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F. Domingo décrit le calvaire des anciens combattants
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F. Domingo décrit le calvaire des anciens combattants
Au début de 1983, l?ancien caporal de la 741, A. W. Coy, R.E., France Domingo, repart au combat, dans le vain espoir d?amener le gouvernement mauricien à améliorer un tant soit peu le sort des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale en général, et, plus particulièrement, celui de ceux à la retraite et des veuves d?anciens combattants. De toutes les ignominies, dont peut se rendre coupable un quelconque gouvernement, aucun ne peut être plus grave et plus révoltant que son refus d?améliorer le mieux-être de ceux qui ont sacrifié leur jeunesse, leur santé et parfois même leur vie, pour défendre héroïquement la patrie à l?heure du danger. Quoi de plus ignoble, en effet, que d?exalter le sentiment patriotique des jeunes, à l?heure du danger, pour les laisser tomber, ensuite, comme de vieilles chaussettes, quand le danger est passé ? L?iniquité du gouvernement mauricien est d?autant plus grave quand on sait qu?il engrange, chaque mois, des dizaines de millions, grâce aux revenus que lui apporte régulièrement une loterie, mise sur pied, au départ, pour venir en aide aux anciens combattants, et que, parallèlement, il oppose l?oreille la plus sourde aux plus légitimes requêtes des associations d?anciens combattants et de leurs porte-parole. Que penser de ces générations de ministres qui se succèdent à l?Hôtel du Gouvernement et qui, consciemment ou non, volent ainsi le pain, revenant aux anciens combattants, pour s?empiffrer davantage ? Nous ne pouvons que les laisser à leur conscience, au cas, bien sûr, où ils en auraient une.
France Domingo rappelle qu?à leur démobilisation, les soldats mauriciens, ayant servi au Moyen-Orient, reçoivent une gratification de 54 mois de demi-solde britannique. Premier déboire. Pourquoi une demi-solde puisque les anciens soldats britanniques reçoivent 54 mois de solde complète ? Nos anciens combattants attendent toujours une réponse explicative et satisfaisante à leur question, pourtant des plus légitimes. Une manière peu honorable de leur faire comprendre qu?on a pressé autant qu?on a pu le citron qu?ils sont devenus, sous l?uniforme, sans le savoir, et que, ainsi pressé, le citron, qu?ils sont, est tout juste bon à être jeté à la poubelle.
France Domingo ne cesse de reprendre la question avec les autorités militaires britanniques et mauriciennes. En 1963, à la requête de nombreux compagnons d?armes, il fonde l?Ex-Servicemen?s Association of Mauritius. Il continue, toutefois, à se heurter au peu d?empressement des députés et ministres travaillistes de l?époque. Il n?y a pas à dire : Guy Rozemont, autre citron abondamment pressurisé sur l?autel électoraliste et donc communaliste, est bel et bien mort, enterré et complètement inutile au fond de son tombeau, à Saint-Jean.
France Domingo ne tarde pas à être absorbé par d?autres combats et autres tâches syndicales. Il confie à un frère d?armes, établi à Londres depuis longtemps, Willy Grenouille, le soin de poursuivre son combat. Celui-ci se rend régulièrement au War Office à Londres mais toujours en pure perte. Il fait pourtant intervenir des membres de la Chambre des Communes et de la presse anglaise. En janvier 1983, ses démarches sont toujours vaines.
Plus le temps passe, 36 ans en 1983 depuis la démobilisation, et moins les autorités, qu?elles soient mauriciennes ou britanniques, sont enclines à rouvrir le poussiéreux dossier du calvaire imposé aux anciens combattants mauriciens, dossier déjà perdu dans des oubliettes sans fond. C?est tout juste si on ne demande pas à nos anciens combattants de se sacrifier, une fois de plus, pour cesser d?importuner des fonctionnaires qui, grâce à eux, n?ont pas à servir la folie d?un Adolf Hitler et de ses semblables.
Nombreux sont les anciens combattants mauriciens qui ont espéré, jusqu?à leur dernier souffle, recevoir le solde de la compensation qui leur est due et qui meurent en emportant, dans leur éternité, la frustration d?avoir été bernés par des dirigeants politiques, incapables de respecter les promesses faites au nom de la patrie en danger, exigeant le sacrifice ultime de toute une jeunesse.
France Domingo conclut que les soldats mauriciens, ayant servi au Moyen-Orient, dans les années 1940, n?ont pas été récompensés comme il convient. Il rappelle que c?est un principe universel bien connu que toute pension, compensation, gratification, est calculée sur la base des salaires et des soldes perçues lors de la mise à la retraite ou de la démobilisation. La demi-solde est une invention de voleurs.
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