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François Rossolin : Les essences d?un homme
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François Rossolin : Les essences d?un homme
Frangipanier, letchis, ylang ylang, vanille, vétiver : ces effluves embaument sa boutique artisanale, jouxtant la piscine de l?hôtel Le Vieux Cep à Cilaos. Dans cet antre, ces plantes vantent leur charme et enchantent. Aujourd?hui, elles n?ont plus de secret pour François Rossolin, 47 ans. Tel un magicien, il extrait leur suc pour les métamorphoser en eau de toilette, sels de bain, gels douche, huiles essentielles ou encens? Agile et rapide, le voilà qui s?adonne aussi à l?empaquetage et ficelle vigoureusement le goulot d?un flacon contenant des granulés ocre qu?il place à côté d?autres petites bouteilles sur une table.
Mi-artisan, mi-parfumeur, il s?attelle à la tâche avec passion. Et pourtant, cet homme originaire du Tampon souhaitait au départ faire carrière dans l?architecture. Le sort en a décidé autrement. « Au lieu de construire des bâtiments, ce sont aujourd?hui des parfums que je confectionne », dit-il d?un air amusé, en caressant son vieux rêve d?enfant. Ce flash-back sur son passé, le fait sourire. Il est surtout rempli de petites anecdotes distillées par un heureux hasard?
<B>Percer le mystère des arômes</B>
Choyé par son père Guy et sa mère Marie-Rose, et grandissant au milieu d?un frère et d?une s?ur, François Rossolin complète ses études à l?école St-Charles. Après avoir atteint sa majorité, il s?enrôle dans l?armée en France. Son service militaire dure une année. En mars 1978, il met le cap sur la Belgique, sur la ville de Ronse, plus précisément, où il croise quelques amis réunionnais.
Quelques mois plus tard, il décide de devenir infirmier. Sa formation dure deux ans. Entre-temps, il prend de l?emploi dans un hôpital. Tout semble aller pour le mieux, jusqu?au jour où des complications de santé surviennent. « J?avais le ventre de plus en plus dur. Je me suis renseigné auprès d?une institution médicale ? le centre Azaire ? en Belgique et j?ai commencé à y suivre un traitement à base d?extraits de plantes », confie-t-il. Au fur et à mesure qu?il poursuit son traitement, les émanations aromatiques l?intriguent, le perturbent. À tel point qu?il veut percer leur mystère, se jeter dans les méandres de leur fabrication.
Suivant alors une nouvelle formation mais en diététique, il est appelé à gérer le stock des produits du centre, en partie importés du Brésil. « Ce que je découvrais au fil des jours était tout simplement passionnant, surtout les huiles essentielles. L?une d?elles a même provoqué une pointe de nostalgie. C?était le géranium. Cela a fait défiler des images de la Réunion dans ma tête. Il y avait aussi l?essence de l?ylang ylang », raconte François Rossolin. La même année, il rencontre Ada, une Hollandaise, chez des amis. Il tombe amoureux d?elle et l?épouse quelque temps plus tard. En 1988, cette dernière donne naissance
à leur premier enfant, Emma. Un an plus tard, le couple rentre à la Réunion. Retrouvant sa ville natale, François Rossolin reprend contact avec les responsables du centre Azaire et devient leur représentant dans l?île S?ur. Il se perfectionne aussi dans la phytothérapie et apprend à son tour à fabriquer les huiles essentielles dans un atelier de confection au Tampon.
Présentant ses produits lors des salons et des foires régulières, il se rend compte qu?il doit diversifier le marché : « À cette époque, l?huile essentielle faisait trop pharmacie ! Il fallait que je m?oriente vers d?autres produits. J?ai alors commencé à faire fabriquer des savons au miel. »
Très vite, la confection s?intensifie. Les savons sont fabriqués à base d?autres huiles essentielles. Après quelque temps, il se met à faire des gels douche, des sels de bain. Puis, c?est le parfum qui lui titille les narines. Quel est donc le secret de fabrication ? François Rossolin nous explique que ces arômes que nous prenons plaisir à vaporiser ne tiennent qu?à trois éléments capitaux : une eau déminéralisée, de l?alcool et une base de parfum contenant l?arôme en question. Le dernier composant est le plus important du trio. « C?est avec cela que l?on crée le parfum et on peut lui donner jusqu?à une cinquantaine de nuances », affirme-t-il.
<B>Une petite inhalation suffit pour vous conquérir</B>
Le temps de macération est aussi un facteur déterminant. Environ trois mois sont nécessaires pour fabriquer des parfums. Ces produits ne tardent pas à faire le tour de l?île. Tant et si bien qu?une partie est aussi exportée par le service livraison de Colipays. Depuis quatre ans, il s?occupe aussi d?un coin artisanal à l?hôtel Le Vieux Cep où il fabrique ses produits sur place, ce qui ne laisse pas les touristes insensibles. Une petite inhalation suffit pour vous conquérir. François consacre son temps libre à la musique et fait résonner sa batterie avec ses copains musiciens. Puis il prend aussi soin d?Emma, 14 ans, passionnée de danse classique et de Saskia, la petite dernière de trois ans. La relève est-elle assurée ? L?avenir le dira.
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