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Faire corps avec le cinéma
Il a toujours voulu explorer le cinéma que d?autres osent à peine imaginer ici. Depuis plus de vingt ans, Rezza Peeroo bosse presque comme un forçat. Aujourd?hui, il gagne sa vie en tournant des corporate films (films publicitaires) et en travaillant sur des projets personnels. Dernier en date : « Nu listwar ». Depuis Yamsé, l?une de ses premières réalisations « grand public », récompensé par le Prix du jury lors du défunt Festival de courts-métrages, à De la mosquée ? à la chapelle en passant par Le patriote, son hommage à Razack Mohammed, Rezza Peeroo a toujours travaillé la surface des images pour proposer autre chose et réveiller les souvenirs.
Depuis, pour lui, le cinéma est passé du stade de passion à celui d?obsession. Il n?en faut pas moins certes pour persévérer contre vents et marées dans un pays où l?industrie cinématographique se limite à inviter des équipes de tournage chez nous, plutôt qu?à encourager de vrais talents à émerger. Mais qu?importent les failles du système, Rezza Peeroo continue à écrire et à tourner, comme quand il était gamin. A l?époque, il laissait tomber ses devoirs pour écrire des histoires inspirées des aventures cultissimes de ce héros de toujours appelé Kojak.
Pour faire son métier, (pas celui de cinéaste mais celui d?un homme qui aime le cinéma) ? Rezza Peeroo récuse le fait d?être cinéaste, il n?est pas Spielberg !, dit-il, cet homme toujours calme, a trois mots d?ordre : liberté (stylistique), liberté (technique) et liberté (économique). A chaque fois, il fait avec les moyens du bord : petite caméra, micro-cravate, budget très mince et coup de main de ses amis et de quelques contacts. Il sait se débrouiller.
Patrimoine historique
Des débuts dans les années 80 sous la houlette de Fareed Jangheer Khan, devenu depuis le président du conseil d?administration de la MBC, il apprend les joies de manier la caméra, mais surtout la patience qu?il faut pour avoir l?image que l?on veut. En forgeant son art, Rezza Peeroo est devenu forgeron, mais sans prétention aucune. « Mes magazines sont montés avec les moyens du bord. Ce qui ne signifie pas que je ne fasse pas de recherche, que je ne m?investisse pas et que je ne sois pas à la recherche des critiques qui font avancer. Je pense que je ne cesserai jamais d?apprendre, » explique-t-il posé.
« Nu listwar », son nouveau magazine mensuel, s?intéresse à l?histoire de notre pays. Gros plan sur des lieux du patrimoine historique et humain du pays : le Vagrant Dépôt, La Citadelle dans le prochain numéro. « Connaître son histoire c?est savoir d?où on vient et ainsi construire notre identité. » Avec sa constante volonté, un certain esprit d?indépendance, Rezza Peeroo va continuer à faire son cinéma.
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