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Frais d?examens :Vers l?affrontement

11 février 2007, 00:00

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Tous les ingrédients sont réunis pour que le conflit autour de la subvention des frais d?examens du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC) débou-che sur un affrontement.

D?un côté, il y a les partisans du retour à l?ancienne formule de subvention à hauteur de 50 %. De l?autre, il y a le gouvernement qui se montre intransigeant .

La nouvelle formule vise à orienter davantage les subventions vers les cas les plus méritants, selon des critères bien spécifiques. Conséquence, il n?y a pas de suppression de la subvention, mais certains parents n?y auront plus droit, d?où la résistance qui s?organise.

Après des syndicats du secondaire et des partis politiques qui ont déjà constitué une plate-forme contre l?annulation de la subvention de 50 %, hier c?était au tour des parents et des élèves de rentrer en scène.

Si d?ici samedi, le gouvernement campe sur sa position, une nouvelle réunion est prévue au collège du St-Esprit. Si cette mobilisation ne donne aucun résultat, une résolution sera passée pour une participation à la marche de protestation prévue le 22 février.

<B>Un prétexte pour mobiliser</B>

C?est une réunion de l?Association parents - enseignants du collège du Saint-Esprit qui a servi de prétexte pour mobiliser tous les parents qui désirent, eux aussi, se joindre au mouvement de mobilisation contre la nouvelle formule de subvention. « D?habitude, la réunion de l?association réunit à peine une centaine de personnes. Cette fois-ci, il y en a entre 250 et 300 », explique Christian Lecordier, le président de l?Association parents-enseignants du collège du Saint Esprit.

« La subvention totale pour les ménages avec un salaire mensuel de Rs 7 500 est une farce. » Le principal argument de Christian Lecordier, c?est que l?exclusion des ménages avec un salaire de plus de Rs 10 000 mensuellement expose un certain nombre d?élèves à compromettre leur chance de participer aux examens de fin d?études secondaires. « Que se passe-t-il si l?enfant échoue, s?il doit recomposer et qu?il y a un autre membre de la famille qui va prendre part aux examens de fin d?études ? »

André Li, membre de l?assistance, estime qu?il faut amener le gouvernement à comprendre le bien-fondé de cette mobilisation. « L?enfant est au centre de notre préoccupation. Il est inacceptable qu?a-près quatorze années d?études, en raison d?une possibilité de manque d?argent, un enfant se rende compte que ses chan-ces de prendre part à un examen de fin d?études sont compromises. À l?extrême, on pourrait envisager une subvention aux moyens d?une ponction volontaire des bénéfices des compagnies. »

Lyzie Ribot, parent et enseignante, a mis en garde contre la tentation de croire que le statut de collège d?élite est obligatoirement associé à aisance financière. « La réalité est tout autre. » Elle s?est demandé pourquoi aucune alternative n?a été encore trouvée à la collaboration avec Cambridge.

<B>Ils boycotteront le carnaval

Manon Numantaheb, élève au collège du St-Esprit, a fait un vibrant plaidoyer pour que les parents d?enfants des milieux défavorisés ne soient plus sujets à des jugements de valeur qui ne tiennent pas toujours compte des sacrifices consentis.

Outre la réunion tenue dans cet établissement, les membres des conseils d?élèves des collèges privés et confessionnels se sont réunis à l?initiative de l?Union of Private Secondary Education Employees (Upsee). Ils boycotteront le carnaval organisé par le ministère de l?Éducation le 9 mars dans le cadre de la célébration de la fête de l?indépen-dance si le gouvernement ne rectifie pas sa position.

<B>L?ironie de l?histoire</B>

En 1976 presque un an après la manifestation estudiantine, le gouvernement, dirigé, par feu sir Seewoosagur Ramgoolam introduit l?éducation gratuite. Désor-mais, les portes des institutions secondaires, réservées jusqu?ici uniquement à ceux qui en avaient les moyens, sont alors ouvertes à tous.

C?est l?ère de la scolarité gratuite. Cependant, les frais d?examens restent à la charge des parents. Le 8 juin 1998, soit 22 ans après, le concept d?éducation gratuite franchit une nouvelle étape. Le gouvernement décide d?inscrire dans le discours du budget, lu à l?Assemblée par Vasant Bunwaree, le ministre des Finances à l?époque, une disposition pour que désormais, une subvention de 50 % des frais d?examens de fin d?études secondaires soit accordée à tous les candidats.

