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Et tout au bout? l?Homme

30 mai 2004, 20:00

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Le lycéen apprend dans son manuel les traits particuliers des mammifères mais, à son âge, on en a déjà remarqué un trio sur les copines. Des rondeurs aguichantes, des lèvres parfois minces et méprisantes mais plus accueillantes quand elles sont pulpeuses. Le manuel fait plutôt état de ces lèvres chez les herbivores pour brouter car notre jeune ami doit aussi savoir cela. A ses moments studieux, il prête une oreille attentive à ce que dit le prof et, à des instants plus intimes, murmure de petits riens dans un pavillon complaisant. Si au primaire c?est une miss de la vieille école qui s?occupe de son petit frère, elle lui colle parfois sur la tête un bonnet aux longues oreilles, dit bonnet d?âne, réservé aux cancres.

A ce trio, lèvres, rondeurs et oreilles s?ajoutent les poils. Ils sont interprétés à tort comme signe de virilité sur la poitrine, tandis que leur rareté sur la tête est aussi signe du même potentiel. Le folklore a parfois de ces raisonnements qui défient la raison.

Chez l?animal les poils se hérissent pour protéger du froid ou gonfler la silhouette. Ils font alors paraître plus menaçant le petit minet. Malheureusement, ce poil est aussi beau chez certaines espèces comme les félins. Il peut alors finir sur le dos de certaines enjoleuses faisant preuve d?assez de complaisance pour vivre dans l?opulence.

L?intérieur des mammifères cache aussi des attributs. Contentons-nous d?un trait associé à un chiffre magique, les sept vertèbres du cou. Même dans ce long col de girafe. Les créatures marines subissent une modification de cette région. Mais ils sont la minorité et, comme nous le savons, les minorités sont souvent escamotées.

Au début de l?humanité, les hommes se contentaient de grognements ou de noms pour désigner les espèces de leur entourage. Mais l?esprit scientifique, existant avant la lettre, suscita l?idée de les réunir en groupes comme ceux des félins ou des rongeurs. Aujourd?hui, la zoologie classe tous les animaux en groupes généralement reconnaissables, mais parfois assez flous. La nature ne se soucie pas de règles rigides.

Des grognements aux gestes

Signalons les Ordres majeurs, comme ceux des carnivores, rongeurs, ongulés et aussi un tout petit, comme celui des siréniens à cause de la légende. Ce sont ces bêtes, dites vaches marines (et n?ayant aucun rapport avec les belles fleurs déguisées en vaches de l?humoriste) qui ont fait naître la légende de beautés marines au corps terminé en queue de poisson.

Dans ce sommet de la hiérarchie animale existe une élite, un gratin baptisé Primate, mot voulant dire ?qui est au premier rang?. Le groupe est apparu il y a quelque 60 millions d?années. Sa supériorité vient surtout du cerveau car d?autres traits sont parfois primitifs. Ce mot reflète aussi l?idée de premier, mais avec une note péjorative.

Les savants, qui aiment s?abreuver aux sources, essaient de reconnaître les lointains ancêtres des primates. Les différents candidats d?il y a plus d?une dizaine de millions d?années suscitent des joutes plus ou moins courtoises. Plus intéressants sont les fossiles simiesques qui témoignent de nos ancêtres. Ils portent comme suffixe pithecus, voulant dire singe.

Le plus célèbre a été l?Australopithèque, ou singe du sud. Hélas, le savant ayant choisi ce nom pour baptiser un tout petit crâne avait marié racine latine austral au grec pithèque pour faire naître un bâtard du plus mauvais goût. Comme de plus l?auteur vivait en Afrique du Sud, les Britanniques et autres hommes supérieurs d?Europe firent peu cas de la découverte.

Mais elle prit sa revanche avec le temps, qui finit par faire son oeuvre si on lui donne du temps comme on l?a déjà souligné. Aujourd?hui, les Australopithèques, qui sont plusieurs, trônent dans des musées. Le plus médiatisé est un squelette baptisé Lucy d?après une chanson des Beatles ?Lucy in the sky with diamonds?. On l?avait d?abord pensé notre arrière, arrière? grand-mère mais on penche maintenant pour l?idée qu?elle n?était qu?une cousine de cette aïeule.

Neandertal-Sapiens : Le choc

De singe à homme, il y eut dans le passé plusieurs petits pas et une gerbe d?hommes du genre Homo s?épanouit enfin. Par exemple, un fabricant d?outils Homo habilis. Plus brillant, un autre se tint suffisamment bien debout pour être dit Homo erectus. Saluons là un ancêtre plus distingué que ceux qui prirent part aux Croisades. Animé de la bougeotte, erectus se répandit dans le monde. Il nous engendra, nous, Hommes sages, qui malheureusement sommes parfois plutôt singes.

Un autre homme, dit de Neandertal, assez proche de nous, a aussi disparu. Selon un scénario, il aurait rencontré sapiens, mais celui-ci, plus beau garçon, conquit ses femmes et le malheureux finit par s?éteindre. Ce sort ressemble toutefois un peu trop à un roman d?Alexandre Dumas.

Homo sapiens est le seul survivant de la gerbe d?Homo. Mais pour combien de temps ? La pollution et les armes de destruction massive nucléaires, chimiques et biologiques ne le menacent-elles pas déjà ?

<I>De singe à homme, il y eut dans le passé plusieurs petits pas et une gerbe d?hommes du genre Homo s?épanouit enfin. Plus brillant, un autre se tint suffisamment bien debout pour être dit Homo erectus. Saluons là un ancêtre plus distingué que ceux qui prirent part aux Croisades.</I>

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