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Fête du Travail : nul besoin de multiplication des foules
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Fête du Travail : nul besoin de multiplication des foules
Hormis le Père Jocelyn Grégoire, C.s.sp., qui réussit l?exploit de remplir ou presque le stade de Rose-Hill, en pleine journée et sans promesse de pique-niques balnéaires cum briany, les formations politiques recourent au nouveau miracle de la multiplication des foules, pour valoriser leur force sur l?échiquier politique de 2008. Il suffit pourtant de connaître l?emplacement des différents rassemblements et d?étudier les photos de la foule, prises lors de la harangue du principal discoureur, pour se faire une idée du nombre de personnes présentes, de la sincérité de l?enthousiasme et de la détermination dont elles font preuve, pour jauger la représentativité des différentes tendances politiques, au cas où celle-ci serait le moindrement significative. Révisons à la baisse nos estimations, compte tenu des rumeurs et allégations de présence rémunérée d?ouvriers étrangers.
Les photos parlent d?elles-mêmes. Il en va de même pour les rassemblements de la fête du Travail de 1983. Tout comme le lieu des divers rassemblements. Le seul parti à s?améliorer, à un quart de siècle d?intervalle, est curieusement le Parti travailliste. Il faut se rappeler qu?il touche le fond de l?abîme en mai 1983, moins d?un an après la raclée sans précédent du 11 juin 1982. Il remonte toutefois la pente. Les factions Boolell versus Ramgoolam-Ringadoo se raccommodent. Il lui manque seulement 90 voix pour ravir au MMM un siège de conseiller municipal à Vacoas-III. Prudent, il tient son meeting du 1er-Mai au Centre-de-Flacq, devant 3 500 personnes selon l?express, 5 000 selon... Le Militant, 10 000 selon The Nation de Boolell. Le meeting de Vacoas, 25 ans après, par un PTr de nouveau pouvoir et pour longtemps encore, démontre donc un progrès indéniable, même si nous devons nous méfier des apports hétérogènes ou exagérément opportunistes. Navin est définitivement un meilleur organisateur et animateur que son père. Mais Seewoosagur était tellement faible de ce côté, qu?on aurait peut-être tort d?accorder une valeur exagérée à ce compliment apparent. L?estrade du PTr n?a rien de supérieur en 1983, à une quelconque salle verte de village. De ce côté aussi, que de chemin parcouru depuis.
Pour les autres partis politiques, il y a définitivement recul, à 25 ans d?intervalle. Encore que les risques d?élections législatives anticipées, en 1983, sont beaucoup plus réels, malgré la proximité de la date inoubliable du 11 juin 1982, que l?annonce sans fondement d?un éventuel «dernier» 1er Mai de Navin Ramgoolam à la tête du gouvernement. Notons une sophistication grandissante dans l?érection des estrades, de plus en plus vastes et de surcroît couvertes. Elle croît au fur et à mesure que décroît l?audience populaire. Nous pouvons y voir un signe que la force de l?argent (merci les caisses noires) compense l?indifférence grandissante à l?égard du mic-mac éculé des rassemblements politiques du 1er Mai, pourtant avidement jalousées par d?envieuses fédérations syndicales.
Le MSM naissant remplit la place Mgr-Margéot, à Rose-Hill. C?est quand même mieux qu?un meeting régional au Port-Louis, devant l?hôtel de ville de la capitale. Pour les meetings nationaux, dans la capitale, il y a, en effet, le Champ- de-Mars et la Place du Quai. L?estrade est minable. Quatre poteaux d?inégales longueurs retiennent un rideau de fond mais pendouillant de couleur blanche. S?en détachent les trois lettres d?un nouveau sigle, le MSM. Plus ou moins caché par les membres de la 2e équipe gouvernementale de Jugnauth, émerge, sur cette toile de fond, l?emblème de ce parti naissant, un Soleil levant, dont les rayons noirs n?ont rien à envier à un de nos oursins. La police estime la foule à la Place Mgr-Margéot à 5 000 personnes. Les orateurs la portent à 10 000. Le Militant la ramène à 4 000, en y ajoutant une rumeur de distribution de sachets de lait en poudre Pepers, commodité importée par les frères Ramjuttun. Avant le meeting, Jugnauth fait monter, au sommet d?un mât en bambous, le drapeau blanc du MSM. Cela n?a pourtant rien d?une demande de reddition.
Le MMM-Bérenger remplit la place de la Gare aux Quatre-Bornes. Le Militant annonce 15 000 personnes et l?express 10 000. Pas de Novelty pour le PMSD de Gaëtan Duval mais une partie de la cour de l?hôtel de ville de Rose- Hill. L?estrade, un simple caisson de petit camion, se dresse au niveau de l?entrée de la bibliothèque municipale. La foule s?arrête à hauteur du parterre devant l?hôtel de ville. Le Militant accorde 4 000 auditeurs à Duval, soit autant qu?au MSM à la place Mgr-Margéot. L?express y ajoute un millier de Joes. Notons qu?à Rose Hill, l?on apprend qu?Hervé Duval défendra le Coq (l?emblème) lors de l?élection municipale partielle du 29 mai 1983, à Beau-Bassin-III. Il aura pour adversaire, Gérard Ahnee, qui prend la parole aux Quatre- Bornes. A Rose-Hill, Boodhoo confirme la dissolution de son PSM et l?adhésion de ses membres au MSM de Jugnauth. L?express titre sur une dissension travailliste au Centre-de-Flacq.
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