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Fragile à l?écran

1 août 2003, 20:00

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«Mon p?tit Lou adoré, je voudrais mourir un jour que/tu m?aimes.» En avril 1999, Marie et Jean-Louis Trintignant, la fille et le père, sont sur la scène du Théâtre Hébertot, à Paris, pour jouer Poèmes à Lou, de Guillaume Apollinaire. La voix grave et douce de Marie dit l?amour, comme elle le fait depuis le début de sa carrière, commencée en 1967 en compagnie de ses parents : Marie Trintignant a cinq ans quand elle apparaît aux côtés de Jean-Louis Trintignant dans Mon amour, mon amour, le premier film réalisé par sa mère, Nadine Marquand.

Depuis, l?actrice s?est illustrée dans près de 60 films et téléfilms. Ces derniers sont souvent des affaires de famille menées avec Nadine et Vincent, son frère, assistant réalisateur. Celle qui voulait devenir vétérinaire a tenu des rôles de femmes déglinguées et fragiles, depuis l?adolescente muette de Série noire, d?Alain Corneau, avec Patrick Dewaere, en 1978, jusqu?à la mythomane de Comme elle respire, de Pierre Salvadori, en 1998. En 1992, elle obtient le prix Arletty pour son rôle d?alcoolique dans Betty, de Claude Chabrol. Les réalisateurs ont aussi fait d?elle une nymphomane (Cible émouvante, de Pierre Salvadori, en 1993), une belle menteuse (Les Apprentis, du même réalisateur, en 1995) ou, la même année, une fétichiste kleptomane dans Le Cri de la soie, d?Yvon Marciano.

Marie Trintignant est la mère de quatre garçons, nés de trois amours différents : Roman, 17 ans, est le fils de Richard Kolinka, ancien du groupe Téléphone. Paul, 15 ans, est celui du comédien François Cluzet. Samuel Benchetrit, metteur en scène, est le père des deux derniers, Léon (7 ans) et Jules (5 ans).

Nathalie Guibert

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