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Explosif Stuart O'Grady !
Dès les premiers hectomètres de course, le champion des Pays-Bas, Erik Dekker (Rabobank), allumait la première mèche. Rejoint par Jimmy Casper (Cofidis), le Néerlandais était rapidement repris. La deuxième échappée ne connaissait pas plus de succès. Mais la suivante allait être la bonne. 19 kilomètres après le départ, cinq coureurs, dont deux Français, s’extirpaient du peloton : O'Grady (COF), Casar (FDJ), Voeckler (BLB), Backstedt (ALB) et Piil (CSC). Le peloton restait impassible tandis que l’échappée prenait le large, disposant de 7’05 d’avance au bout de 43km.
Le sprint intermédiaire, remporté sur le fil par O’Grady devant Backstedt, venait rompre la routine de la tête de course. 10’55 puis 13’20 d’avance, le Mont des Fourches ne ralentissait pas leur allure. Enchaînant régulièrement des relais appuyés, les cinq hommes s’entendaient bien.
Chutes collectives
A la mi-course, les équipes de sprinteurs décidaient de prendre l’étape à leur compte. Sous l’impulsion de Lotto et Quick Step, l’écart redescendait à 15’20 après avoir flirté avec les 16’. L’accélération provoquait une cassure au sein du peloton et une vingtaine de coureurs était retardée. Pour McGee (FDJ) et Hary (BLB), tous deux blessés, l’étape tournait au calvaire et les deux coureurs étaient irrémédiablement distancés.
Au kilomètre 105, une chute collective intervenait dans le peloton. Heras (LST), Petacchi (FAS), Beltran, Rubiera, Noval (US Postal) ou encore Boogerd (RAB) étaient impliqués mais pouvaient remonter sur leur vélo. L’incident provoquait un ralentissement de l’allure du peloton, permettant à tous les coureurs, à l’exception de McGee et Hary, de recoller. De leur côté, les échappés profitaient de la chute pour accentuer leur avance (17’20). A 130 kilomètres de course, l’Australien Bradley McGee devait jeter l’éponge, après avoir souffert quasiment seul à l’arrière durant 30 km.
A 60 kilomètres de l’arrivée, les US Postal prenaient le commandement tandis que le deuxième sprint intermédiaire était une nouvelle fois la propriété de Stuart O’Grady. En cinq kilomètres, les hommes de tête perdaient 30 secondes mais l’équipe d’Armstrong levait le pied et se contentait de stabiliser l’écart à 15 minutes. Une nouvelle chute, impliquant notamment Paolo Bettini (QSQ) et McEwen (Lotto), le maillot vert, venait semer un peu plus le trouble dans le peloton, à 20 km de l’arrivée.
Une fois n’est pas coutume, le troisième sprint intermédiaire tombait dans l’escarcelle d’O’Grady. L’Australien abordait les derniers kilomètres avec un avantage psychologique sur ses compagnons. Magnus Backstedt était le premier à lancer les hostilités : accélérant violemment, il distançait ses rivaux. Mais Thomas Voeckler répliquait immédiatement et ramenait le groupe dans la roue du Suédois. Piil puis à nouveau Voeckler et enfin O’Grady tentaient à leur tour leur chance, sans succès. La flamme rouge passée, les cinq hommes étaient regroupés et se lançaient dans un final de folie. O’Grady, le plus explosif, s’imposait sur la ligne pour la deuxième fois sur le Tour de France, devant Piil et Casar.
Terminant avec près de 14 minutes d’avance sur le peloton et donc sur Armstrong, Thomas Voeckler s’empare du maillot jaune, deux semaines après être devenu champion de France. Comme prévu, l’US Postal n’a pas défendu le maillot de son leader : Lance Armstrong se retrouvera désormais plus léger jusqu’aux Pyrénées.
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