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Fin des quotas sur le textile : La dernière chance

28 septembre 2004, 20:00

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Les pays producteurs de textile et de l’habillement auront les yeux braqués cette semaine sur des pourparlers à Genève. Le Council on Trade in Goods (CTG) de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se réunit vendredi prochain pour se pencher spécifiquement sur les implications de l’abolition des quotas sur le textile et l’habillement qui entrera en vigueur à partir de janvier 2005.

Un des points qui sera en discussion pourrait être une demande d’extension du système de quota. Maurice n’a pas explicitement fait de demande formelle en ce sens jusqu’ici mais il est clair que cela arrangerait beaucoup l’industrie locale.

Le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international, Jayen Cuttaree, avait dans une lettre au directeur de l’OMC, Supachai Panitchpakdi, réclamé une réunion d’urgence du CTG pour faire le point sur l’abolition des quotas. Le Bangladesh et le Népal devaient par la suite envoyer des lettres similaires.

Sur l’objection de l’Inde et de la Chine principalement, il a été convenu qu’il n’y aurait pas de réunion d’urgence mais que la question sera traitée à la réunion du CTG prévue le 1er octobre.

Si dans sa lettre, Jayen Cuttaree n’évoque pas l’extension du système des quotas, la Mauritius Export Processing Zone Association (Mepza) et la Mauritius-US Business Association (Musba) sont signataires de la déclaration d’Istanbul réclamant l’extension du système des quotas pour encore trois ans, soit jusqu’en décembre 2007.

La déclaration d’Istanbul a été signée par les associations de producteurs de textile et de vêtement de pas moins de 52 pays parmi lesquels des pays moins développés tels le Bangladesh, le Lesotho et Madagascar. Plusieurs pays développés, les États-Unis en tête, sont également signataires de la déclaration d’Istanbul qui a été envoyée au directeur général de l’OMC.

De nombreux observateurs, notamment ceux de la presse indienne, avancent ces derniers jours que Maurice, le Bangladesh et le Népal, de même que les autres pays en développement font le jeu des pays développés. Il est vrai que l’Inde tout comme la Chine, le Pakistan et le Brésil, sont parmi les plus ardents défenseurs de l’abolition des quotas. Les autorités mauriciennes se refusent à commenter cette manière de voir les choses.

Néanmoins, malgré cette coalition d’intérêts entre les pays riches et les pays pauvres sur la question du textile, il sera très difficile d’obtenir une prolongation du système des quotas. Si les associations de textile des États-Unis ou d’Europe réclament cette extension, telle n’est pas la position officielle des autorités responsables. Le United States Trade Representative, Robert Zoellick, avait clairement fait ressortir à son dernier passage à Maurice lors du sommet G90 que l’abolition des quotas devrait aller de l’avant comme prévu.

<B>Quotas ou pas quotas ?</B>

Il avait estimé équitable que des pays tels l’Inde ou la Chine obtiennent enfin le bénéfice de ce qui a été convenu et négocié depuis l’Uruguay Round. Son homologue européen, l’ancien commissaire au commerce, Pascal Lamy, avait lui aussi estimé qu’on ne pouvait remettre en question l’accord sur le textile et l’habillement.

Certes, il y a le discours officiel et les tractations de couloir. On peut aisément imaginer que les États-Unis, les champions du libéralisme, ne peuvent se permettre officiellement de réclamer la continuité du système de quotas.

Mais la pression se fait de plus en plus forte sur la Maison-Blanche qui a jusqu’ici résisté aux demandes de réintroduction de quotas du puissant lobby textile américain. Mais l’administration a quand même pris des mesures de sauvegarde sur certaines catégories spécifiques de produits textiles. L’industrie textile américaine juge cela nettement insuffisant pour contenir la déferlante des exportations chinoises et l’hémorragie des pertes d’emplois dans ce secteur sinistré.

La dernière offensive en date vient d’une nouvelle coalition d’organisations textiles, le China Currency Manipulation, qui demande au gouvernement américain de prendre des mesures de sauvegarde pour limiter les exportations de vêtements de Chine. Selon une étude de l’industrie textile américaine, la Chine contrôle 72 % du marché américain dans 29 catégories de vêtements où les quotas ont été abolis en 2002.

Citant une étude de la Banque mondiale, l’industrie du textile américaine fait ressortir qu’avec l’abolition des quotas, 30 millions d’emplois seront perdus dans les pays en développement ou les moins développés. Plus de $ 200 milliards de commandes risquent de changer de main au profit de la Chine, de l’Inde et du Pakistan, entre autres.

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