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France Albert René mate l?opposition au service national
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France Albert René mate l?opposition au service national
La situation est confuse aux Seychelles après les manifestations anti-gouvernementales des derniers jours. Elles expriment une vive opposition, venant principalement des milieux estudiantins, au projet de création d?un service national obligatoire dans lequel seraient embrigadé, même contre leur gré, adolescents et adolescentes. Les écoles sont fermées après des émeutes comprenant routes barricadées et incendie de voitures. En revanche, 6 000 partisans du président France Albert René descendent dans la rue pour soutenir son régime. L?armée seychelloise procède à l?arrestation d?une quinzaine d?opposants. Ils sont accusés de participation à des actes de vandalisme. France Albert René subodore l?existence d?un complot visant à renverser son régime. L?unique quotidien, évidemment pro-gouvernemental, The Nation, parle de nouvelle victoire du peuple seychellois contre le néo-colonialisme, l?impérialisme international et l?exploitation capitaliste. Les opposants sont, bien sûr, traités d?ennemis du socialisme. France Albert René accuse aussi les milieux réactionnaires de se cacher derrière de jeunes collégiens innocents pour tenter de renverser le cours de l?Histoire et museler le peuple. ?Tant que le peuple exprimera sa volonté, le pays marchera. Les Seychellois peuvent s?exprimer à travers les députés et les membres du parti unique?, rappelle leur président.
France Albert René consent toutefois à modifier son service national obligatoire. Initialement, il devait être obligatoire et s?effectuer à Coëtivy, une île située à environ 250 km au sud-sud-est de Mahé. Il pourrait être désormais volontaire (dans la mesure où ce mot conserve encore un sens au sein d?une dictature) et se faire à Mahé, l?île principale de l?archipel des Seychelles.
France Albert René rentre émerveillé d?une visite en Chine populaire. Il souhaite instaurer une discipline à la chinoise aux Seychelles.
A Maurice, la disparition de deux chèques municipaux commence à défrayer la chronique et à rendre encore plus délicate la stratégie de certains politiciens. Le conseil municipal de Beau-Bassin/Rose-Hill doit ajourner prématurément ses travaux, faute de quorum. Il tenait sa dernière réunion trimestrielle pour 1979 et devait examiner une motion de Jean Claude de l?Estrac, blâmant le maire S. Aumeerally et l?ancien président de la commission des Finances, M. Gaëtan Raynal, pour la disparition inexpliquée de deux chèques à la fin de juillet 1979. La motion a été présentée en août de cette année mais n?a pu être examinée plus tôt. Au moment où doivent être examinées les motions des membres, les conseillers de l?alliance PMSD-PTr, les conseillers indépendants et anciens militants MMM, Sheila Bappoo, Yves Desvaux et Anand Mulloo quittent la salle du conseil. Le nombre de conseillers présents n?est plus que de dix, contraignant le maire à ajourner les travaux, faute de quorum.
La situation est moins favorable pour le MMM en Cour Suprême qui condamne son secrétaire général, Paul Bérenger, à payer des dommages de Rs 60 000 au directeur de la SSS (State Security Service, aujourd?hui NDU), M. J. Fulena. Ce dernier le poursuivait pour diffamation. Il lui reproche d?avoir, lors d?un meeting à la cité Père-Laval, Quatre-Bornes, fait accroire qu?il a donné des instructions pour commettre un crime d?incendie (celui du bâtiment du ?Mauricien?, ravagé par les flammes le 8 janvier 1978) et l?assassinat d?un veilleur de nuit (Yves Bedos). Pour sa défense, Bérenger expliqua que de bonne foi il a cru dans les informations que lui ont fournies Jean Paul Sheik-Hossen et Yves Bedos, concernant cet incendie. Il a présenté ses excuses quand il s?est rendu compte qu?il avait été induit en erreur. Les juges Yves Espitalier-Noël et Philippe de Ravel font ressortir que Bérenger doit assumer ses responsabilités dans la diffusion d?informations erronées. Ils se déclarent aussi insatisfaits de la sincérité des excuses présentées à M. J. Fulena.
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