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Euthanasie : l’affaire Druais relance le débat en France

15 mars 2007, 00:00

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Paulette Druais, souffrant d’un cancer du pancréas et conduite vers la mort en 2003 par un médecin et une infirmière, connaissait une agonie terrible et avait exprimé son désir de mourir, a dit un expert médical hier à la cour d’assises de la Dordogne.

La malade, âgée de 65 ans, souffrait malgré des doses massives de morphine et subissait tremblements, incontinence urinaire, fièvre, escarres, nausées, dépression et angoisse, a dit le docteur Bernad Camiade, qui a expertisé la fin de sa vie.

“Elle a dit qu’elle voulait aller dans l’au-delà”, a-t-il ajouté, citant les mots notés par des infirmères à deux reprises dans le dossier médical. Rien cependant ne vient indiquer qu’elle avait demandé une aide à mourir active.

Le docteur Laurence Tramois, qui a prescrit une injection mortelle de chlorure de potassium et l’infirmière Chantal Chanel, qui l’a réalisée, comparaissent depuis lundi aux assises et encourent trente ans de réclusion pour “empoisonnement”.

Paulette Druais n’avait sans doute que “quelques heures” de vie devant elle avant de recevoir, le 25 août 2003, l’injection mortelle qui a accéléré son décès, a précisé l’expert. Les pompes funèbres avaient été contactées par avance le 22 août.

Paulette Druais, dont la mère était morte de la même maladie, exprimait son désespoir à l’équipe médicale depuis son hospitalisation à Saint-Astier le 1er août et ne voulait plus voir son mari et sa famille, a ajouté l’expert.

Il a relevé les mots notés par l’équipe médicale dans son dossier : “elle éprouve de la peine à quitter sa famille”, “elle pleure et dit qu’elle devrait mourir au lieu de souffrir encore”, “elle se demande pourquoi elle doit finir comme cela”. Sa famille n’a pas porté plainte et soutient les accusées du procès. Son veuf, Michel Druais, a remercié mardi soir devant la cour les deux femmes. “Je regrette de voir Chantal et Laurence au banc des accusés. Pour moi, ce ne sont pas des accusées mais des victimes. Je les soutiens de tout mon coeur”, a-t-il dit. Même s’il n’a pas demandé l’aide à mourir et n’a pas été consulté, il n’y voit rien à redire. “Laurence a pris la décision pour moi et je l’en remercie”, a-t-il dit. Son fils devait témoigner dans la journée d’hier.

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