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France : les locaux de Charlie Hebdo ravagés par un attentat
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France : les locaux de Charlie Hebdo ravagés par un attentat
Un incendie criminel a ravagé les locaux parisiens de Charlie Hebdo dans la nuit précédant la publication, mercredi par l''''hebdomadaire satirique, d''un numéro renommé "Charia Hebdo" et à la une, une caricature du prophète Mahomed.
L''incendie, qui n''a fait aucun blessé mais a partiellement détruit la rédaction du journal, a été déclenché par un jet de deux cocktails molotovs. La brigade criminelle, élite de la police judiciaire, a été saisie de cette enquête. Aucune piste n''est pour l''instant privilégiée.
Le directeur de la publication de l''hebdomadaire, Stéphane Charbonnier, établit un lien direct entre l''incendie et son "Charia hebdo». D''après lui, certains kiosques parisiens auraient refusé de vendre ce numéro de l''hebdomadaire. Le site Internet de l''hebdomadaire a également été piraté mercredi.  Charlie Hebdo avait déjà reçu des menaces en 2006 après avoir publié une série de caricatures danoises de Mahomed caricatures qui avaient déclenché de nombreuses manifestations dans le monde arabe, faisant au moins 50 morts.
Condamnations unanimes
"On aime ou on n''aime pas Charlie Hebdo, mais c''est un journal. La liberté de la presse est une liberté sacrée pour les Français", a déclaré le ministre de l''Intérieur Claude Guéant, qui s''est rendu sur les lieux du sinistre, dans le XXe arrondissement de Paris.
"Tout sera fait pour retrouver les auteurs de cet attentat parce qu''il faut bien appeler ça un attentat, et si certains croient pouvoir imposer une façon de voir dans la République française, (...) eh bien ils se trompent", a-t-il ajouté.
Claude Guéant a précisé que toutes les pistes étaient examinées. "Il est vrai qu''un certain nombre de messages de menaces qui ont été reçus par Charlie Hebdo amènent à ne pas négliger (la) piste" des musulmans intégristes, a-t-il indiqué.
De nombreuses voix politiques, religieuses et associatives ont condamné de concert cet attentat, perçu comme une atteinte à la liberté d''expression. "Ce sont des attaques intolérables contre la liberté d''expression et une confusion totale sur le rôle de la satire et de la caricature ainsi que de sa place dans la culture de la presse française", a déclaré à l''Assemblée nationale le ministre de la culture Frédéric Mitterrand.
« Les fondamentalistes se rejoignent »
"Pour l''intolérance et le non-respect d''un principe essentiel de notre République, les fondamentalistes se rejoignent", a-t-il ajouté, évoquant les groupuscules de chrétiens intégristes qui perturbent depuis deux semaines les représentations d''une pièce de Romeo Castelluci au Théâtre de la Ville. Plusieurs partis de gauche, le Modem et le Front national ont également condamné cet incendie criminel.
"Aucune atteinte à la liberté de la presse ne peut être acceptée. Encore moins quand elle prend des formes violentes et destructrices", a écrit dans un communiqué François Hollande, candidat socialiste à l''élection présidentielle de 2012.
Les organisations musulmanes ont pour leur part dénoncé cet incendie tout en déplorant le choix éditorial de Charlie Hebdo."Conscient de la place qu''occupe le Sacré dans les coeurs des musulmans, le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) déplore vivement le ton très caricatural du journal à l''égard de l''islam et de son prophète mais réaffirme avec force son opposition totale à tout acte et à toute forme de violence", écrit l''institution dans un communiqué.
Privée de ses bureaux et de ses ordinateurs, l''équipe de Charlie Hebdo s''est réfugiée dans les locaux du quotidien Libération, l''un des nombreux média à lui avoir offert "l''asile journalistique".
(Source : Reuters)
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