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Fabrice Chan-Chiang : le cinéma dans la peau
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Fabrice Chan-Chiang : le cinéma dans la peau
Sa formation cinématographique n?a été sanctionnée par aucun diplôme car Fabrice Chan-Chiang n?en fait qu?à sa tête. Mais ce jeune Belge d?origine mauricienne possède un atout : la flamme du métier. Ses débuts semblent, en tout cas, prometteurs.
À 22 ans, Fabrice Chan-Chiang a déjà à son actif la réalisation d?un court-métrage primé à deux concours régionaux et celle d?un long métrage remarqué de deux réalisateurs connus en Belgique.
On pourrait croire que ce besoin de s?inventer un autre monde résulte d?une passion pour les histoires sous forme de story-board et d?heures de lecture à la prestigieuse bibliothèque municipale de Gand, sa ville natale en Belgique. Pourtant, c?est son éducation stricte qui a tout déclenché. ?Jusqu?à 16 ans, je n?étais pas autorisé à sortir avec mes copains. Je passais mon temps à m?inventer un monde à moi.?
Fabrice convoite un caméscope mais l?objet est coûteux. Il finit par recevoir une antique super 8, aux possibilités limitées, soit des tournages de trois minutes. Il lui faut alors se montrer inventif et condenser ses histoires. Il est si pris par sa passion qu?il néglige ses études et finit par les abandonner. De guerre lasse, ses parents consentent à payer sa scolarité au Kunstun Campus, école des arts offrant une filière cinématographique.
Pendant deux ans, il met à profit tous les enseignements dispensés. Son projet d?examen est la réalisation d?un court-métrage de huit minutes. Le sien s?intitule Schim, mot flamand signifiant Ombre. Ce film raconte l?histoire d?une jeune fille suicidaire, dissuadée de commettre cet acte par un homme. Lequel individu se révèle être, au final, un suicidé! Ne s?étant pas conformé aux spécifications de l?école, il ne se présente pas aux examens finaux et n?obtient par conséquent aucun diplôme.
Fabrice envoie son court-métrage à un concours régional et Schim remporte le deuxième prix. En sus de bénéficier d?une interview de presse, sa réalisation est télédiffusée. Le court-métrage remporte le premier prix d?un autre concours régional. Il est présenté à un festival. Fabrice, qui rêve de réaliser un long-métrage, travaille deux ans et économise ses sous. Il s?offre une caméra digitale et le voilà de réaliser ?Close-Up?, son premier long-métrage, une histoire dans l?histoire. ?J?adore décontenancer le spectateur, le prendre à contre-pied, l?empêcher de s?endormir.?
Ce film lui vaut les éloges du réalisateur belge Dany Deprez, spécialisé dans les documentaires. Celui-ci lui commande un autre long-métrage en lui donnant carte blanche par rapport au script. De ses méninges, Fabrice extrait alors IAN, science-fiction montrant le monde en 2026, dans laquelle un clone humain réapprend l?amour à un monde déshumanisé. Le tournage de IAN, dont Fabrice préfère taire le coût de réalisation, est prévu pour mars 2006. Il a aussi été approché par le réalisateur Robbe de Hert, Anglais vivant en Belgique et qui a à son actif une quarantaine de films, pour réaliser un scénario déjà ficelé. Leurs discussions sont sur le point d?aboutir.
Dopé par ces rencontres productives, Fabrice rêve maintenant en panoramique. Son objectif, une fois ces projets mis en boîte, est d?émigrer. Direction : les États-Unis ou le Canada où le cinéma d?auteurs explose. ?Tout cela n?est pas si mal pour 22 ans. J?ai le temps de voir venir.? Nous aussi?
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