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Face-à-face décisif sur le sucre entre les ACP et l’Union européenne

13 septembre 2005, 20:00

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La réforme du régime sucrier européen entame sa ligne droite pour les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Les ministres européens de l’Agriculture se rencontrent lundi 19 septembre pour mettre la dernière main aux modalités, avant le vote final. Les ACP effectuent un forcing politique afin que la baisse du prix garanti soit soutenable. Les deux groupes vont se rencontrer ainsi pour la première fois.

Le projet de réforme de la Commission européenne, rendu public le 22 juin, est à l’encontre des intérêts des pays ACP producteurs de sucre. Une réduction de 39 % aurait des répercussions néfastes sur l’industrie. Sans mesures d’accompagnement adéquates, les ACP sont condamnés à une mort certaine.

Jusqu’ici, le lobbying s’est concentré sur des rencontres individuelles avec les ministres européens. Lundi, ce sera la première fois, sur le plan politique, que les ACP interagiront avec l’ensemble du Conseil. Bien que cette réunion soit qualifiée d’informelle, elle permettra aux ACP d’exprimer leurs inquiétudes et attentes, et mettre en avant leurs propositions à être incluses dans le texte législatif introduisant la réforme dans l’Union européenne (UE).

“La rencontre entre les deux blocs est capitale. C’est la dernière opportunité au niveau politique pour essayer d’influencer le processus de réforme”, affirme Jean Li Yuen Fong, secrétaire général de la Chambre d’agriculture.

<B>Un montant à la satisfaction des ACP </B>

À cet effet, le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, porte-parole des pays ACP, se rend à Bruxelles ce soir. Il sera à la tête d’une délégation composée du ministre guyanais du Commerce extérieur, Clément Rohee, le ministre fidjien des Affaires étrangères, Kaliopate Tavola de même que des représentants de la Jamaïque et du Swaziland. “Avant la réunion de lundi, la délégation compte organiser des rencontres bilatérales avec les ministres individuels des Etats-membres”, explique une source des ACP.

Le lobbying repose sur deux points distincts de la réforme. Les ACP plaident pour une réduction du quantum car la baisse de 39 % préconisée par la Commission européenne, aura des conséquences désastreuses pour les producteurs de sucre. Pour le ministre Arvin Boolell, il n’y aucune obligation de la part de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour proposer une réduction si énorme.

Les mesures d’accompagnent, d’autre part, doivent être plus conséquentes. Tout en étant en faveur d’une réforme drastique, la Grande-Bretagne demeure le seul Etat-membre qui postule pour un montant à la satisfaction des ACP, soit 500 millions d’euros par an.

Force est de constater que dix Etats-membres de l’UE ne sont pas en faveur, à des degrés divers, de la présente réforme. Ce groupe, très sensible à la cause des ACP, constitue une minorité de blocage au sein du Conseil européen des ministres de l’Agriculture.

D’ailleurs, la commissaire Mariann Fischer Boel, a eu fort à faire à son audition par la commission parlementaire sur l’agriculture et le développement rural, hier à Bruxelles. “L’Espagne, l’Italie et la Pologne se sont élevées avec force contre les modalités de la réforme. La situation des ACP a été citée comme exemples. Mais d’autres pays ont souligné que ces pays seront compensés”, a résumé la député Nita Deepalsing, qui a assisté à l’audition en tant qu’observatrice. Elle représente le pays à la réunion parlementaire ACP-EU, qui se réunit en session plénière à partir d’aujourd’hui.

Avec les pressions constantes sur le marché sucrier, les ACP comptent sur le soutien de l’UE pour que le sucre soit inclus dans la liste de “produit sensible” de l’OMC. “Nous avons confiance d’avoir ce support”, souligne Arvin Boolell.

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