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Festival pe donn bal

9 septembre 2007, 20:00

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KOMIKO, ?LA VOIX DE LA SOCIETE?

Des spectateurs jusque dans les troisièmes. Cela faisait longtemps que le plus vieux théâtre de l?hémisphère sud n?avait pas connu cela. Ce public venu pour rire en a eu pour ses Rs 150 samedi.

Miselaine Duval ? l?auteur et metteur en scène a repris son nom de jeune fille ? nous a (encore une fois) concocté une de ces tragi-comédies dont elle a le secret.

Point de départ de Promes : la vie de couple, ses déceptions, ses attentes, ses infidélités. Sur scène, deux ménages qui se déchirent : Edna (Cindy Pierre) et Reynald (Didier Anthony) ne sont plus les mêmes depuis trois ans. Des époux devenus des étrangers. Une froideur ? nous le comprendrons plus tard ? qui a pour origine une l?infidélité pardonnée mais pas oubliée de Reynald.

Personnage hors-scène

Face à eux, la violence conjugale que vivent David (Alain Meunier) et Corine sa femme jouée par Dianne Casimir. Ces deux comédiens de Rodrigues sont en atelier de création chez Komiko depuis un mois. Saluons leur prestation convaincante, leur énergie dans la scène de violence conjugale. Avant de redire notre incompréhension face à ceux qui s?esclaffent devant le spectacle d?une femme battue (même pour de faux) par un homme. Le clou de l?affaire est que David en pince pour Edna et vice versa. Qu?il est violent à l?extrême envers Corine, une manière de la pousser vers la sortie. Alors que celle-ci résiste.

Pour pimenter le tout, Miselaine Duval a recours à un ressort à double tranchant : un comédien (Ludovic Félicité) installé dans la salle. Qui ne se prive pas pour dire le fond de sa pensée au fil de la pièce. D?exprimer en somme ce que bon nombre d?entre nous pense tout bas. Tout cela avec à-propos. Un toupet, ?enn foutan? que seul peuvent avoir les ivrognes.

Ressort de comédie efficace car le public s?est véritablement reconnu dans cette ?voix de la société? samedi soir. Un comédien également chanteur qui a su exploiter à fond le comique de situation, dès les premières notes de chansons appropriées : un séga qui parle de violence domestique, celui qui commence par ?Suicide zame ti enn solisyon? ou encore le ?Qui saura? de Mike Brant. N?hésitant pas à intervenir, en montant sur scène ou à précipiter le dénouement, en entreprenant d?aller chercher un personnage hors scène, pour qu?il voit la trahison qui se trame derrière son dos. Plus qu?une simple critique, Miselaine Duval signe là une comédie de m?urs qui nous fait à la fois rire et rire jaune.

Reprise jeudi 13 septembre à 20 heures

DARK CRYSTAL : NON A L?AVORTEMENT

Des convictions dites sans subtilités. Non à l?avortement. Dans une forme théâtrale qui reste classique, brouillon. Un théâtre qui joue à fond la carte du pittoresque ( Dark Crystal se rend-t-elle seulement compte de son effet couleur locale ?). pour sa nouvelle participation au Port-Louis Theatre festival, Luc Clair, un habitué du festival, nous propose une nouvelle pièce à thème de son cru. Pour parler cette fois d?avortement.

Certes, l?auteur, metteur en scène et comédien nous a habitués au style moralisateur. Celui où, le doigt en l?air et l?autre main sur la hanche, les personnages s?occupent plus de nous faire la leçon plutôt que de nous jouer une pièce de théâtre. Luc Clair et sa troupe ont récidivé avec Zafer Lakur Fami Beber. 

Il y a de cela quelques années déjà, Dark Crystal nous faisait faire la connaissance de la Fami beber. Beber étant le type même du ?bon bougre?, vivant dans sa misère quotidienne, avec une femme et des enfants à charge. Un ?bon bougre? porté sur la bouteille et qui, pour une raison importante est amené à commettre une action décisive.

Cette fois, Beber se retrouve dans le box des accusés. Pourquoi ? Il a frappé, ?avek enn diboi kare?, le médecin qui a pratiqué un avortement sur sa fille âgée de 15 ans. En cour, adieu vraisemblance. Place aux convictions affichées, martelées de Luc Clair (Beber). Beber se défend lui-même et pousse l?audace et la méconnaissance des procédures jusqu?à appeler à la barre ?l?avocat de la poursuite. 

Sacré Beber, prêt à tout, désespéré, mais jamais à court d?un bon mot. Car ce qui sauve la pièce de Luc Clair de ses longueurs (tel ce monologue interminable, au début, qui laisse trop longtemps le spectateur assis dans le noir devant des rideaux fermés), c?est bien ses dialogues pleins de gouaille, pleine d?expressions que l?on n?entend plus à Maurice. De quoi ? fer lagam lor nou mem?. 





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ACADEMY OF FILM & THEATRE, ?TRAITMAN FASON PANSE?

?Pei pe vir enba lao.? Voilà qui sonne familier, n?est-ce pas? Le leader maximo du pays imaginaire de Minocchio  a choisi de le redresser. En abolissant la liberté de penser. Traitement de choc pour tous ceux qui ne sont pas sur sa longueur d?onde. Parmi les cibles : Kamal, journaliste ?ki ekrir krikri dan lagazet Blue Sky?. 

Le tout dit en créole et bhojpuri. Un choix linguistique que les non bhojpuriphone (dont nous sommes ) déchiffre sans trop de mal. Aidé par la gestuelle appuyée  ? voire même un peu robotique ? des comédiens. Et des jeux de mots au premier degré comme les noms de l?assistant inspecteur Chikun et l?inspecteur  Gunya, éléments (façon SS) de la CIU 1.

Gros comique, caricature d?un leader politique aux tendances dictatoriales. Avec dans son entourage des sous fifres serviles au point d?en oublier toute dignité, tout libre arbitre. C?est là l?essentiel de Golmaal, présentée vendredi par l?Academy of Film & Theatre. Une équipe menée par Bulram Tacouri et ses faux airs hitlériens dans le rôle de Leader.

Parmi les ?crimes? reprochés à Kamal : le fait de porter un short, d?avoir un tas de livres mais pas un seul exemplaire des discours de Leader ou encore de ?trap guilass avek lame gos, lame ki servi pou??. Bulram Tacouri, auteur de la pièce sort littéralement l?artillerie?lourde. Pour une pièce burlesque, au rythme traînant, voire lent, qui prend beaucoup de temps pour s?installer. Et qui abuse du comique de répétition.

Reprise jeudi 13 septembre à 20 heures

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