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Famille d?accueil : Bouée de sauvetage pour enfants en détresse

3 décembre 2006, 00:00

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Une maison avec une volontaire à plein temps. C?est la formule d?accueil que la Fondation pour l?enfance Terre de Paix propose depuis ces sept dernières années, à Albion. Lors d?un colloque qui a eu lieu les 23 et 24 novembre, des organisations ont souhaité un engagement plus prononcé de la société civile dans ce domaine.

Patricia Ramjeet, responsable d?un projet de famille d?accueil de la Fondation pour l?enfance Terre de Paix, explique qu?elle est « arrivée à la conclusion que la promiscuité, le chômage, la privation d?un logement décent, de nourriture et de vêtements, l?absence d?une éducation de base et d?une formation professionnelle est la cause de l?émergence des enfants en détresse. » C?est pour cela qu?elle a décidé de leur venir en aide.

<B>Relever le défi</B>

La maison où la « petite famille » de Patricia a élu domicile aux abords de la route principale située à l?entrée sud d?Albion ressemble à n?importe quelle autre maison du morcellement de Chazal. On a du mal à s?imaginer qu?y vivent une maman, Mélanie, sa fille biologique et Kenny, 14 ans, Jayson, 14 ans, Kersley, 11 ans, et Ziggy, 9 ans, qui sont sous sa charge dans le cadre du projet de famille d?accueil de Terre de Paix.

Patricia avoue qu?elle a d?abord hésité lorsqu?on lui a proposé de prendre en main ce projet. Mais après en avoir parlé avec sa fille, alors âgée de 12 ans, elle a accepté de relever le défi. « Deux facteurs ont contribué à mon changement d?attitude. D?abord, l?enthousiasme de ma fille. Étant enfant unique, elle était emballée à l?idée d?avoir des petits frères. Aujourd?hui, elle les appelle mes frères comme elle l?aurait fait s?ils étaient ses frères biologiques. Ensuite, ce sont des enfants que je côtoyais déjà en tant qu?instituteur à l?école maternelle de Terre de Paix à Camp-Créole. Ils m?appelaient maman », explique-t-elle.

L?idée d?adopter cette formule de la famille d?accueil a graduellement fait son chemin. Initialement, les enfants confiés à la Fondation par la Child Development Unit (CDU) dormaient dans des dortoirs au Centre de Terre de Paix. Puis, une expérience visant à confier des filles à un couple a été mise en ?uvre. Les résultats positifs de l?expérience ont favorisé la mise en place d?un projet semblable à l?intention des garçons. Et cela dure depuis sept ans.

« Je ne suis pas rétribuée pour cette responsabilité. Je l?assume volontairement. Tous les frais du ménage sont pris en charge par la Fondation. Une allocation est versée à l?intention de chaque membre de la famille. Après mon travail comme encadreur au sein de l?Atelier du savoir, je rentre à la maison. Ici, on vit comme dans une famille. Pas de régime particulier », raconte Patricia.

<B>Amorcer leur intégration en société</B>

Mais quel que soit l?environnement qu?on aménage à son intention, un enfant en détresse porte en lui le poids de son histoire et les marques de son passé. « Je constate qu?ils s?imposent une limite dans leur façon de s?exprimer envers moi. Une sorte de retenue freine presque naturellement leur élan », confie Patricia.

De plus, tous ces enfants ont un trait commun. Ils viennent d?un milieu défavorisé où sévissent divers fléaux sociaux dont l?alcoolisme, le chômage, des conditions de logement épouvantables, la promiscuité, la violence, la malnutrition, la cohabitation avec soit un beau-père, soit une belle-mère qui favorise une situation de conflit permanente.

Même si tout est fait pour faciliter l?intégration ou le retour des enfants dans leurs familles respectives le plus tôt possible, cette démarche n?aboutit pas toujours. Il y a des parents dont l?identité ne peut être établie car ils ont abandonné leurs progénitures à la naissance. D?autres vivent dans un environnement où les conditions sont tellement déplorables que leurs chances d?intégration sont inexistantes. Il y a aussi le refus des enfants de s?assimiler aux comportements de leurs proches.

Si les tentatives d?intégration au stade préliminaire échouent, les mineurs ayant déjà atteint leurs 14 ans, sont dirigés vers la Youth House, une autre étape de leur prise en charge. Ils y restent jusqu?à 18 ans. Durant cette période, ils sont encouragés à approfondir leur rapport avec leur milieu familial. Cela fait partie de l?ensemble des dispositions qui visent à constituer leur autonomie et à amorcer leur intégration en société.

Si au bout de cette période, les perspectives d?intégration et d?autonomie sont insuffisantes, les enfants sont alors dirigés vers l?Exit Home. C?est la dernière étape de leur prise en charge avant qu?ils ne puissent voler de leurs propres ailes.

Deux autres formules de prise en charge d?enfants en détresse sont en cours à la Fondation. Les enfants sont confiés à des familles qui acceptent de les prendre en charge. Cependant, la Fondation continue à leur verser les allocations auxquelles ils ont droit. Là où la structure familiale existe, la Fondation s?occupe de toutes les charges de la famille pour une durée déterminée, le temps que celle-ci parvienne à se prendre en main.

<B>Les résolutions prises lors du colloque</B>

Le rôle de la société civile dans le processus de réhabilitation des enfants en détresse a fait l?objet d?un colloque organisé les 23 et 24 novembre par la Fondation pour l?enfance Terre de Paix Plusieurs résolutions ont été arrêtées. Les voici :

● l?élaboration d?un plan d?action visant à sensibiliser l?opinion à la Convention des droits de l?enfant,

● la soumission du mode d?opération des organisations engagées dans le combat en faveur des enfants en détresse à l?examen du public,

● l?établissement de rapports bilatéraux et multilatéraux entre elles,

● la mise en place d?une structure de suivi des enfants,

● l?institution d?un forum permanent ouvert à tous les enfants du pays,

● l?approfondissement des propositions en vue de la mise sur pied d?une structure de service au niveau national.

Ces propositions seront transmises aux autorités par le biais de l?Ombudsperson qui a contribué à la tenue de ce colloque.

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