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Fin de vacances meurtrière

25 septembre 2004, 20:00

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Allongé sur un lit dans une clinique privée de la capitale, Isoop Madoobaccus, 54 ans, se remet lentement des blessures reçues lors du tragique accident survenu à Pailles, mercredi après-midi. La respiration difficile, le corps endolori, il a du mal à parler. « Monn gaign en kout dan lestoma. Li move fermal, pa kapav koze, pa capav manze narien », dit-il.

Le blessé se refuse toutefois à relater les faits. Il est visiblement encore sous le choc. Pour l?instant il souhaite simplement dormir et oublier ce drame.

« Mo latet fatige mo dir ou. » Employé comme chauffeur chez Ireland Blyth Ltd, Isoop Madoobaccus se dirigeait vers Quatre-Bornes lorsque le drame s?est produit à la hauteur de Sorèze. Il avait à bord de sa voiture un couple indien, Ravi Kumar et Sunita Madhavan.

« Pa kapav explike ki fin arive , parvient-il à dire d?une voix lasse. Mo finn nek trouv enn loto sorti depi lot lane, travers terre-plein ek fons direk lor moi. Apre pa konne, se enn trou noir. Move sok sa? » S?il s?en est sorti presque indemne, le bilan est lourd du côté des cinq occupants de la voiture qui est venue s?écraser contre la sienne.

Le véhicule était conduit par Sidhu Bhupinder, un étudiant pakistanais. Les médecins de l?hôpital Jeetoo n?ont rien pu faire pour le sauver. Il a succombé vers 21 h30 d?une fracture du crâne à l?Intensive Care Unit. Grièvement blessé, son ami Hussain Kashif, 24 ans, décédera d?une hémorragie avant d?avoir pu être transporté à l?hopital Jeetoo. Les deux victimes étaient accompagnées par deux de leurs compatriotes Araab Azam et Umar Ameen, tous deux âgés de 22 ans. Mohamad Zakir Samtally, 36 ans, était le seul Mauricien.

<B>Tout a tourney au cauchemar</B>

Pendant leur séjour, les quatre Pakistanais étaient hébergés par les Samtally, qui habitent Quatre-Bornes. Ayant étudié ensemble à l?université de Middlesex en Angleterre, ils s?étaient liés d?amitié avec Mohamad Zakir Samtally. « Ces vacances étaient projetées depuis longtemps », affirme un proche des Samtally. Ce devait être une belle récompense pour ces étudiants qui venaient d?obtenir leurs diplômes le mois dernier. Mais tout a tourné au cauchemar.

Vendredi après-midi, Mohamad Zakir Samtally, l?un des trois rescapés, était toujours hospitalisé à l?hôpital Jeetoo. « Il allait rendre visite à notre grand-mère maternelle à Port-Louis lorsque c?est arrivé. Il n?a eu que quelques blessures au visage et à la tête, mais à part cela, il va bien. Les médecins disent qu?il va s?en tirer », déclare un de ses cousins.

<B>Un dérapage inexpliqué</B>

« Mais ceux qui souffrent le plus aujourd?hui, ce sont les familles des victimes. C?est une véritable catastrophe », lance une tante de Mohamad Zakir Samtally.

Et qui d?autre que Yusuf Abdullatiff peut comprendre cette douleur ? Depuis qu?il a perdu sa fille Jahanara dans un accident de la route à Flic-en-Flac, il y a deux ans, il n?a de cesse de militer pour la sécurité routière. Il a d?ailleurs créé le Jarya Memorial Trust, une ONG dont il est le président. « Nous sommes encore plus anxieux. Nous attirons constamment l?attention des autorités sur les black spots? » Mais les autorités tardent à réagir. « Cela leur a pris deux ans pour installer des feux de signalisation à Flic-en-Flac, sur les lieux mêmes où notre fille est morte. » L?association a émis l?idée de mettre en place un Samu héliporté. Selon le président, cela pourrait aider à sauver davantage de vies.

Pour le moment, les enquêteurs ne s?expliquent pas encore les raisons du dérapage. Ils attendent les rapports d?expertise des voitures endommagées, ainsi que les dépositions de ceux qui ont été impliqués dans l?accident pour tirer leurs conclusions.

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