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Fernando Morientes retrouve le Real Madrid

13 mars 2004, 20:00

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Si la vengeance est un plat qui se mange froid, Fernando Morientes aura de quoi se régaler en affrontant le Real Madrid en quart de finale de la Ligue des champions dans moins de quinze jours, avec Monaco.

Barré en club par la pléthore d?attaquants engagée par les Merengues, l?attaquant espagnol n?a eu d?autres choix que de partir en prêt l?été dernier au pied du Rocher. À contrecoeur, Morientes s?est donc résolu à quitter le club de son coeur pour retrouver son vrai niveau, tout en reconnaissant qu?il serait dur de déloger Ronaldo du poste d?avant-centre titulaire à la pointe du Real.

S?il pensait trouver un club sain et ambitieux à Monaco, il était loin de se douter qu?il arriverait la saison où le club princier allait jouer un football de rêve et tout emporter sur son passage. Car, jusqu?ici, « Nando » (comme le surnomment ses coéquipiers monégasques) n?a connu que du bonheur dans le championnat de France, en Ligue des champions et en Coupe de France.

À titre personnel, après s?être contenté de distiller des passes décisives à la pelle, il commence à marquer des buts les uns plus décisifs que les autres, lui qui a été recruté comme joker par l?ASM in-extremis, en remplacement de Shabani Nonda.

Aux côtés de techniciens aussi doués que Jérôme Rothen, Ludovic Giuly et Lucas Bernardi, Fernando Morientes se régale avec un jeu à une touche de balle et se rapproche à grands pas de l?équipe d?Espagne, son objectif avoué.

En fait, Morientes semble avoir vraiment pris conscience qu?il était « the right man at the right place » en assistant, en spectateur, au Louis II, aux côtés de son ami Raul, au carton historique Monaco-La Corogne 8-3, alors qu?il était blessé en octobre 2003. Ce soir-là, il était mort de rire à chaque but, des tribunes?

Quel joli clin d?oeil du destin de voir Morientes face à son pote de toujours, Raul, mercredi 24 mars prochain ! Neuf fois vainqueur de la compétition, le club merengue recevra le club de la Principauté au match aller.

« Il y aura la vérité du terrain »

« Il a joué pour nous pendant tant d?années, et ce ne sera pas facile pour lui. Mais c?est un professionnel et il fera tout ce qui est en son pouvoir pour contribuer à la victoire de son équipe », a déclaré le directeur sportif du Real, Emilio Butragueno.

L?homme par qui tous les succès sont arrivés en principauté, Didier Deschamps, estime quant à lui que Monaco n?aura « rien à perdre » contre le Real Madrid.

« Il est évident qu?il n?y a pas photo entre les deux équipes. Il faudra jouer le coup sans se poser de questions », a-t-il déclaré vendredi au centre d?entraînement de Monaco, juste après le tirage au sort des quarts de finale.

« On rencontre la meilleure équipe d?Europe. Ça fera deux super-matches à jouer. On n?aura rien à perdre face à une équipe qui a de l?expérience, du vécu, de grands joueurs. Il y aura la vérité du terrain. On sait que nos chances sont minces mais on devra tout donner. »

Deschamps a estimé que le match aller qui aura lieu le 23 ou le 24 mars à Santiago Bernabeu serait « émotionnellement quelque chose de fort pour tout le monde. » « Surtout pour notre Madrilène à nous, Fernando Morientes », a-t-il dit.

« Etre arrivé là, est déjà exceptionnel et jouer le Real le sera aussi. Il faut prendre ce tirage positivement. Il faudra être à 100 % et espérer qu?ils seront un peu au-dessous de leur potentiel. »

Arsenal devra quant à lui se mesurer à son voisin de palier préféré : Chelsea. L?Angleterre se frotte déjà les mains d?avoir une place en demi-finale d?assurée après avoir perdu Manchester United, absent à ce niveau pour la première fois depuis huit ans, au tour précédent. Le vainqueur du choc Chelsea-Arsenal a de fortes chances de retrouver le Real Madrid. Les fans des Gunners n?auront donc pas la finale rêvée contre les Merengues?

Mais pourquoi pas une finale explosive face au Milan AC, si d?aventure les protégés d?Arsène Wenger ne se cassaient pas les dents sur les Blues et le Real ? Milan a hérité en quart du Deportivo La Corogne (tombeur d?une pâle équipe de la Juventus), une équipe que les rossoneri avaient terrassée 0-4 au Riazor l?an dernier en phase de poule avant de décrocher le titre suprême de champion d?Europe en mai.

Du répondant et de la fougue

Le dernier quart de finale opposera deux équipes aux dents longues et au potentiel évident. Le double champion lyonnais est décomplexé et se frottera au FC Porto, tenant du titre de la Coupe de l?UEFA et fraîchement auréolé du titre de bourreau de Manchester United. Les gars de José Mourinho possèdent un beau collectif mais les Lyonnais de Juninho, Dhorasoo et Elber ont du répondant et de la fougue.

S?il manque quelques grands noms (Man Utd, Juve, Bayern), le plateau est tout de même relevé cette année avec cinq leaders de leurs championnats respectifs engagés en quart (Real, Milan, Arsenal, Monaco, Porto).

Pour rappel, seuls le Milan (6 titres en C1) et le Real (9 titres en C1) avaient atteint l?an dernier le même stade de compétition. Et pourquoi pas une finale avec les deux clubs les plus titrés de l?histoire de la Ligue des champions ? Tous les rêves sont permis jusqu?à la finale du 26 mai à Gelsenkirchen.

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