédéric François du charme à perpétuité

31 octobre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les heures tiquent. Nos nerfs craquent. Sous le soleil à son zénith, le Domaine du Chasseur a déplié sa vue panoramique. Les cannes qui verdoient, le chemin qui poudroie, rien n?y fait. Depuis presque deux heures qu?il est attendu, Frédéric François ne vient pas.

Quand enfin il paraît, en ce samedi de Divali, sa décontraction est à frémir. En haut des marches qui viennent finir sur le plancher du restaurant Panoramour, le chanteur de charme a un faux air de joueur de foot italien. Les cheveux noirs sont rejetés en arrière sur le col blanc coordonné avec les baskets, portés sans chaussettes.

Derrière ses lunettes de soleil, il retire de bonne grâce les mains de ses poches pour se prêter à une séance de dédicaces improvisée. Ses mouvements ont la fluidité des gens ayant l?habitude d?être adulés.

L?homme est venu faire le plein de soleil. L?avant-veille, il était à Rodrigues pour mettre en boîte des images. «Nous sommes allés à l?île Hermitage et à Port-Sud-Est. Ces lieux serviront de décor aux versions karaoké des chansons de Tino Rossi que j?ai reprises.»

Quelques jours auparavant, il a séduit 35 000 personnes à la Réunion. Avant d?en conquérir 45 000 le deuxième soir. «Vous croyez que c?était des mémères qui étaient devant la scène en train de crier : Fredo je t?aime ?» Sa voix parlée a la même sonorité que sa voix chantée.

De près, son front est barré des trois plis d?une cinquantaine triomphante. Les tempes sont grisonnantes, les rides rieuses. L?homme parle avec les mains. «La longévité dérange, donc on fait tout pour me catégoriser.» Invité à réagir sur sa panoplie d?étiquettes : «chanteur de charme, crooner pour mémé, chanteur pour femmes démodé?» Frédéric François s?émeut. Avant de renverser les tables, en charmeur qui a la pratique des serpents. « Est-ce que la vie s?arrête à tout ce qui est à la mode ? Quand on me critique, on se moque aussi des goûts du public. Avec Johnny et quelques autres, nous faisons ce métier depuis plus de trente ans. Et alors ? Quand on vient dire aux gens qu?ils aiment quelqu?un de démodé, c?est oublier que nous avons tous besoin de repères. »

Qu?en est-il de ses racines à lui ? Frédéric François cite invariablement son père sicilien aimant chanter. Rappelle que l?état civil le connaît comme Francesco Barracatto, père de famille qui «a dû se partager en trente-six mille» pour vivre au grand jour «ses deux amours.» «J?ai accompli quelque chose qui me dépasse. Pour certaines personnes, je fais presque partie de la famille, celui qui est là pour les mariages, les soirées en amoureux.» D?où la progression. «Je me suis mis aux chansons d?amour universelles.»

De quoi voir calmer «mes angoisses qui sont ma fragilité.» Et lui permettre de voir venir avec compassion ceux «qui ont touché les étoiles au plus près.» Citant Jean Pascal (ndlr : finaliste de Star Academy I) « qui crée le feuilleton, » Frédéric François est contre le principe du succès immédiat tel que fabriqué par les émissions de télé-réalité. «Vous vous rendez compte. Ces jeunes sont engagés pour six mois et après plus rien. Pour moi, c?est une question de fierté. J?arrêterais de chanter le jour où je sentirais que je n?ai plus ma place. C?est trop humiliant de se faire jeter.»

Un sort qui n?est pas près de lui arriver. Frédéric François ne remplit-il pas l?Olympia tous les deux ans ? Autre marque de succès : la reprise de ses chansons. «Sur scène, je suis accompagné par les Waco, ceux-là même qui ont écrit pour Ophélie Winter et Saya. Il paraît qu?ils veulent reprendre Chicago.» Une heureuse reconversion ?

Publicité