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Frais d?examens : la grève maintenue

25 mars 2007, 00:00

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Loin de calmer les ardeurs, la formule de subvention des frais d?examens de fin d?études secondaires n?a fait que raviver les passions. Une importante réunion des membres qui constituent la plate-forme mise en place pour le maintien de la subvention universelle fixée ce lundi au Centre Marie-Reine de la Paix va déterminer la marche à suivre.

Mais d?ores et déjà le ton est donné par Yahya Paraouty, principal animateur de cette plate-forme. « De toutes les façons, l?ordre de grève des élèves prévu pour le 30 mars au Champ de Mars est maintenu. » À l?écouter, la situation risque de se corser davantage si jamais la plate-forme n?obtient pas satisfaction. Yahya Paraouty n?écarte pas la possibilité que le dossier relatif aux subventions des frais d?examens soit officiellement soumis à l?analyse de l?Union of Private Secondary Education Employees. Ce syndicat regroupe les enseignants des collèges secondaires privés.

Que ce soit du côté de Yahya Paraouty ou de Christian Lecordier, président de la plate-forme citoyenne sur l?éducation, ils reconnaissent que la nouvelle formule proposée par le Conseil des ministres vendredi, est un pas en avant. Et pour cause. Cette formule qui excluait jusqu?ici les foyers qui touchent un salaire combiné de Rs 10 000 mensuellement, fait bénéficier aujourd?hui ces derniers d?une subvention de 25 % sur les frais d?examens. Ceux dont les salaires se situent entre les Rs 7 500 et Rs 10 000 sont soutenus à hauteur de 50 % à condition qu?ils présentent plus d?un enfant aux examens. La formule accorde une subvention totale pour les foyers dont les revenus mensuels ne dépassent pas les Rs 7 500.

Cependant, ils ne cachent pas leur déception respective. Mais pas pour les mêmes raisons. Yahya Paraouty est d?avis qu?il y a eu des tentatives pour faire capoter la marche organisée vendredi dans les rues de Centre-de-Flacq. Cette rencontre, qui avait tout le potentiel pour réunir autant sinon plus d?élèves que la manifestation organisée à Port-Louis, n?a attiré qu?un millier de personnes sinon un peu plus.

À Port-Louis, les organisateurs étaient généreusement gratifiés d?une affluence estimée entre 5 000 et 6 000 personnes. « La décision de la direction de deux collèges de libérer leurs élèves me paraît suspecte. D?ailleurs, je me propose de saisir la Private Secondary Schools Authority pour faire la lumière sur les conditions dans lesquelles ces deux collèges ont décidé de faire partir leurs élèves. Le témoignage de certains élèves nous permet de conclure qu?il y a eu une tentative de boycotter cette manifestation », explique-t-il d?un ton amer.

Même s?il trouve des raisons de satisfaction dans la nouvelle formule, Christian Lecordier est un homme inquiet. « Tout en reconnaissant le fait que le Premier ministre ait prêté une oreille attentive à nos propositions et qu?il a évolué dans une marge de man?uvre assez restreinte, je ne peux m?empêcher de penser à l?avenir. D?où ma proposition d?instituer un comité regroupant des personnes totalement indépendantes afin d?examiner la question des frais d?examens et d?arriver à une solution acceptable par tous et ce, à tête reposée. »

Les jours à venir risquent d?être très chauds pour les protagonistes du secteur de l?éducation.

SUBVENTION DES FRAIS D?EXAMENS

Rs 150 millions allouées par l?État

La dernière version de la subvention des frais d?examens a été entérinée lors des travaux du Conseil des ministres de vendredi. Elle consiste à subventionner totalement les frais d?examens de fin d?études secondaires (School Certificate et Higher School Certificate) pour tous les élèves dont les parents perçoivent un salaire qui ne dépasse pas les Rs 7 500 par mois ou qui bénéficient déjà d?une allocation sociale, d?une allocation chômage ou d?une pension de base. Les foyers où les salaires se situent dans la fourchette de Rs 7 500 à Rs 10 000 et où plus d?un élève va prendre part aux examens, sont éligibles à une subvention de 50 %. Tous les autres élèves ont droit à une subvention de 25 % des frais d?examens.

Le Conseil des ministres évalue la nouvelle formule de subvention entre Rs 140 millions et Rs 150 millions. Cette somme a été réunie grâce à une ponction du budget de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MPTA).

« Il était pratiquement impossible de faire une ponction de cette somme dans les budgets des ministères dont celui de la Santé, entre autres. Il a fallu trouver cet argent là où il est disponible. Dans un élan de solidarité nationale, les secteurs du tourisme et des banques ont été pressentis pour nous permettre de trouver cette somme », a indiqué Rama Sithanen, ministre des Finances.

Dans une déclaration à l?express du 11 février, le ministre des Finances faisait le point sur le coût des subventions : « Je dénonce l?hypocrisie de certains qui font semblant de ne pas voir les chiffres. En 2006, les ménages qui touchaient moins de Rs 7 500 par mois ont reçu Rs 26 millions d?aide. Cette année, ce chiffre est passé à Rs 40 millions. Avec l?ancien système, seuls les bénéficiaires de la Social Aid pouvaient prétendre au paiement de la totalité des frais d?examens de leurs enfants. Ce qui, en fait, ne concernait que 5 % de la population. Avec le système actuel, c?est 15 % des ménages qui en sont bénéficiaires. D?après nos statistiques, seuls 8,5 % des ménages peuvent être qualifiés de pauvres. »

Rama Sithanen avait qualifié l?exercice de rationalisation du système de subvention des frais d?examens en cour. Ce qui, a-t-il souligné, a abouti à une réduction de cette enveloppe qui est passée de Rs 160 millions à Rs 41 millions.

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