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Frissons et frayeurs
Placée sous le signe de la nostalgie avec les départs à la retraite de Pete Sampras et Michael Chang, la dernière levée du Grand Chelem de la saison a sacré pour la toute première fois Andy Roddick, auteur d?un été de feu.
En l?absence des Williams, Justine Henin-Hardenne a dépassé ses limites pour s?adjuger son deuxième tournoi majeur, au terme d?une compétition perturbée par la pluie. Côté Français, la déception prédomine.
- Sampras, un génie tourne la page
L?émotion était au rendez-vous lors de la première journée du tournoi. Pete Sampras, recordman des victoires en Grand Chelem avec 14 titres à son actif, a fait ses adieux à la compétition.
Emu jusqu?aux larmes, l?Américain, qui avait déchaîné les passions en s?imposant l?an passé à Flushing, s?est finalement décidé après avoir tergiversé pendant un an. Un temps titillé par l?appel du circuit, Pistol Pete s?est finalement rendu à l?évidence : à 32 ans, la motivation n?était plus au rendez-vous.
Quoi de plus normal finalement après une carrière aussi riche, marquée par 7 Wimbledon, 5 US Open, 2 Open d?Australie, 5 Masters et 2 Coupe Davis. Recordman du nombre de semaines passées à la première place mondiale (268), Sampras va laisser un grand vide. Avec la retraite annoncée de Michael Chang, vainqueur de Roland-Garros 1989, le tennis américain tourne une page inoubliable de son histoire.
- La pluie rafle la mise
Les averses ont donné des sueurs froides aux organisateurs. De lundi à jeudi dernier, la pluie a considérablement perturbé le programme du tournoi, relançant ainsi la controverse sur les infrastructures de Flushing Meadows.
L?installation d?un toit amovible sur le central Arthur Ashe était ainsi au centre de tous les débats. Pour John McEnroe et Martina Navratilova, l?absence de solution est apparue scandaleuse. ?On se paie la tête des gens, du public et des joueurs?, a lancé Big Mac, indigné.
- Roddick fait parler la poudre
Le poulain de Brad Gilbert a vécu un véritable rêve en s?adjugeant son premier titre du Grand Chelem à New York. Un succès qui récompense sa régularité au plus haut niveau depuis sa défaite en demi-finale de Wimbledon face à Roger Federer.
Vainqueur coup sur coup des deux Masters Series de Montréal et de Cincinnati, Andy Roddick a réalisé l?exploit de remporter son 19e match consécutif face à Juan Carlos Ferrero. Non sans avoir sauvé une balle de match en demi-finale contre Nalbandian...
Intraitable au service, s?appuyant sur son énorme puissance de frappe et une confiance inébranlable, l?ancien élève de Benhabilès est devenu le deuxième joueur, après Stefan Edberg, à s?être imposé ici-même chez les juniors et dans le grand tableau.
Dixième joueur à remporter son premier tournoi majeur à Flushing, Roddick n?est semble-t-il pas apprécié par tous les joueurs du circuit, selon Ivan Ljubicic. Mais l?Américain préfère tracer son chemin sans polémiquer.
- La surprise Ferrero
On savait l?Espagnol irrésistible sur terre battue. On l?a découvert incisif sur dur. Adaptant son jeu à la surface requise avec des frappes beaucoup plus tendues, Juan Carlos Ferrero a impressionné par son jeu de jambes et sa force de percussion.
Libéré d?un poids depuis son sacre parisien à Roland-Garros, Mosquito s?est régalé face à Agassi en demi-finale. Bien plus confiant, il est allé chercher la victoire qui lui a permis de s?emparer de la première place mondiale au classement technique.
Quelque peu fébrile en finale et dépassé par la puissance de Roddick, il n?a toutefois pas grandchose à se reprocher. Son parcours new-yorkais lui a ôté tout complexe. La terre battue n?est plus son unique terre promise...
- La force argentine
Les Gauchos ont également animé cette quinzaine new-yorkaise, prouvant eux-aussi qu?ils ne se cantonnaient pas à leur ocre fétiche. A l?image de David Nalbandian.
Doté d?une belle intelligence de jeu, l?Argentin a réalisé un deuxième coup d?éclat après sa finale disputée à Wimbledon en 2002. Passant à un point d?une place de finaliste contre Roddick, il commence aujourd?hui à gagner le respect du circuit. Guillermo Coria, lui, a fait étalage de ses progrès. Battu par Andre Agasi en quart de finale, il a su relever le challenge américain.
- Hewitt ne s?en sort pas
Sorti en quarts par Juan Carlos Ferrero, l?Australien accumule les déceptions cette saison. Beaucoup moins précis et moins batailleur, l?ancien numéro 1 mondial est désormais relégué à la 7e place du classement technique.
Sa combativité et sa rage de vaincre ne semblent plus décourager ses adversaires. En perte de confiance, il ne cache pas ses faiblesses actuelles. Un passage à vide qui commence à traîner en longueur.
Sorti d?entrée de jeu à Wimbledon, au troisième tour à Roland-Garros et en huitièmes à l?Open d?Australie, Hewitt n?a pas trouvé les bonnes réponses à ses interrogations.
- Henin au bout de l?effort
En l?absence des Williams, la Wallonne n?a pas manqué l?occasion de s?offrir le deuxième titre du Grand Chelem de sa carrière, après son succès à Roland-Garros. Etonnante de résistance physique et mentale, elle a livré un combat épique contre Jennifer Capriati en demi-finale.
Tétanisée par les crampes et placée sous perfusion, la Belge a trouvé les ressources nécessaires en finale pour s?offrir, comme à Paris, le scalp de sa compatriote Kim Clijsters.
Cette dernière n?est pas parvenue à surmonter sa nervosité. Numéro 1 mondiale alors qu?elle n?a pas encore remporté le moindre tournoi du Grand Chelem, la compagne de Lleyton Hewitt doit absolument se faire violence pour soulever son premier trophée majeur.
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