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Flou autour des circonstances de l?incendie de Stanley
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Flou autour des circonstances de l?incendie de Stanley
Une maison en bois et tôle a pris feu à Buckingham, Stanley, hier. Jason Choolye, deux ans, y a trouvé la mort. Sa mère, Sheila, s?est rendue au dispensaire et a confié le nourrisson à son grand-frère. Mais lorsque le feu éclate, ce dernier quitte la maison pour chercher du secours et laisse son frère derrière lui?
La maison dans laquelle résonnaient des rires d?enfants n?est plus. Dans la cour des Mansoor au chemin dit « Mémoire » à Buckingham, des tôles noircies et tordues témoignent de l?intensité des flammes qui y ont sévi. Une odeur acre de fumée flotte encore dans l?air. Là où vivaient les familles Choolye, Laboucherie, Parmasse et Castel.
«Mo latet pe ale. Monn perdi mo zenfan. Refrigerater, television, video-kaset, larmoir, lili, tou inn plat. Narien pas finn reste », déclare Antoine Choolye, 39 ans. Une casquette vissée sur le crâne, le père de Jason, âgé de deux ans et innocente victime du sinistre, contemple le désastre avec désolation. Du jour au lendemain, il se retrouve à la rue, ainsi que les trois autres familles qui partageaient la maison incendiée. Et les causes de cet incendie restent un mystère.
Les dernières personnes à avoir vu Jason vivant sont Prakash Dowlul et Stevie Oh-Sheng, qui habitent le voisinage. Les deux hommes rentrent du travail vers 15 heures quand ils remarquent une fumée noire émanant du quartier. Ils courent jusqu?au chemin « Mémoire » et aperçoivent la maison en flammes.
SURVEILLÉ PAR SON GRAND FRÈRE
« Zenfan la ti dan enn lasam, la flam ti otour li. Li ti pe kriye ek plore. » Les deux hommes tentent de pénétrer dans la partie de la maison encore intacte mais la toiture au-dessus de la pièce où se trouve Jason s?écroule aussitôt. « Nounn bisin fer marche arrière. Si nou ti arrive enn de minite avant, nou ti pou reusi tire li. Malsans ti are nou et ar zenfan la. »
Si Antoine ignore tout des circonstances du drame, Sheila, sa femme âgée 24 ans, explique que, souffrant d?hémorragie, elle a dû se rendre au dispensaire. Elle a ainsi laissé Jason sous la surveillance de son grand frère âgé de 16 ans. Au moment où elle quitte le domicile, Kevin regardait la télé et Jason était dans un profond sommeil. Leurs trois autres enfants, Michael, six mois, Stéphane, quatre ans et Nicolas, six ans, se trouvent pour leur part chez un parent.
A l?heure où le sinistre éclate, Antoine Choolye est sur un chantier de la localité où il travaille comme man?uvre-maçon. Kevin, son grand frère de 16 ans, vient le trouver pour l?avertir de l?incendie et laisse par conséquent, Jason seul.
Le chef de famille range ses outils à la hâte, enfourche son vélo et quand il arrive devant chez lui, il n?en revient pas. La maison où il cohabitait avec trois autres familles s?est écroulée comme un château de cartes. Son épouse Sheila, 24 ans, gît inconsciente chez le voisin d?à-côté et doit être transportée à l?hôpital Victoria, Candos. Et son fils de deux ans n?est plus qu?un cadavre calciné alors que le Dr Satish Boolell donne des directives pour déplacer le corps.
L?autopsie de l?enfant pratiquée dans l?heure qui suit par le Dr Boolell, à la morgue de l?hôpital Victoria, Candos, attribue le décès au choc causé par des brûlures excessives.
A sa s?ur aînée, Marilyn Sylvie, venue le soutenir dans ces moments pénibles, le chef de famille raconte : « Enn sel linz mo reste zordi », dit-il en désignant son t-shirt et son pantalon en toile. « Pa fer narien », réplique son aînée, au bord des larmes, « linge, zafer, lakaze to pou retrouve. Seki pli trist seki to zenfan ine brile et sa zame to pou retrouve ».
Averti du malheur des Choolye, le Premier ministre, Paul Bérenger, leur rend visite à Buckingham. Les funérailles de Jason Choolye devraient avoir lieu aujourd?hui.
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