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Faut-il revoir les hôtels dans le Sud ?
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Faut-il revoir les hôtels dans le Sud ?
OUI
Dharmanund Nathoo
porte-parole de l?association
« Pas touche nou la plage »
Faut-il revoir les hôtels dans le Sud ?
Deux camps s?opposent autour des projets touristiques à Saint-Félix, dans le Sud. Si la nécessité de développer la région fait l?unanimité, la déviation de la route côtière et les implications sociales divisent.
Pourquoi le mouvement « Pas Touche Nou la Plage » ?
Notre mouvement vise à défendre le droit à l?accès à la plage de Pointe-aux-Roches, et de manière générale, à toutes les plages du pays. Il est inconcevable que les Mauriciens ne puissent pas aller sur certaines plages. La menace s?est précisée avec le projet hôtelier à Saint-Félix. Nous sommes contre la privatisation de cette plage. Il s?agit d?un troc entre le gouvernement et la propriété sucrière de Saint-Félix, un des promoteurs. Le gouvernement donne des terrains pieds dans l?eau à Saint-Félix, en échange de carreaux cannes.
Qu?avez-vous contre ce projet ?
Nous ne sommes pas contre le développement de la région en tant que tel. Mais ne venez pas nous dire qu?à cause de l?augmentation du nombre de chômeurs ici, nous devons accepter de perdre un patrimoine national. La plage de Pointe-aux-Roches est un joyau environnemental, culturel et religieux. C?est un lieu de détente pour tout le monde.
Mais ce projet va créer des centaines d?emplois?
Tout au plus, 300 à 500 emplois. Ce sera insuffisant pour absorber les milliers de gens qui se retrouvent au chômage à cause de la fermeture des usines sucrières et textiles. Et croyez-vous que des machinistes peuvent travailler du jour au lendemain dans les hôtels ? Les aptitudes ne sont pas les mêmes.
Quels aspects du projet aimeriez-vous revoir ?
Tout ce que nous savons, nous l?avons appris par les journaux. Personne n?a eu la décence d?expliquer aux habitants du Sud les implications de ce projet. Nous savons qu?on propose de dévier la route côtière sur environ trois kilomètres pour les hôtels. Si cette déviation nous barre l?accès à la plage de Pointe-aux-Roches nous nous y opposons. Nous constatons que là où on installe des hôtels, les Mauriciens ne sont pas les bienvenus. Pourquoi ne peut-on fréquenter la même plage que les touristes alors que le pays est à nous ?
Craignez-vous aussi une dégradation de l?environnement ?
Oui. La National Development Strategy recommande qu?on ne touche pas aux écosystèmes marins du Sud. Or ce projet implique le dragage du lagon à Pointe-aux- Roches. Ce sera une catastrophe écologique. Si ce n?est pas un développement sauvage, qu?est-ce que c?est ?
Que proposez-vous ?
Le Sud regorge d?espaces verts que l?on peut développer dans le cadre de projets éco-touristiques. La cascade des Galets, qui se trouve sur un « chassé » privé, est un exemple. Il existe d?autres possibilités de création d?emploi.
NON Devanand Dhumah président du conseil de village de Chemin-Grenier
Pourquoi défendez-vous les développements dans le Sud ?
C?est une manne tombée du ciel. Les villages du Sud ont une vocation agricole et textile. Mais les usines mettent la clé sous la porte. Après Britannia et Bel-Ombre, c?est au tour de St-Félix. De même, nombre d?usines de textile cessent leurs activités. Certains employés ont déjà reçu leur préavis de licenciement pour septembre. Des milliers de gens se retrouvent au chômage. Dans ce contexte de morosité économique et sociale, ces projets viennent à point.
Vous dressez un tableau bien sombre de l?avenir?
Il faut comprendre que durant les quinze dernières années, le Sud a connu un développement soutenu, notamment dans le domaine de l?agriculture et du textile. Ce qui a rehaussé le niveau de vie des familles. Aujourd?hui avec les fermetures d?usines et les menaces de licenciements massifs, si rien n?est fait pour les compenser, je crains une explosion sociale.
Qu?attendez-vous de l?implantation de ces hôtels dans la région ?
D?abord la création d?environ 2 000 emplois directs et indirects, du cadre au travailleur manuel, en passant par les marchands de plage et les chauffeurs de taxi. De plus, ce développement touristique va relancer les loisirs, l?artisanat, la pêche artisanale et professionnelle et l?agriculture. Parallèlement, ce projet entraînera une amélioration des infrastructures. Là où il y a des touristes, on refait les routes, par exemple.
Certains craignent une dégradation des m?urs?
Nous recevons déjà des touristes. Ce n?est pas leur arrivée que l?on conteste, mais la déviation de la route entre Rivière-des-Galets et Pomponnette. À deux reprises autrefois, les promoteurs sont allés ailleurs, devant notre refus de faire dévier cette route côtière. Croyez-vous qu?un investisseur va mettre des milliards dans un hôtel pour ensuite voir une route principale passer devant son établissement, menaçant ainsi la sécurité de ses résidents ?
Vous acceptez donc de perdre la plage de Pointe-aux-Roches ?
Avec ce projet hôtelier, nous sortons gagnants. Actuellement, cette plage n?est qu?une mince bande de sable. Avec la déviation de la route, les promoteurs se proposent d?aménager deux autres plages publiques, comme la Cuvette, dans le Nord.
Si ce projet comporte tant d?avantages, pourquoi est-il contesté ?
Parce qu?on a politisé cette affaire. Mais la majorité silencieuse soutient ces projets qui aideront à résorber le chômage et à redonner espoir à la jeunesse.
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