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Foison de superlatifs pour le lancement de l’Airbus A380

20 janvier 2005, 00:00

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Airbus a célébré en grande pompe le lancement de l’A380, son très gros porteur capable de transporter au moins 555 passagers, devant quelque 5000 invités réunis à Toulouse, dont les quatre chefs d’Etat et de gouvernement des pays participant à ce projet pharaonique.

Au terme d’un spectacle onirique de plus d’une heure, qui retraçait les 35 ans d’existence d’Airbus, Jacques Chirac, le Premier ministre britannique Tony Blair, le chancelier allemand Gerhard Schröder et le président du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero ont tour à tour pris la parole pour saluer l’une des plus spectaculaires réalisations européennes.

Il incite ses concepteurs à l’usage de superlatifs: plus gros avion de ligne du monde, il permettra de couvrir une distance allant jusqu’à 15000 kilomètres.

En version “charter”, ce quadrimoteur à double pont pourra transporter jusqu’à 853 passagers, ce qui constitue également un record. Des dizaines d’aéroports à travers le monde dépensent ainsi des millions pour adapter leurs capacités d’accueil à la taille de l’appareil.

“Ce succès est celui d’une ambition, celle de la politique industrielle européenne qui a contribué à faire d’Airbus le premier constructeur mondial”, s’est félicité le président de la République Jacques Chirac. Prenant à son tour la parole, Tony Blair a estimé que la naissance de l’A380 était “la démonstration qu’avec de la confiance en nous, nous pouvons gagner en commun de grands défis internationaux”.

<B>Élargir EADS</B>

Gerhard Schröder a salué à son tour “une journée historique pour l’Europe car c’est le triomphe de son univers aéronautique”. “Mais je voudrais aussi que cette industrie européenne maintienne sa présence sur ses marchés. Le navire European Aeronautic Defence and Space Company (EADS) n’est pas encore plein, il faut prendre à bord d’autres partenaires. Je pense notamment à la Russie”, a-t-il dit. EADS, la maison mère d’Airbus avec une participation de 80%, composée d’industries aéronautiques de trois pays (France, Allemagne et Espagne) est souvent présenté comme le modèle de réussite des fusions transeuropéennes, malgré la guerre des chefs entre Philippe Camus, actuel co-président d’EADS et Noël Forgeard, président d’Airbus, qui a été mal perçue outre-Rhin. Noël Forgeard, qui succédera à Philippe Camus cet été, a indiqué récemment qu’il comptait vendre 700 à 750 exemplaires de l’A380, ce qui devrait rapporter plus de 150 milliards de dollars sur la durée du programme, sur la base d’une prix de vente unitaire moyen estimé à quelque 200 millions de dollars.

Le constructeur européen a déjà reçu 139 commandes de la part de 13 compagnies aériennes dans le monde – 149 en comptant une lettre d’intention signée par le groupe de messagerie américain UPS pour dix appareils dans sa version fret.

<B>De nouveaux projets</B>

Jacques Chirac a plaidé pour que l’Europe prenne exemple sur la réussite de l’A380 pour coopérer dans d’autres domaines, suggérant que ce qui a été fait dans le domaine aéronautique le soit dans “l’énergie du futur, les transport et les télécommunications de demain” et aussi dans “les médicaments de l’avenir”.

Jose Luis Rodriguez Zapatero a semblé répondre à l’appel du président de la République en assurant que l’Espagne était prête à accroître sa participation dans d’autres projets industriels européens. Arnaud Lagardère, gérant du groupe Lagardère, actionnaire à hauteur de 15% d’EADS, a déclaré de son côté qu’une “nouvelle génération d’entrepreneurs” était prête à s’impliquer dans d’autres projets “aussi fédérateurs que l’A380”.

Airbus doit vendre au moins 250 exemplaires de cet appareil pour rentabiliser ce programme, lancé en décembre 2000 sous le nom de code A3XX, dans lequel il comptait initialement investir 10,7 milliards d’euros mais qui pourrait finalement coûter plus de 12 milliards en raison de dépassements.

<B>Jean-Michel Bélot

Nicolas Fichot</B>

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