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Externalisation, Harel Mallac s?y met
L?externalisation serait-elle une façon intelligente pour Maurice de faire la transition d?une économie ?col bleu? à une économie ?col blanc? ? C?est certainement ce que pense le groupe Harel Mallac, qui inaugure aujourd?hui son centre d?externalisation. Selon Didier Samfat, le directeur général de Mauritius Computing Services (MCS), une filiale d?Harel Mallac, le marché international de l?externalisation vit une croissance exponentielle.
L?externalisation consiste à transférer à un tiers des activités préalablement exercées par une compagnie pour réduire ses coûts et se recentrer sur ses activités fondamentales. ?Au lieu que les entreprises achètent leurs propres ordinateurs ou recrutent leurs employés, on fait cela pour eux?, vulgarise Samfat.
Harel Mallac, qui a investi environ Rs 50 millions dans le centre, a une longue expérience dans le domaine de l?externalisation. MCS développait déjà des systèmes pour l?industrie sucrière en 1971. Il y a 25 ans, MCS commençait à faire la facturation de la CWA. ?Harel Mallac était déjà diversifié. Nous sommes le numéro un de l?informatique. Il était normal de greffer à cela un service d?externalisation?, ajoute Samfat.
Le centre, qui emploiera 120 personnes, remplira trois fonctions: la sous-traitance des technologies de l?information, de la communication et le Business Process Outsourcing (BPO) avec MCS - l?élaboration de logiciels pour le marché francophone à travers MCS ? Development Ltd ? et les services de centre d?appels par le biais d?Activeline Ltd.
?Ces trois dimensions sont complémentaires. Cette synergie est la clé de notre nouveau concept?, explique Samfat. Malgré une compétition acharnée de l?Inde et des Philippines pour le marché américain et les pays du Maghreb pour le marché francophone, Maurice est particulièrement bien placée pour rafler une part d?un gâteau, qui équivaut à quelque US$ 100 milliards, rien que pour les Etats-Unis.
L?avantage du bilinguisme
Ce one-stop shop réunira un centre de formation, une salle technique, un centre d?appel et un centre BPO sous le toit d?un warehouse reconverti. Selon Samfat, la location géographique du pays, à mi-chemin entre l?Asie, l?Europe et les Etats-Unis, est ?idéale?. ?On peut offrir un service à ces trois continents, ce qui nous rend très compétitif.?
D?autre part, le fait que Maurice offre une main-d??uvre bilingue lui permet de cerner les marchés anglophones et francophones. Mais il y a cependant encore du travail à faire de ce côté là, comme le souligne Andrew Knee, Chief Executive Officer (CEO) de Teleforma, une compagnie américaine qui a délocalisé une partie des activités de centre d?appels chez Activeline. ?La croyance populaire est que l?anglais est la langue principale à Maurice. Mais ce n?est pas vrai.?
Cette lacune est un véritable handicap dans une industrie aussi agressive que l?externalisation. ?Dans notre métier, les clients ne veulent pas payer pour la formation, sauf pour leurs propres programmes. Le salaire des Mauriciens est déjà plus important que ceux des Indiens et des Philippins. La formation pré-opérationnelle ajoute à ce coût?, affirme Knee.
L?adaptabilité des Mauriciens serait une corde additionnelle à l?arc du pays. ?On a recruté des opérateurs en janvier et, en trois semaines, ils étaient à 100 % opérationnels. Cette faculté d?adaptation est fantastique?, s'exclame Samfat. Le gouvernement devrait cependant amener de l?eau au moulin pour que Maurice optimise ses avantages.
Le prix de la connexion au réseau de fibre-optique SAFE coûte à Harel Mallac près de US$ 16 000 par mois, alors qu?une connexion Mumbai-Chicago coûte seulement US$ 6 000 par mois. Le coût de la connexion Internet est, elle aussi, prohibitive (US$ 8 000 par an à Maurice et US $ 2 000 en Inde).
Samfat affirme aussi que la formation doit devenir une priorité. ?Si le secteur hôtelier a percé, c?est en partie à cause des centres de formations. Il faudrait penser à établir une structure équivalente pour l?externalisation.?
En sus de la nécessité pour nos élèves de bien écrire et parler l?anglais et le français, ils devraient aussi avoir une culture générale variée. L?histoire et la géographie devraient avoir une place plus importante dans le programme scolaire.
L?externalisation serait donc un moyen pour Maurice de faire la transition d?une économie qui privilégie le travail manuel à une économie plus cérébrale. Le déclin des industries du textile et du sucre est une preuve de la nécessité de cette transition. Avec une vraie volonté politique et des compagnies comme Harel Mallac, l?externalisation pourrait devenir un véritable gagne-pain national. Une cyber-île ne se doit-elle pas de tenter le coup ?
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