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Faut-il interdire les parkings privés ?
OUI Dr Koshik Reesaul Senior Engineer au ministère des Infrastructures publiques
Comment expliquez-vous la recrudescence des parkings privés ?
Les Paid Parking Regulations de 2002 stipulent qu?un automobiliste n?a pas le droit de laisser sa voiture sur un parking payant pendant plus de deux heures. Il doit obligatoirement la bouger après ce laps de temps, sinon il est sanctionné par les Traffic Wardens. Ce règlement institue en même temps un système de parking réservé pour Rs 15 000 par mois. Certains ont donc commencé à aménager leur terrain vague en parking privé et ont réclamé un prix plus bas comme location.
L?autre raison, c?est que certaines firmes privées ont trouvé très commode d?aménager ou de louer des parkings pour leurs employés. C?est devenu ainsi un business lucratif.
Ne viennent-ils pas résoudre le problème de parking ?
À Maurice, l?off-street parking est un business, destiné exclusivement aux employés qui laissent leur voiture toute la journée. Les autres automobilistes qui descendent à Port-Louis pour deux heures, par exemple, n?y ont pas accès. Or le concept d?off-street parking aurait dû aider à faciliter la fluidité de la circulation dans le centre-ville. Ce n?est pas le cas, car le problème des embouteillages reste entier.
Comment cela ?
On a répertorié jusqu?ici environ 3 000 parkings privés à Port-Louis. Cela veut dire qu?aux heures de pointe, ces 3 000 véhicules continuent à entrer et à sortir de la capitale. Il n?est donc pas étonnant que la circulation dans la capitale reste aussi chaotique qu?avant, car l?entrée et la sortie de ces 3 000 aux heures de pointe freinent la mobilité et la fluidité du trafic routier.
Quelle est donc la solution ?
Pour faire simple, il importe d?abord de décourager les gens d?entrer à Port-Louis avec leur voiture. D?où l?option de mieux contrôler les parkings privés. Il s?agit ensuite d?élaborer toute une batterie de mesures pour les encourager à avoir recours au transport en commun.
NON Islam Imambux Directeur de Rabadia Investment Limited
Comment expliquez-vous la recrudescence de parkings privés ?
Tout simplement parce qu?il y a une grande demande pour ce type de parkings. Surtout avec l?entrée en vigueur des Paid Parking Regulations en 2002. Par exemple, nous avions un terrain en friche à la rue St-Georges. Quand nous avons constaté qu?il y avait un tel besoin, nous avons aménagé ce terrain en parking.
N?y a-t-il pas trop de parkings ?
C?est vrai qu?ils poussent comme des champignons. Mais il faut croire, qu?il y a de la demande. C?est un business qui rapporte, sinon les promoteurs ne se seraient pas lancés. D?autant que ces parkings occupent un terrain qui n?aurait autrement rien rapporté.
On dit que ces parkings compliquent le problème de la circulation dans la capitale?
Au contraire. D?abord l?automobiliste dispose d?une aire de stationnement sûre où il peut laisser sa voiture en toute sécurité pendant la journée. Il ne perd pas son temps à se garer, d?autant que ces parkings sont souvent situés près de son bureau. Pas étonnant que certaines entreprises louent un parking pour leurs employés. C?est beaucoup plus pratique.
Vous ne voyez donc pas la nécessité de les interdire ?
Non. S?ils n?existaient pas, de nombreux employés auraient été obligés de laisser leur voiture dans les ruelles de Port-Louis, sans sécurité. Et nous savons ce que cela représente comme risque. Il ne se passe pas un jour sans que l?on défonce une voiture.
Quelle solution préconisez-vous pour résoudre les embouteillages à Port-Louis ?
Comment empêcher quelqu?un d?utiliser sa voiture pour se rendre à son travail ? Il importe donc d?offrir aux automobilistes des voies d?accès alternatives pour entrer ou pour traverser la capitale. C?est là que les projets comme la route circulaire, un fly-over ou encore le dream bridge sur la rade ont toute leur importance.
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