L?ironie de l?histoire a voulu que ce soit au cours du mandat actuel du même Parti travailliste que cette disposition soit revue, dans la lignée de la philosophie du budget 2006-2007. La subvention est certes maintenue, mais on ne peut plus en profiter automatiquement, car le contexte est totalement différent.

Le budget 2006-2007 a été conçu sous la contrainte d?une économie nationale malmenée par des facteurs extérieurs exceptionnels, notamment la baisse du prix du sucre sur le marché européen, et sur lesquels le gouvernement n?a aucun contrôle. Mais Rama Sithanen, le ministre des Finan-ces, n?a pas laissé son collègue de l?Éducation, Dharam Gokhool, seul face à des opposants à la nouvelle formule de subvention.

« Je dénonce l?hypocrisie de certains qui font semblant de ne pas voir les chiffres.

En 2006, les ménages qui touchaient moins de Rs 7 500 par mois ont reçu Rs 26 millions d?aide. Cette année, ce chiffre est passé à Rs 40 millions. Avec l?ancien système, seuls les bénéficiaires de la Social Aid, pouvaient prétendre au paiement de la totalité des frais d?examens de leurs enfants. Ce qui, en fait, ne concernait que 5 % de la population. Avec le système actuel, c?est 15 % des ménages qui en sont bénéficiaires. D?après nos statistiques, seuls 8,5 % des ménages peuvent être qualifiés de pauvres. »

Dharam Gokhool indique qu?avec l?ancien système de subvention, les deux tiers de l?aide allaient aux 75 % des ménages les plus aisés de la population. Rama Sithanen souligne qu?avec la rationalisation à laquelle l?ancien système a été soumis, le montant des subventions est passé de Rs 160 millions à Rs 41 millions. On aurait pu croire que le concept de ciblage des cas les plus méritants, pour ce qui est des frais d?examens, est une initiative du seul Parti travailliste. Le discours du budget pour l?exercice 2004-2005 prouve le contraire.

Au paragraphe 296 du discours prononcé par Pravind Jugnauth, le ministre des Finances d?alors, il est écrit : « Tragetting will also be extended to the subsidy on SC and HSC examination fees. Presently, all students benefit from a 50 per cent grant in respect of examination fees, irrespective of the income level of their parents. This grand will henceworth be limited to those with family income not exceeding Rs 30 000 a month. » Ce ciblage se situait dans le cadre du souci du gouvernement de l?époque de promouvoir une plus grande solidarité à l?égard des citoyens « who are at the lower rung of the income ladder ».

<B>La réplique de Dharam Gokhool</B>

Face à la mobilisation contre la nouvelle formule de subvention des frais d?examens secondaires, Dharam Gokhool (photo), ministre de l?Éducation, a choisi l?arme de la communication lors de la conférence de presse, hier matin au siège de son ministère. À l?adresse de ses adversaires qui parlent de suppression, Dharam Gokhool souligne qu?il s?agit d?une réorientation et d?un réaménagement des subsides, conformément aux directives du discours du budget 2006-2007. Chiffres à l?appui, il compare le nombre de personnes qui ont bénéficié de cette aide sous l?ancienne et sous la nouvelle formule. « Avec cette nouvelle formule, nous toucherons un nombre supérieur de ménages. » Dharam Gokhool explique que c?est la toute première fois que le secteur privé prend une part si active dans le financement des dépenses liées à l?éducation nationale. Il parle de « déclic » et invite ses détracteurs à ne pas se focaliser uniquement sur les effets de cette révision. Il cite, entre autres, les 40 000 contribuables qui ne paieront plus d?impôts, le transport gratuit qui permet à des familles de faire des économies de Rs 15 000 à Rs 20 000 par an, ou encore l?Empowerment Programme qui, fort d?un budget de Rs 5 milliards, vise à sortir les groupes vulnérables de la misère. Il n?a pas manqué d?égratigner au passage le MSM en se référant au discours du budget de l?exercice 2004-2005, où il était question de cibler les bénéficiaires de la subvention des frais d?examens.

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