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Exposition de pARTage : Quand l’art s’imprègne des réalités mauriciennes…

29 octobre 2011, 20:00

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Exposition de pARTage : Quand l’art s’imprègne des réalités mauriciennes…

Les dix artistes de pARTage se sont réunis sous le toit de l’Institut Français de Maurice le temps d’une exposition d’art contemporain intitulée « Renaissance ». Une invitation lancée aux Mauriciens pour une découverte mais surtout une prise de conscience des réalités du pays.

L’art contemporain incarne la société mauricienne. C’est sous ce thème que les dix artistes regroupés au sein de l’association pARTage ont choisi de s’exprimer. L’Institut Français de Maurice abrite donc des œuvres évoquant, entre autres, le sort des Chagossiens, la cause féminine ou encore le respect de l’environnement.

Krishna Luchoomun Raja Soorana Michael Lalljee Alix Lejuge Sultana Haukim Ismet Ganti Nirmal Hurry Nirmala Luckeenarain Mala Ramyeead et Gérard Foy sont de ceux qui exposent leurs créations à l’IFM.

PARTage est une association qui existe depuis 2003 et qui a été fondée par Krishna Luchoomun. Ce dernier avait à cœur de créer des activités permettant aux artistes de faire valoir leurs œuvres. Et, à l’époque, il se tourne vers d’autres artistes qui travaillent avec lui à l’école des beaux-arts au Mahatma Gandhi Institute (MGI).

« Nous avions l’impression de travailler dans un vacuum. Il nous fallait réunir nos connaissances et nos compétences pour faire avancer l’univers de l’art », affirme Krishna Luchoomun. S’ensuivra ainsi une série d’événements les uns plus riches que les autres.


D’abord en 2004, pARTage organise un grand atelier des arts avec 15 artistes mauriciens et 15 autres artistes internationaux. Ensuite, l’association organisera une session de partage et d’interactions entre différents groupes d’âge.
Des sessions qui donnent vie à des expositions en tous genres. Mais pour cette année, pourquoi avoir choisi d’intituler l’expo « Renaissance » ?


Depuis l’ouverture de l’Institut Français de Maurice, c’est la première fois que l’association des artistes y tient une exposition. « Nous voulions faire penser à la renaissance de l’art en l’associant à la création de ce nouveau lieu d’expressions », ajoute-t-il. Le fondateur de pARTage avance que les anciennes démonstrations créatives se faisaient au Centre culturel Charles-Baudelaire.

Femmes à codes-barres

Pour cette expo, l’on nous parle de politique, de féminisme, d’environnement mais aussi des Chagos. Alix Lejuge insiste sur l’importance de la mer pour l’être humain, particulièrement pour ceux qui habitent les îles.

Nirmala Luckeenarain et Sultana Haukim ont choisi d’évoquer la femme. La première rend hommage à la cause féminine tandis que sa collègue met en avant la mentalité de certaines personnes qui prennent les femmes pour des objets.

L’œuvre de Nirmala Luckeenarain, une grande robe de quelque 10 mètres de long évoque la féminité. « J’ai placé des morceaux de tissus, de la dentelle et des boutons sur la robe pour faire penser à la femme », explique-t-elle.

Mais son œuvre va au-delà d’une simple pensée. L’artiste, principalement connue pour ses gravures sur le bois et le métal, a laissé libre court à son imagination pour tenter de graver sur du tissu. Elle souhaite aussi rendre hommage aux artistes femmes qui n’avaient pas le droit d’apposer leurs signatures sur leurs œuvres.

Sultana Haukim s’est inspirée du concept de la beauté. Elle présente trois mannequins peints en rose. Sur le premier, l’artiste a collé des codes-barres pour illustrer la femme-objet. « L’œuvre s’appelle les trois grâces. Les femmes sont souvent prises pour des objets et elles veulent toutes ressembler à des mannequins », fait-elle ressortir.

Outre les codes-barres, Sultana Haukim a placé des bandes indiquant les mensurations de mannequins, soit le 34 pour le buste, le 24 pour la taille et le 34 pour les hanches. Sur son troisième mannequin, elle a inscrit des dates de production et de péremption.

Sa seconde création tourne toujours autour de la femme. Mais cette fois, c’est la femme asiatique qui est concernée. « Je présente une nouvelle mariée, très bien habillée qui est entourée d’yeux braqués sur elle. Cela démontre que les gens se concentrent sur sa beauté mais oublient ce qu’elle désire vraiment au fond d’elle-même. »

Ismet Ganti parle, lui de la problématique du dedans et du dehors. Un concept qui peut paraître compliqué et qui fait sourire mais qui à la base, est bien présent dans le quotidien de tout un chacun.

« Dans toute chose il y a l’intérieur et l’extérieur. Et ces deux éléments sont souvent sources de conflits ou d’harmonie. Pour faire plus simple, c’est comme l’être humain, il est fait de cellules mais on ne les voit pas », affirme l’artiste avant de préciser qu’il laisse aux gens le soin d’interpréter son œuvre.

Krishna Luchoomun a choisi d’évoquer le sort des Chagossiens. Il est à l’origine d’une œuvre parlante : un soldat assis portant des bottes aux couleurs de l’Union Jack et ayant les deux pieds dans un bassin de poissons vivants. L’artiste illustre ce qu’il qualifie d’hypocrisie dans le drame des Chagos.

« Tout un peuple a été déraciné. Les Américains et les Anglais nous ont pris pour des imbéciles. Ils n’ont même pas pris la peine de prendre soin des Chagossiens mais ils disent vouloir créer un parc marin. C’est purement de l’hypocrisie », soutient-il.

A peine une expo entamée que l’association pense déjà à ses projets pour 2012. Elle compte axer la prochaine édition sur l’art des vidéos. Mais ce projet est encore à l’étude. Toutefois, cette présente exposition qui devait initialement prendre fin le 5 novembre prochain s’étendra jusqu’au jeudi 10 novembre. Elle est ouverte à tous et l’entrée est libre.

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