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Face à la rue, le pouvoir égyptien perd patience

9 février 2011, 20:00

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Le vice-président égyptien, Omar Souleiman, continue de rejeter l''''idée d''un départ immédiat de Moubarak, et  a prévenu que la manifestation permanente installée sur la place Tahrir «ne pourrait pas être tolérée très longtemps», indique Le Figaro.fr ce jeudi matin.

«Cette crise doit prendre fin le plus tôt possible», a-t-il dit à un groupe de rédacteurs en chef égyptiens représentant les principaux journaux du pays. Dans une menace à peine voilée, Souleiman a aussi mis en garde contre «un coup», le terme arabe utilisé signifiant aussi bien un coup d''État qu''un coup de force contre le mouvement de contestation, si le dialogue engagé avec l''opposition n''aboutissait pas. «Ce qui signifierait, a-t-il ajouté, des développements imprévus et précipités, comprenant des irrationalités.»

L''ancien maître espion, propulsé sur le devant de la scène politique égyptienne voici dix jours, ne semble pas décidé à céder plus que ce que le régime a déjà consenti, souligne le journaliste Adrien Jaulmes. Reprenant son thème favori du complot étranger, Souleiman a aussi averti que le régime ne «tolérerait» pas d''appels à la désobéissance civile, «extrêmement dangereux pour la société».

Le principal problème du régime égyptien est que la contestation ne donne aucun signe de faiblesse, poursuit notre confrère français.  Les négociations n''ont jusqu''à présent mené nulle part, les manifestants réclamant toujours la démission de Moubarak, ce que continue de refuser le régime. Entre-temps, l''affluence sur la place Tahrir ne diminue pas, bien au contraire. Le rassemblement de mardi était le plus important depuis le début de la crise, et il n''avait guère faibli mercredi. Pis, les contestataires se sont installés depuis mercredi devant le Parlement et le siège du gouvernement, obligeant le Conseil des ministres à se réunir dans un autre lieu après avoir monté leurs tentes devant les chars qui protègent ces bâtiments. Un nouvel appel à une manifestation géante a été lancé pour demain (vendredi 11 février) sur la place Tahrir. Les contestataires envisagent même de marcher contre l''immeuble de la radio et télévision, situé non loin de la place, sous la garde d''un important dispositif militaire.

Des informations font  aussi état de troubles en province. Entre un et trois manifestants auraient été tués par balles par la police dans le gouvernorat de la Nouvelle Vallée, en Haute-Égypte, et des affrontements auraient aussi eu lieu dans plusieurs villes du pays, notamment à Suez et à Assiout. Le temps, qui semblait jouer en début de semaine en faveur du régime, paraît à présent du côté des manifestants. Au fil des jours, la contestation se développe et s''organise (…) et les revendications des manifestants deviennent plus structurées. On commence à évoquer une nouvelle Constitution. Le départ de Moubarak peut sans doute encore permettre de désamorcer le mouvement, mais il n''est pas certain qu''il soit suffisant la semaine prochaine.

(Source : Le Figaro.fr)

 

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