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Foncièrement explosive !

27 juillet 2008, 00:00

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L?octroi des Pas géometriques de Bel-Air à la CMT, les nouvelles conditions de bail des campements sur la côte, les nouveaux taux à venir pour les baux des hôtels et autres industries sur les terres de l?État, la prolifération des IRS et le projet de villages agricoles ont un point commun : la terre. Elle est l?objet de toutes les convoitises, au point d?être devenue une vraie foire d?empoigne !

Une des réponses à la crise du sucre a été la recherche d?une exploitation alternative du capital foncier sous culture de la canne. L?alternative trouvée a été le développement des « Integrated Resorts Schemes » (IRS) ? résidences de luxe visant essentiellement les riches étrangers. Aujourd?hui, tous ceux qui possèdent des terres sont pris d?une réelle frénésie pour les IRS, au point où ce « scheme » est présenté comme la panacée du développement socio-économique national. Or, ce n?est pas le cas, notamment en raison de sa nature « one-off ». Les IRS constituent certainement un des pôles de développement dans l?actuelle transition économique. Moyennant toutefois qu?ils s?intègrent dans un plan d?aménagement du territoire cohérent et visionnaire.

Par ailleurs, le concept d?intégration socio-spatiale doit réellement être au c?ur de tout projet IRS pour que les populations des localités avoisinantes puissent en tirer des bénéfices.

Nombreux sont ceux qui pensent qu?il faut donner un coup de frein à cette frénésie des IRS qui est porteuse de dynamiques dangereuses, en raison tant des pressions qu?elle va faire porter sur les services et infrastructures publics que des profondes frustrations sociales qu?elle va engendrer au sein de la population mauricienne. Déjà un sentiment grandissant d?être envahis et d?être « dépossédés » par de riches étrangers se propage de manière sournoise. Dans leur sagesse, ils mettent en garde contre les effets pervers d?une overdose d?IRS.

La crise alimentaire est venue remettre à l?agenda l?importance d?une réelle politique agricole, et donc d?un rééquilibrage dans l?exploitation de nos terres. La Com-pagnie sucrière de Médine a apporté avec son plan directeur des terres 2005-2025 un bel exemple d?aménagement équilibré. Puisse ce plan être une source d?inspiration pour « regarder près tout en voyant loin ». Le budget 2008-2009 fait la part belle à la politique agricole, avec la création d?un fonds de Rs 1 milliard. Quant au logement, est-il nécessaire d?insister sur le besoin de terres pour les différentes catégories de la population ? Dans un pays qui veut faire du développement durable un de ses credos, il faut certainement penser et agir pour améliorer la qualité de l?habitat des Mauri-ciens. Cela passe par la recherche ac-tive de terres autour de nombreux villages et faubourgs urbains, qui sont en train déjà de s?asphyxier, pour aménager des aires dotées d?infrastructures sportives et de loisirs.

Voyons maintenant le littoral. La politique initiée il y a deux ans sur les baux des campements était « long overdue ». Dans une petite île qui mise sur le tourisme balnéaire comme moteur de croissance, le simple bon sens veut que l?État optimise l?exploitation de cette denrée rare que sont le linéaire côtier et les terres qui s?y trouvent. Il suffit de comparer la contribution d?un groupe de campements ? espace de loisir familial ? au développement socio-économique du pays avec celle d?un hôtel (à superficie égale) pour comprendre le bien-fondé de la politique sur les campements. Que ceux qui veulent profiter de cet espace ludique y mettent le prix. C?est la loi de la rareté. Pour contester la décision du gouvernement, les opposants à la nouvelle politique se sont cachés derrière des cas spécifiques, dramatiques certes, pour s?accrocher à leurs privilèges et essayer de défendre l?indéfendable.

Heureusement que peu à peu, le bon sens est en train de prévaloir.

La révision à la hausse du prix des baux des hôtels notamment, est de nouveau dans l?actualité. Lors du renouvellement du bail d?un hôtel de l?Est, érigé sur une superficie d?environ 90 arpents, quand il avait été annoncé que le loyer annuel passerait de Rs 750 000 à Rs 55 millions, certains avaient crié au scandale. Or le vrai scandale, c?étaient les taux dérisoires qui étaient en cours. À un moment où l?État a un grand besoin d?argent pour des investissements, cette révision s?alignant sur les réalités dumarché est logique. Qu?il faille donner aux entreprises hôtelières un « brea-thing space » pour qu?elles intègrent les nouveaux loyers dans leurs « business plans » est très compréhensible. Mais les entrepreneurs doivent comprendre que le temps des subventions et de l?assistanat est révolu. Il faut qu?ils s?y préparent, comme le font les citoyens consommateurs.

Pendant trop longtemps, et trop souvent, l?octroi de baux sur les terres de l?État a été un véritable acte de dilapidation du patrimoine public. En effet, une fois le terrain obtenu, le bénéficiaire n?avait qu?un seul objectif : revendre le bail et empocher des dizaines de millions de roupies. Aujourd?hui encore, il y a de nombreux sites qui sont bloqués par des pseudo-promoteurs. Depuis quelque temps, les autorités essaient de durcir les conditions entourant l?octroi des baux pour mettre un terme à des pratiques inacceptables. La transparence la plus totale et un traitement équitable doivent être les deux principes sacrés régissant les différents aspects de la gestion des terres de l?État.

L?État a la responsabilité d?assurer un aménagement et une gestion équilibrés du territoire national pour concilier les impératifs du développement des différents secteurs économiqueset les divers besoins sociaux : logement, habitat et espaces de loisirs. Eu égard aux dynamiques en cours, il s?agit d?être « proactif » pour prévenir une situation foncièrement explosive !

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